Firmament d’argent

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Composition de l’auteur

Au firmament d’argent vit la grenouille fière ;
Elle passe le jour en un songeur repos,
Comme si l’univers n’était qu’un grand tripot,
Comme si le soleil n’était qu’un pot de bière.

Les dragons vont dansant, dessous la voûte claire,
Un bel iris d’azur surgit auprès des flots ;
Un écureuil propose à la grenouille un pot,
Un autre lui raconte une histoire légère.

— Admirons l’harmonie de ce monde lointain,
Nous qui ne possédons qu’un logis incertain
(Et quelques vieux troquets d’étrange gouvernance).

— Mais il n’est pas si mal, notre univers obscur,
Il offre aussi, parfois, la couleur de l’azur,
Et la fine saveur de notre impermanence.

Cochonfucius

Cinq crocodiles

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Art africain

Le crocodile jaune a dit : « Soyez fidèles
A Dieu, à votre femme et à votre nation ».
Je lui ai répondu : « C’est une aberration,
Car la fidélité, c’est pour les hirondelles. »

Le crocodile mauve a dit : « La vie est belle,
Faites-en chaque jour une célébration. »
Je lui ai répondu : « De ton affirmation,
Je retiens, simplement, qu’elle n’est pas nouvelle ».

Le crocodile orange apprécie l’abstinence,
Le crocodile rose, une humble transcendance.
Alors, je leur ai dit : « Faites ça entre vous ».

Le crocodile rouge aime les vers stupides,
Je lui dis : « Grâce à Dieu, c’est un plaisir limpide
Que partagent le sage et son cousin le fou. »

Cochonfucius

Ornithologie comparative

pluvian

Le barde traversa, de sa marche tranquille,
Le marais parcouru de sentiers en réseaux ;
Près de lui, les pluvians cachés dans les roseaux,
Se saluaient entre eux, non loin des crocodiles.

Le barde, comprenant la langue des oiseaux,
Souvent eut leur visite auprès de son asile ;
Il passe aussi du temps avec eux, sur leurs îles,
Quand la saison permet de traverser les eaux.

Tantôt un crocodile est présent sous l’ombrage,
Tantôt c’est un tronc d’arbre, ou encore, un mirage,
Ou même un vieux lézard qui se met à l’abri.

Les valeureux pluvians ne sont jamais en grève,
Mais en sieste, souvent, et j’en vois un qui rêve
Qu’il goûte du nectar, ainsi qu’un colibri.

Cochonfucius

Robert le triton

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Toile de Frederic Leighton

Robert est doux comme un ondin ;
Il est l’amant d’une sirène
Qu’il traite de muse et de reine,
Robert, ce joyeux baladin.

À l’heure où le pluvian rusé
Adresse des propos futiles
À son client, le crocodile,
Robert boit du bon vin rosé.

Ensuite, il offre des étoiles
À la sirène, ainsi qu’un jeu,
Puis encore un monde neigeux,
Puis un navire aux lourdes voiles,

Puis six autres vaisseaux de fer
Et des matelots pleins d’audace ;
Le plus solide, un brise-glace
Qu’assembla jadis Lucifer.

Robert fabrique des savons
Avec des ingrédients magiques ;
Car ce bateleur énergique
A tous les dons, nous le savons.

Cette sirène de Robert
N’est point mentionnée par la presse ;
C’est le fait d’une enchanteresse
D’être invisible, comme l’air.

Cochonfucius

Les yeux verts du petit monstre

 

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image de l’auteur

Je vois tes yeux, fenêtres sur ton âme,
Ils sont vraiment l’une de tes splendeurs ;
Monstre mignon, gracile séducteur,
Tu es aimé des filles et des dames.

Mais en ton coeur ne brûle aucune flamme,
De doux succès tu n’es pas demandeur ;
De la beauté tu n’es qu’un spectateur
Indifférent, sans éloges ni blâmes.

