Le coq et le phénix

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image de l’auteur

Rêvant qu’il est phénix, un vieux coq solitaire
Pense à ses compagnons, dont il ne reste rien ;
Heureux de ne plus être un emplumé vulgaire,
Il aime son état, dont il se trouve bien.

Je connais des phénix, surtout de renommée,
Le prestige qu’ils ont me semble mérité ;
En de nombreux endroits, leur image est aimée,
Ce sont des oiseaux-dieux, je dis la vérité.

Mais être un cormoran qui prend quelques poissons
Et non pas un phénix, cela serait plus sage,
Ou bien le rossignol, répétant sa chanson,
Ou un grave échassier marchant sur le rivage.

Cochonfucius

 

Reflets ardents

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Peinture chinoise

Le Phénix a noirci dans la limpide flamme,
Et le bûcher aussi, le tragique atelier.
Cet oiseau magicien n’a point besoin de femme,
Par aucun sentiment il ne se peut lier.

N’en a-t-il nostalgie, depuis qu’il est au monde ?
N’aurait-il point envie de tresser un collier
À une douce oiselle arpentant l’herbe blonde ?
Ne voudrait-il, le soir, ses ailes replier

Sous un charmant regard où son regard se mire,
Ne voudrait-il savoir son bonheur reflété,
Son chant parfois repris au son d’une autre lyre,
Quelqu’un pour partager la saveur de l’été…

Si j’en parle au phénix, il va se mettre à rire.

Cochonfucius

Cendre féconde

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Le Phénix, traversant les cieux du monde antique,
Jusqu’à son très grand âge a bourlingué, sans frein ;
Maintenant qu’il est vieux, il construit brin par brin
Et fagot par fagot son bûcher fatidique.

Avec du bois précieux, avec du bois rustique,
Du bois ayant flotté sur les courants marins ;
L’oiseau est au travail, et de mourir ne craint ;
Il accomplit ainsi son labeur méthodique,

Tel un bon ouvrier quand il élève un mur.
Puis il prend une plume à sa superbe queue ;
Il en fait, par magie, naître une flamme bleue

Et le bûcher s’enflamme, illuminant l’azur ;
Un oeuf se formera dans la cendre qui fume,
Sous l’indulgent regard des nuages d’écume.

Cochonfucius

Porte sépulcrale

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image de l’auteur

Cette porte est fort légère,
C’est la porte d’un tombeau ;
Car la vie est passagère,
Même si ce monde est beau.

De rien ne sert la prière,
De rien ne servent les mots ;
Mais mourons dans la lumière
D’Eros et Bacchus, jumeaux.

Ce sonnet n’est point mystique,
Ce discours n’est pas unique ;
Juste un petit mot d’adieu.

Bien légère est cette porte,
Et son bruit n’est pas joyeux ;
C’est le temps des années mortes.

Cochonfucius

Au désert

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Toile du Caravage

L’ermite Jean mangeait beaucoup de sauterelles.
Dans le miel, il trempait ces insectes ailés,
Les consacrant au Ciel, avant que d’avaler
Par petites portions leur masse corporelle.

Cette pitance était frugale et naturelle :
Quand les gens de la plaine ont récolté leur blé,
Ne sont-ils aussitôt de labeur accablés ?
À moudre et à pétrir, leurs âme devient frêle.

Jean ne recherchait point l’opulence latine,
Le fromage et le pain si lourdement posés
Devant les travailleurs auxquels on les destine ;

Son repas, toutefois, pouvait être arrosé
(Comme le permettrait la loi bénédictine)
D’une cruche de blanc, de rouge ou de rosé.

Cochonfucius

Transsubstantiation

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Toile de Rembrandt

Le fils du charpentier se tient dans son calice,
Ressemblant à ce vin qu’il fit avec de l’eau.
Églises par millions, quel gigantesque flot
De présence liquide, objet de nos délices !

Satan, depuis longtemps, ne monte plus en lice ;
Le dimanche, il sommeille en un vieux jardin clos,
Tout content, ce jour-là, d’échapper au boulot,
Et les heures sur lui, comme du bon vin, glissent.

Le démon et le dieu importés d’Orient,
Chacun sur son terrain, pensent en souriant
Aux temps où la magie était si fort prisée.

Tous les deux, rassemblant leurs souvenirs épars
En concluent, de façon quelque peu malaisée,
Que le sens du sacré s’est perdu, quelque part.

Cochonfucius

Nuit de mars

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Composition de l’auteur

La harpe du sorcier chante des maléfices ;
Le corbeau les répète au hasard des vents froids.
L’épouvante grandit dans la forêt du roi
Aux arbres se dressant, tels des bois de justice.

Un grand canard d’argent s’immole en sacrifice
Afin d’inaugurer les Tables de la Loi ;
La salamandre allume un feu de bon aloi
Et rajoute à la sauce une poignée d’épices.

C’est une nuit de mars aux noirs envoûtements ;
Les paysans du coin s’enferment prudemment,
Attendant le retour de l’aube purpurine.

Allons, dit le sorcier, cessez de voir le mal
Dans ces actions qui n’ont rien que de très normal !
Ça me prend, quelquefois, de me mettre en cuisine.

Cochonfucius

Évêques plantigrades

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image de l’auteur

Ils n’ont pas, des Gaulois, l’imposante moustache,
Ni des éphèbes grecs le sourire mignon,
Ni des guerriers nippons le très martial chignon ;
Mais bien un museau d’ours, qui grande douceur cache.

Ils n’ont pas abusé du pouvoir, que je sache,
Ils ont été loyaux envers leurs compagnons ;
Ils aiment l’omelette avec quelques oignons,
Et, bien évidemment, le gros rouge qui tache.

Par le confessionnal, ils ne sont rebutés,
Ils absolvent les gens avec civilité,
Priant Dame Marie, qui du Ciel est Maîtresse.

Quand vers le cimetière ils prendront le départ,
Oraisons recevront, et voeux de notre part ;
Ne partez pas trop tôt, évêques, rien ne presse.

Cochonfucius

Pelgrane rose

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Composition de l’auteur

D’un cauchemar éploré
Tremble un pelgrane tigré ;

Auprès de lui, mort de rire,
Un pelgrane de porphyre ;

Un pelgrane ivre d’opium
Dort au fond de l’aquarium ;

Un pelgrane un peu plus sage
S’alimente de feuillage ;

Un pelgrane noir s’endort
Sur un tas de poissons morts ;

Un pelgrane chrétien prie
La douce vierge Marie ;

Un pelgrane à forte voix
Fait retentir les grands bois ;

Un pelgrane sybarite
Est maudit par Aphrodite.

(J’avais cru voir des pelgranes,
Mais ce ne sont que des ânes).

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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