L’univers du cochon

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Composition de l’auteur

Le cochon parcourait le ciel d’or en rêvant,
Écoutant des bestiaux la fraîche symphonie,
Admirant le centaure à crinière jaunie
Qui de futurs exploits s’en allait poursuivant.

D’une lyre archaïque, il était le servant,
Y faisant retentir des rimes infinies ;
Cet ensemble formait la sage litanie
Qui donnait sa substance au délire fervent.

Pour qu’un jardin produise une rose divine,
Il faut un jardinier sans crainte des épines ;
Il faut un jardinier qui ne soit jamais las.

Le cochon qui vieillit renonce à toute lutte,
Il aime simplement le son d’un air de flûte
Venant accompagner la chanson que voilà.

Cochonfucius

Quatre figures

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Composition de l’auteur

La licorne parcourt les plaines désolées ;
Le printemps est trop beau pour se mettre à bosser,
Aux auberges des dieux, les buffets sont dressés :
Je sens la bonne odeur des pommes rissolées.

Le bouddha du ciel d’or a pris son envolée,
Vers notre humble village il ne va s’abaisser
Avant que le tumulte, au marché, n’ait cessé ;
Je vois sa face au loin, de gloire auréolée.

Je vois le blanc centaure, un habile tireur,
Qui met tout son honneur à servir l’Empereur ;
Gardez-vous, mes amis, de sa flèche fatale.

Mais c’est au sorcier-coq d’être mieux admiré :
De ces quatre totems, le mieux considéré,
Étale au ciel d’argent sa chair monumentale.

Cochonfucius

Le centaure et le prince

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Composition de l’auteur

Un centaure arpente la friche,
En vain recherchant la fraîcheur ;
Survient un prince, un doux seigneur,
Assez noble, mais pas très riche.

Centaure, allons jusqu’à la ville,
Faisons-nous servir au comptoir
De ce bon vin qu’on boit le soir,
Loin de la multitude vile.

— Prince, autrefois vivait mon père
Qui me donna cette leçon :
« Laisse les puissants où ils sont,
Les seigneurs ne sont pas nos frères. »

Cochonfucius

Lion-centaure

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Composition de l’auteur

Surgit le lion-centaure, et chacun s’émerveille.
Ses crins d’or et d’argent, tels de divins cheveux,
Habillent sobrement son joli corps nerveux ;
Un dieu vient lui parler, chaque jour, à l’oreille.

Lui, son arc à la main, sur toute chose, il veille ;
Galopant par la plaine, il rêve, il est heureux,
Comme rit de plaisir un tout jeune amoureux.
Tout au fond de son coeur, des triomphes sommeillent.

Certains jours, toutefois, nous le trouvons distrait,
Comme l’est un soldat que tourmente un secret,
Comme l’est un joueur que la chance abandonne.

— Centaure, où vois-tu donc ce péril incertain ?
Quelle est cette pensée qui fait trembler ta main ?
— Une chanson d’humains, dans ma tête, fredonne.

Cochonfucius

Mélancolie du roi

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image de l’auteur

Guère ne sort le roi de son palais antique,
Il contemple son parc envahi de corbeaux ;
Il médite le soir aux lueurs des flambeaux,
Il compose parfois des phrases poétiques.

Il sait que les bourgeois rêvent de république,
Mais il ne pense pas que ça les rendra beaux ;
Sa place est déjà prête en un sombre tombeau,
Les prêtres sont pressés d’exhiber ses reliques.

Jadis la favorite en sa douce candeur
Savait lui procurer des rêves de grandeur ;
Elle a depuis longtemps quitté ce paysage.

On ne le verra plus trôner en majesté,
Car l’hiver de sa vie ne va pas vers l’été ;
Son horizon n’est point porteur de bons présages.

Cochonfucius

Ludwig s’endort

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Gravure de François- Joseph Aimé de Lemud

Ludwig van Beethoven s’endort sur son pupitre
Et rêve qu’il s’envole au travers d’une vitre.
Il vole au bout du monde et n’est même pas las ;
Il tombe en un pays qu’il ne reconnaît pas.

Il est pris pour mari par la charmante reine,
Il est acclamé par une foule sereine ;
Il va dans un grand lit tout recouvert de fleurs,
De la reine étrennant la timide pâleur.