De Cupidon et de Bacchus, jumeaux,
Tu n’entends point le rire ni les mots ;
Car la lecture est ta retraite sûre.

De rêverie tes yeux sont allumés,
Mais nul désir ne peut te consumer ;
Ta douce voix dit des paroles dures.

Cochonfucius

Juge et lion

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Composition de l’auteur

Règne le lion de sable, au ciel, comme un roi nu ;
Et ce ciel est trop haut pour recevoir la pluie.
— Roi, quels sont tes sujets ? — Ils me sont inconnus.

Dans l’inframonde bleu, le vieux juge s’ennuie.
C’est un monde stérile, où l’air est toujours sec,
Plus terne, en ce moment, qu’un nuage de suie.

Ah ! qu’un aigle survienne, avec la foudre au bec !
Ou bien un petit troll, une sirène folle,
Ou bien même un rhapsode à la vaine parole !

Cochonfucius

Saison des agneaux

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image de l’auteur

Dupanloup fait la fête en son bel évêché,
Il prépare un festin pour douze jeunes prêtres ;
Un printanier soleil entre par les fenêtres,
Le cuisinier s’active à rôtir et trancher.

Tendres sont les agneaux qu’apporta le boucher,
Leur corps est imbibé de leur passé champêtre ;
À l’image de Dieu sont faits ces petits êtres,
Leur chair s’accommodant d’un petit vin léger.

Les prêtres ne sont pas des humains sans entrailles,
Leur coeur vibre à la noce ainsi qu’aux funérailles,
Cela sans excepter l’évêque d’Orléans.

Ils consomment l’agneau qu’exalte l’Écriture,
Et de même feront beaucoup de mécréants ;
Adieu, petit mouton, charmante créature.

Cochonfucius

La crypte aux flacons

minuit

Composition de l’auteur

La sombre cave où sont les bouteilles scellées
Accueille le buveur dans un demi-sommeil.
Dégustant un nectar à nul autre pareil,
Il croit voir les parois de lueurs constellées.

Ébloui de clartés en son coeur révélées,
Il lui semble baigner dans les feux du soleil ;
Il pense avoir atteint le stade de l’éveil
Et découvert des lois que nul n’a décelées.

«Par ce ciel souterrain où vont des astres bleus,
Par ce nocturne jour qui reluit à mes yeux,
Je voudrais que ceci dure au moins quelques heures ;

Or donc, au détriment de ma sobriété,
À quelque autre flacon vous me verrez goûter,
Et puis… de quelque chose, il faut bien que l’on meure.  »

Cochonfucius

La clé du roi

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Image du blog Herald Dick Magazine

Le roi tient la clé de la cave,
Il s’y installera ce soir ;
Il aime rester, dans le noir,
Savourant le vin, d’un air grave.

Pour accéder aux fûts de bois,
Il faut suivre une galerie ;
L’aragne fait sa draperie
Que rarement une âme voit.

Le grand roi devient moins sévère
Sitôt que d’ivresse il est pris ;
Comme s’allège son esprit,
Il se remplit un autre verre.

Cochonfucius

Propos du maître des novices

grutzner

Toile de Eduard von Grützner

N’établis nul jardin aux pentes d’un ravin ;
Tu n’y cultiverais que de l’herbe indocile.
Prends de la bonne terre, à remuer facile,
Accomplis des efforts, mais sans qu’il ne soient vains.

S’il vient un visiteur qui t’apporte du vin,
Qu’il ait le meilleur siège au sein de ton asile :
Car le vin partagé, dit le grand Saint Basile,
Est commémoratif d’un miracle divin.

Le bonheur te traverse et parfois se retire.
Basile nous a dit, le jour de son martyre :
«Satan peut rire un peu, quand nous nous effrayons,

Mais quand la grâce met un sourire à ma lèvre
En posant sur ma chair ses lumineux rayons,
Que me semble le diable ? Une petite chèvre.»

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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