Propos du maître des novices

grutzner

Toile de Eduard von Grützner

N’établis nul jardin aux pentes d’un ravin ;
Tu n’y cultiverais que de l’herbe indocile.
Prends de la bonne terre, à remuer facile,
Accomplis des efforts, mais sans qu’il ne soient vains.

S’il vient un visiteur qui t’apporte du vin,
Qu’il ait le meilleur siège au sein de ton asile :
Car le vin partagé, dit le grand Saint Basile,
Est commémoratif d’un miracle divin.

Le bonheur te traverse et parfois se retire.
Basile nous a dit, le jour de son martyre :
«Satan peut rire un peu, quand nous nous effrayons,

Mais quand la grâce met un sourire à ma lèvre
En posant sur ma chair ses lumineux rayons,
Que me semble le diable ? Une petite chèvre.»

Cochonfucius

Lilith au couvent

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image de l’auteur

En ce lieu clos ma vie est encagée,
Je suis Lilith, jadis proche de Dieu ;
Je dois rester en cet austère lieu,
J’aime le cloître et la cour ombragée.

Adam, ta chair en poussière est changée,
Je t’ai donné les larmes de mes yeux ;
Sombre est la terre, et déserts sont les cieux,
Du charpentier la vigne est vendangée.

Nulle chaleur en mon coeur vertueux,
Nulle folie, nul démon tortueux,
Nul ne voit plus ma chevelure blonde.

J’aimais un homme, et je l’ai délaissé,
Pour lui seront ces quelques mots tressés
En ce couvent fort éloigné du monde.

Cochonfucius

Ichtyopodes

poisson

image de l’auteur

Les poissons n’ont que des pattes frêles,
Pour marcher, ça convient vaguement.
L’exocet, par bonheur, a des ailes,
Ça lui donne un profil bien charmant.

Un poisson galopant, tout soudain :
S’en va-t-il à la messe, ou, peut-être,
Récolter la salade au jardin ?
Non, c’était pour fermer la fenêtre.

Les poissons, récitant du Verlaine
(Dont le rythme est impair) sont heureux
Chaque fois qu’applaudit leur marraine
Qui leur offre un gâteau plantureux.

Cochonfucius

Poète et fin buveur

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Composition de l’auteur

Banville apprécie le bon vin
Et dans un texte le relate ;
Son âme aussitôt se dilate
Au rythme de l’accord divin.

À ce rouge il met vingt sur vingt,
Dont le bon vigneron se flatte ;
Banville apprécie le bon vin,
À le boire on voit qu’il s’éclate.

Chantez le vin, beaux écrivains :
Tout celui que vous avalâtes
Et dont savamment vous parlâtes,
Car, je ne vous le dis en vain :
Banville apprécie le bon vin.

Cochonfucius

Piaf-Tonnerre au Groenland

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Composition de l’auteur

Piaf-Tonnerre, sans effroi,
Traverse le désert froid
Qui semble une patinoire.
Il a de la neige à boire,
Un traîneau pour ses paquets ;
Mais il n’a point de laquais.
Il parcourt l’étendue blanche
Sous l’oeil des baleines franches ;
Jamais un ours ne le mord
(Tant mieux, car ils mordent fort).

Au ciel, jamais de vautours,
À l’horizon, nulle tour,
Sur la route, nulle pierre,
Pas plus devant que derrière.

Pourquoi parcourir dans le froid
La piste à la blancheur de cygne ?
C’est pour trouver le bel endroit
Où (raconte un auteur danois)
Les trappeurs cultivent leur vigne.

Cochonfucius

Dragon de Milpodvash

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image de l’auteur

De l’étrange planète il connaît les dangers,
Il avance la nuit sous la lune sereine ;
Au fond des océans il drague les sirènes,
Aucun corps féminin ne lui est étranger.

Son âme est satisfaite et son coeur est léger,
Il fréquente l’auberge où les coupes sont pleines ;
Il admire la danse et le chant des baleines,
Les malheurs de ce monde, il n’y veut point songer.

Avec sa tête il pense, avec des mots il joue
Et pour se délasser se vautre dans la boue,
Puis va casser la croûte, ayant un petit creux.

Il n’a pas assez lu, sa culture est fragile,
Mais il a du plaisir à déchiffrer Virgile ;
Quelques vers, cependant, lui semblent ténébreux.

Cochonfucius

Trajectoire de Piaf-Tonnerre

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image de l’auteur

Je suis un bel oiseau, mais j’ai les pieds sur terre,
Souvent des promeneurs m’ont pris pour un humain ;
Mes ailes ne sont pas moins dextres que des mains,
De la gloire s’attache au nom de Piaf-Tonnerre.

Sans trop être affecté par les rumeurs de guerre,
J’admire notre maître et son profil romain ;
Puis, très peu chaque jour, je vais sur les chemins,
Sans atteindre jamais le joli Pont de Pierre.

Je ne suis point lassé de Burdigala, non,
Mais j’aimerais quand même aller boire un canon ;
Quand reviendra le temps des belles coupes pleines?

La bière est immobile et s’endort dans son fût,
Mes copains de comptoir, point ne les ai revus,
Ni la serveuse blonde, et qui n’est pas vilaine.

Cochonfucius

Cheval du roi Richard

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image de l’auteur

Mon maître a, bien que roi, lui-même combattu ;
Je crois qu’il en vint à mourir pour des idées,
Ou peut-être pour fuir l’amante débridée
Qui lui disait «Mon roi, pourquoi donc t’en vas-tu?»

Il aima mieux de fer que d’or être vêtu,
La troupe par sa main fut fermement guidée ;
D’ailleurs, l’armée adverse en fut intimidée,
Sauf le vaillant Guillaume, un nobliau têtu.

Lançant aux ennemis de rudes moqueries,
Il s’en fut à l’attaque avec sa confrérie ;
Plus d’un noble vassal en ce jour périra.

Un page avertira la maîtresse et la reine
De la fin du héros dans la sanglante arène,
Un barde, bien plus tard, quelques vers chantera.

Cochonfucius

Lointain ponant

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Illustration de Morris

Le justicier, chevauchant bravement,
Ramène l’ordre ; il n’a pas froid aux yeux,
A pour cheval ce qui se fait de mieux :
Gargantua peut garder sa jument.

Pour les bandits, c’est malheur et tourment ;
Ne sont en paix nulle part sous les cieux,
Mais bien toujours craintifs et soucieux,
Tel fut Caïn scrutant le firmament.

Un chien vaillant, bien que parfois étrange,
Par son talent mérite la louange ;
Pour la justice il déploie son ardeur.

Mais le cow-boy du devoir se contente ;
Le jour s’achève, et le voilà qui chante
Pour son cheval, quand le soleil se meurt.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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