Un sourire pensif sur ses lèvres rayonne,
La cloche du palais bien fortement résonne,
On propose du vin à tous les ouvriers ;
On organise des courses de lévriers,

La couronne anoblit du nouveau roi la tête,
Le pays tout entier adopte un air de fête ;
Mais le roi, s’envolant au travers d’un carreau,
Rêve à présent qu’il est employé de bureau.

Avec un vieux collègue, il vide une bouteille ;
Ils ont tous deux la face un petit peu vermeille,
Et mettent leur pensée, un peu trop fort, à nu,
En éclatant d’un rire un peu trop ingénu.

La reine les rejoint, sa belle chevelure
Vole au vent de la course : elle s’affirme pure
Du désir de vengeance, ou de sa tentation ;
Mais elle ne veut point entrer en religion.

Puis Ludwig se réveille, et ne pouvant plus vivre
Cette belle aventure, il la met dans un livre.

Cochonfucius

Dauphin de la Dordogne

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image de l’auteur

Dauphin de la Dordogne, allègrement tu vas,
Tu descends le courant et puis tu le remontes ;
Tu admires de loin la vigne d’un vicomte,
Mais jamais de raisins tu ne fais ton repas.

Les hommes sur le quai avancent à grands pas,
Eux qui vont au labeur et qui leurs heures comptent ;
Leur mouvement est vif, mais ta nage est plus prompte,
Et suivre un long parcours ne te fatigue pas.

Tu n’as point le beau chant des sirènes de Loire,
Mais on te décerna d’autres titres de gloire
Et tu fus admiré par le duc de Bourgogne.

Tu aimes l’océan, le fleuve te plaît mieux ;
Tu penses que l’eau douce est un présent des dieux,
Quand on ne te voit pas, tu la bois sans vergogne.

Cochonfucius

Sagesse aux belles cornes

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image de l’auteur

Mon corps n’est pas celui d’un ange, évidemment,
Car c’est plutôt celui d’une bête cornue ;
Mais beaucoup de sagesse est en moi contenue,
Sur les lois de ce monde et sur ses éléments.

Un élu du Seigneur m’instruit secrètement,
Lui dont l’âme limpide est de ruse pourvue ;
Nous buvons du bon vin, nous partageons nos vues,
Souvent nos deux esprits convergent nettement.

Par les prêtres du peuple une offrande est pesée,
Laquelle de ma part n’est jamais récusée ;
De leur vie au désert ils ont le souvenir.

Plus que de tels cadeaux, j’ai le goût de l’étude,
Les livres sous mon toit sont une multitude ;
Mais j’en ai quelques-uns que je peine à finir.

Cochonfucius

Pyramide imparfaite

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image d el’auteur

L’Architecte du Roi fit une erreur ténue,
Lui qui entreprenait sa tâche au pied levé ;
Peut-être de cervoise était-il abreuvé,
Source de confusion dans sa tête chenue.

Le monument se dresse au bout d’une avenue,
Il n’est aucunement difficile à trouver ;
Qu’il soit moins noble ainsi, nul ne peut le prouver,
Du délire au génie la nuance est menue.

Des touristes y vont, menés par leur pasteur,
Se gardant d’avancer trop loin dans la hauteur,
Par crainte de baigner dans de mauvaises ondes.

Les marchands du quartier vendent des souvenirs
Qui du palais du Roi sont censés provenir ;
Mais je pense qu’ils sont produits en inframonde.

Cochonfucius

Fleur de Saint Basile

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image de l’auteur

C’est un démon farceur qui en fleur se déguise,
C’est un diable rusé, ce n’est pas un oison ;
Son très subtil langage est pour l’âme un poison,
Car il la bouleverse et la laisse indécise.

Basile ne craint point cette menace exquise,
Car son coeur est solide, et ferme est sa raison ;
Il respire la fleur en la belle saison,
Le démon subjugué lui parle avec franchise.

Le ciel a ses décrets, l’inframonde a ses lois,
Un diable le comprend, s’il est de bon aloi,
Aucun des deux États n’est une tyrannie.

Basile se retient d’être un prédicateur,
Le démon face à lui n’est jamais tentateur,
De chez le saint la fleur ne sera pas bannie.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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