Résurrection quotidienne

st-paul-the-hermit-xx-jusepe-de-ribera

Toile de Jusepe de Ribera

« Chaque jour est le jour de ma résurrection »,
Disait un vieil ermite auprès d’une fontaine.
Dans cet âge où la vie peut sembler une peine,
Il conservait pour elle un semblant de passion.

Il en explorait la lyrique dimension,
Il en voyait venir la conclusion sereine.
Jeune, la poésie lui servant de marraine,
Il avait accompli de belles excursions ;

Vieux, il les retraçait au fil d’un parchemin,
Croyant ainsi revoir les avenants chemins
Qui avaient accueilli son printemps sans nuages.

Le ciel à l’horizon peut nous sembler obscur :
Point ne sert de poser dessus un regard dur,
Marchons sans nous presser, poursuivons ce voyage.

Cochonfucius

Arbre du scepticisme

ofnk

image de l’auteur

Le fruit d’un pareil arbre est une douce chose,
Dame Avette le sait, mais Dame Guêpe aussi ;
Leur caractère en est bellement adouci,
Comme au joli printemps par la saveur des roses.

Souvent sur le gazon ces fruits se décomposent,
Le primate aime bien les déguster ainsi ;
Il en attend, d’ailleurs, un résultat précis :
Qu’à moins de soumission son âme se dispose.

Sur le premier jardin posant alors ses yeux,
Il emplit son esprit de la douceur du lieu ;
Il se sent bien chez lui, plus qu’on ne peut le dire.

Désormais le serpent ne l’intimide point,
Il réfute ses mots, répondant point par point,
Grâce au Vieux Testament qu’il s’amuse à écrire.

Cochonfucius

Dame des pavots

dm-d-pv

image de l’auteur

La dame des pavots souvent rêve de mort,
Et son réveil, parfois, semble se faire attendre ;
Et quand son regard voit le bois devenir cendre,
Son coeur, si fatigué, ne peut plus battre fort.

Un beau rêve nocturne est le plaisir suprême,
Un sombre cauchemar se termine en sanglots…
Qui voudra consoler la dame des pavots ?
Il lui faudra compter, je crois, sur elle-même.

Quand elle avait vingt ans, comme elle aimait courir !
Rencontrer un bel homme au temps des douces brises,
Parler de presque rien, se montrer fort éprise,
Jamais, au grand jamais, ne songer à mourir…

Cochonfucius

igs

Barde polycéphale

idfy

image de l’auteur

Barde qui de sa vie a dépassé l’automne,
D’amoureux souvenirs lui reviennent souvent ;
Plaisirs venus du ciel et qu’emporte le vent,
L’esprit en peut frémir, la mémoire en frissonne.

La tendresse du coeur aucun mot n’abandonne,
Le galant d’autrefois peut revivre en rêvant ;
Songe qu’à grande peine on quitte en se levant,
Au cruel Cupidon, pourtant, l’âme pardonne.

L’esprit se refroidit sous des cheveux d’argent,
N’étant guère tranquille en ce monde changeant ;
La mort est annoncée, la vie est incertaine.

Folle fut cette tête au temps des cheveux bruns ;
Mais que nous sont ces jours de jeunesse lointaine,
Sinon la nostalgie et l’oubli d’un parfum.

Cochonfucius

Lire pour écrire

lire-ecrire1

image de l’auteur

Lire pour mieux écrire, au long du jour, tel est
Le nonchalant emploi de chaque heure qui passe ;
C’est là tout mon métier, que veux-tu que j’y fasse,
De diriger des mots les jeux et les ballets.

Il est des promeneurs à qui la route plaît,
Des jardiniers sachant bêcher la terre grasse ;
Chacun se satisfait des plaisirs qu’il embrasse,
Un coin d’écran suffit à mon bonheur complet.

Tantôt ma plume prend les avis d’un bon ange,
Tantôt d’un vagabond blotti dans une grange,
Ou d’un moine priant le charpentier en croix.

En écrivant ces mots que des rimes émaillent,
Je revois le temps où j’allais sans sou ni maille,
Autrefois, quand j’avais de l’encre sur les doigts.

