Monstre reptilien

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Moi qui suis loin d’être superbe,
Je dis des mots fort hasardeux ;
Même, j’en écorche un sur deux,
Je ne suis pas un preux de Verbe.

Je tiens quelques propos acerbes
Sur les démons et sur les dieux ;
Ils n’entendent pas, c’est tant mieux,
Ma voix d’iconoclaste en herbe.

Moi qui rampe dans ma torpeur,
Je ne suis qu’un être obsolète ;
La réalité me fait peur.

Si je rencontre une poulette
Qui m’accorde son doux regard,
Je me sentirai moins ringard.

Cochonfucius

Vaisseau de bois

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Ici, d’autres navires sombrent,
Car meurtriers sont les écueils ;
Douze sirènes sont en deuil
Et les nefs ne sont que décombres.

Nos prédécesseurs en grand nombre
Ici reposent sans cercueils ;
Mais nous saurons franchir le seuil
De l’effrayante zone d’ombre.

Il est sûr, ce vaisseau de bois
Qui jamais ne fut aux abois :
Béni par une vierge sainte.

Loin de nous, l’inframonde noir ;
L’autre rive est bientôt atteinte,
Du moins, nous en avons l’espoir.

Cochonfucius

Fleur pure

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J’entends une muse modeste
S’interrogeant sur sa beauté ;
Une eau douce, dans sa clarté,
Reflète son timide geste.

Son âme est une fleur céleste,
Elle grandit en liberté ;
Même en des lieux mal fréquentés,
Sa pureté se manifeste.

La beauté, ça tient à des riens,
Toutes les fleurs le savent bien,
Et les licornes et les anges.

Même un vieux démon réprouvé
Conserve encore un charme étrange,
Un parfum de temps retrouvé.

Cochonfucius

Ours gris

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J’habite un monde sans lumière,
Car je ne suis qu’un ours ringard ;
Froide et modeste est ma tanière,
Pas même digne d’un regard.

Moi qui suis couleur de poussière,
Mes copains m’appellent « Tocard ».
Leur attitude est bien grossière,
Ils veulent me mettre à l’écart.

Quand donc verrai-je une ourse tendre
Avec qui je pourrais m’entendre ?
Sans doute pas avant ma mort.

Rien de beau dans le paysage,
Le deuil se lit sur mon visage ;
Je remplis mon verre, à ras bord.

Cochonfucius

Vestale blanche

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Je ne sais pas faire des phrases,
Mon verbe manque de chaleur ;
Mes prières sont sans valeur,
Je mélange les hypostases.

Je rêve d’un ciel de topaze
Car j’aime bien cette couleur ;
J’invoque, contre ma douleur,
Le bienheureux Père Athanase.

Le Créateur est-il muet ?
Nos rites sont-ils désuets ?
J’y songe, dans la paix nocturne.

J’entends l’hymne désenchanté
D’une prêtresse de Saturne ;
Je n’ai pas envie de chanter.

Cochonfucius

Dragon songeur

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Pour le meilleur et pour le pire,
Je vis ces instants, sobrement ;
Sur le sol, sous le firmament,
J’admire tout ce qui m’inspire.

Ce que je m’efforce d’écrire
Ça t’indiffère, sûrement ;
Tu préfères lire un roman
Ou des blagues qui te font rire.

Je te comprends, lecteur humain,
Toi qui suis tes propres chemins,
Toi qui sais la saveur des choses.

Mais moi, je n’en pense pas moins ;
Je suis heureux d’être témoin
Des jeux du Prince et de la Rose.

Cochonfucius

Soif du garonnosaure

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J’ai traversé plusieurs déserts
Et plusieurs zones infécondes ;
D’aucun ruisseau je ne bus l’onde,
Aride fut mon univers.

Ça me fait une soif d’enfer,
Comme une envie de bière blonde ;
Ô vous tous, ma peine est profonde,
Car mon destin est trop amer.

Comme une envie de bière fraîche
Dans cette atmosphère trop sèche ;
Je sais que chacun me comprend.

Sur une terrasse ombragée
S’éteindra ma fougue enragée ;
Car Gambrinus est le plus grand.

Cochonfucius

Oiseau qui rit

image de l’auteur

D’un sobre plumage vêtu,
J’ai de remarquables idées ;
De ma cervelle débridée
Sortent des trésors. En veux-tu ?

Par des jeux de mots rebattus
Est mon âme bien déridée ;
Ou par de grands auteurs guidée,
Ou par Kéraban le têtu.

Je suis l’oiseau des moqueries,
Le plus vif de ma confrérie ;
Celui qui rit et qui rira.

Jadis, pour séduire une reine,
Je m’exhibais dans une arène ;
Pour être invité sous ses draps.

Cochonfucius

Maître Hippotaure

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Le calme règne sur mes terres,
Chacun s’y sent comme chez soi ;
Nul n’y transgresse aucune loi,
En taverne on s’y désaltère.

Modestes sont les dignitaires,
Assidus aux lieux où l’on boit ;
Leur pouvoir n’est pas d’un grand poids,
Leur quotidien n’est pas austère.

Nous goûtons le plaisir d’amour
Au son du luth des troubadours ;
C’est merveilleux, c’est un délice.

La tristesse, il faut la bannir,
Il faut éloigner ce calice ;
Le mal, il faut s’en abstenir.

Cochonfucius

Un roi reptilien

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Je suis monarque et sans attrait,
Régnant sur trois arpents de terre ;
Mes savoirs sont rudimentaires,
D’un vieux grimoire ils sont extraits.

S’il le fallait, je combattrais,
Moi qui suis piètre militaire ;
C’est ma faiblesse héréditaire,
D’un perdant je suis le portrait.

Heureusement, j’ai mes bouteilles
De Bordeaux, dont je m’émerveille ;
Je bois un coup, je suis content.

Je m’abstiendrais, si j’étais sage,
D’user de ce rouge breuvage ;
Mais il me donne du bon temps.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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