Cochonfucius

Zoopsie vespérale

zo-ves

image de l’auteur

L’ermite qui menait sa vie sans aventures
Attira, de ce fait, l’attention d’un démon ;
Celui-ci construisit une croix en limon
Dont surgissaient souvent d’ignobles créatures.

Or, l’ermite possède une âme qui endure
Les tourments les plus noirs, ceux que nous estimons
Capables de gâcher tout ce que nous aimons ;
Et tout cela, pour lui, n’est que douce pâture.

C’est ainsi qu’il parvint à vexer le Malin,
Qui se mit à cracher comme un furieux félin
(Ou comme un grand prophète en face d’un athée).

L’ermite, en souvenir des curieux animaux,
Fit un texte où l’histoire est sobrement contée,
Dont, sur son mur de pierre, il a gravé les mots.

Cochonfucius

Un modeste

fils-du-charpentier

Toile de Greg Olsen

Le fils du charpentier, de quoi fut-il épris ?
D’un petit vin servi à l’ombre des tonnelles,
De faire aller un peu l’affaire paternelle,
De dire des récits qu’on lui avait appris.

Jamais il ne parlait pour faire de l’esprit,
Ni pour développer des phrases solennelles.
Sa parole était juste, et simple, et fraternelle ;
D’un propos de sagesse, il connaissait le prix.

Satan, l’ayant tenté, retourna dans son antre ;
Le Romain dit au peuple « Épargnons-le, que diantre ! »
Et lui ne voulait point d’un destin glorieux.

Ce fils de charpentier n’est certes pas un ange ;
Mais il a su porter des coups victorieux
À la Tartufferie, que bien sûr, ça dérange.

Cochonfucius

Ponce Pilate

pontius-pilate-240x300

Source image

Au fils du charpentier, puis-je tourner le dos ?
Je voulais oublier cet homme un peu trop brave ;
Il ne daigne pourtant me laisser en repos,
Pauvres mains, c’est en vain que toujours je vous lave.

Dans mes rêves, j’entends que résonnent ses mots
Qui dévalent en moi comme une rouge lave.
Seul dans l’ombre et le deuil, j’ai toujours le coeur gros ;
La chambre se remplit de démons sans entraves.

Je mettrai sac au dos, j’irai par les chemins,
J’aurai pour me nourrir les rebuts des humains,
Les déchets qu’ils voudront m’accorder en pâture.

Dans l’Empire Romain, marchant à l’aventure,
Je serai menacé de finir sur le bois ;
Mais toute vie sur terre est un chemin de croix.

Cochonfucius

Les plans

cjesus2010

Toile de Dali

Il fallait mettre en croix le fils du charpentier
Pour que fût accompli le mot des écritures
Pilate a donc jugé la pauvre créature
Non sans lui prodiguer une vaine pitié

Cependant de la croix l’inachevé chantier
Trop inutilement offensait la nature
Car même s’il avait encaissé sa facture
L’artisan avait fait son dû moins qu’à moitié

Seul était là un trou profond sombre béant
Bien fait pour recevoir un pylône géant
Mais vide défiant les foules stupéfaites

Pilate interrogea les esclaves craintifs
« De l’inachèvement qui donc est le fautif ? »
« Maître, on attend les plans fournis par les prophètes »

Cochonfucius

Saint Nicolas

the_story_of_saint_nicholas_saint_nicholas_saves_the_ship_ca_1437

Toile de Fra Angelico

Lorsque Saint Nicolas était dans son berceau,
Il était fort, déjà, comme sont les taureaux ;
Héroïque, vraiment, fut sa chère nourrice,
Subissant de l’enfant les incessants caprices.

Lorsque Saint Nicolas montait sur un bateau,
Grenouilles et poissons, qui le voyaient si beau,
Ainsi que les hérons et que les écrevisses,
Accompagnaient l’esquif en cortège complice.

Saint Nicolas, plutôt que les plaisirs mondains,
Aimait la compagnie des oiseaux du jardin,
Leur offrant un perchoir solide, en arc de cercle.

Le grand Saint Nicolas, couché dans son cercueil,
Conservait cependant la grâce d’un chevreuil,
Quel regret nous avions de fermer le couvercle.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.