Maître Goupil

idyi

image de l’auteur

Jamais un poulailler ne me laisse de glace,
J’aime pour ce motif me mettre en mouvement ;
Mais serait-ce un péché d’être un goupil gourmand ?
Je suis un prédateur, pour me nourrir, je chasse.

De ce subtil métier mon âme n’est point lasse,
Je ne vois d’ailleurs pas comment vivre autrement ;
La carotte et le chou sont de bons aliments,
Qui pourtant nullement la viande ne remplacent.

Leur coq n’est pas féroce et je ne le crains point,
La belette avec moi s’accorde sur ce point ;
Ce bouffon ne saurait gâcher notre existence.

Mais sur cet animal, je ne veux m’attarder,
Ni sur mon réservoir de gibier mal gardé ;
Laissez-moi donc me taire, et prendre mes distances.

Cochonfucius

Évêque manichéen

idkf

image de l’auteur

Deux êtres sont pour lui remplis de majesté,
L’un deux est créateur du Ciel et de la Terre ;
L’autre est inconnaissable, il est un pur mystère,
Et tout être en ce monde est ainsi contrasté.

L’évêque s’accoutume à ces deux vérités,
À la froideur lunaire, à la chaleur solaire ;
Deux livres sont chargés de mots oraculaires,
Aucun des deux écrits n’est de l’autre imité.

Âme, serais-tu donc de deux maîtres servante ?
Et d’avoir deux bouquins, en es-tu plus savante ?
Difficile de croire à deux Seigneurs divins.

Bien peu de citoyens fréquentent cette église ;
Cette théologie toujours reste incomprise,
Les deux textes sacrés sont récités en vain.

Cochonfucius

Forteresse des méduses rouges

fmr-1

image de l’auteur

Personne ne va voir ce qu’elles y fabriquent ;
Peut-être, simplement, chacune y tourne en rond.
Comme il vaut mieux ne pas les regarder de front,
Nous ne fréquentons pas leur demeure historique.

Ayant dressé les murs à grand renfort de briques,
Ayant tout entouré d’une fosse sans fond,
Elles hantent la salle aux élégants plafonds
Où le peintre évoqua leurs exploits en Afrique.

Lorsque survient la nuit, chacune d’elles dort
Dans un lit dont les draps sont tissés de fil d’or ;
Dessus, la couverture est de dentelle fine.

Je ne puis évoquer sans quelques tremblements
La vie de tous les jours en ce palais dément ;
Bien meilleure y serait la plume de Racine.

Cochonfucius

Monde de reflets

pattes

image de l’auteur

J’ai vu se refléter la huppe de juillet
Dans le miroir des rois de la place Pigalle.
Cet oiseau, gravement, un soir, déambulait,
Ayant pour l’escorter la garde nationale.

Elle but à loisir dans le petit jet d’eau,
Qui, vous le savez bien, coulait de bas en haut.
La douce nuit, bientôt, effacerait sa trace,
Et chaque garde, enfin, regagnerait sa place.

Un jeu d’échecs veillait, un beau jeu, savez-vous,
À l’usage des morts et du rêveur hibou.
La huppe l’admirait avec des yeux de flamme ;
Mais lui, pourtant, songeait à des hippopotames.

Cochonfucius

Morte saison

man-seated-by-a-window-1907

Toile de Marcel Duchamp

Le jardin ne craint pas de voir tomber de l’eau,
Cela ragaillardit nos braves escargots ;
Dans le froid matinal, un vieil oiseau murmure ;
Je l’entends, sans sortir de sous ma couverture.

Le temps change en douceur, et non pas en sursaut.
L’oiseau à l’escargot ne donne pas l’assaut.
De ce jardin, livré à rêveuse nature,
Les verts foisonnements, ce matin, me rassurent.

Je me verse un café, contemplant la terrasse,
Les rochers que l’hiver, parfois, couvre de glace,
Le coin de vitre où dort un papillon de nuit.

L’escargot ne prend pas le deuil des feuilles mortes,
Lorsque l’hiver s’en vient, il clôt sa ronde porte ;
Il ne proteste point, quand la chaleur s’enfuit.

Cochonfucius

Rêve de classique

th

theatrales-collonges.org

 

 

Le sujet est futile en ces jours mal-meneurs :
Le vers est délaissé au profit de la prose,
La lassitude en est certainement la cause,
Depuis la nuit des temps, il était à l’honneur.

Je le regrette un peu, car il fait mon bonheur,
C’est pourquoi ce matin, un sonnet, je compose,
Mais au fond de moi, je rêve d’autre chose,
De ce désir enfuit, en voici la teneur ;

Il me plairait d’écrire une pièce classique,
Cela n’est pas, je crois, à des fins narcissiques,
Même si mon égo ne s’en émouvrait pas.

J’apprécie avant tout la rythmique et la rime
De dialogues tenus, avec esprit, en prime,
Peut-être, confiné, franchirai-je le pas ?

Vincent

Habit de calcaire

idhq

image de l’auteur

Loin de la Normandie et de ses verts feuillages,
Sur la grève sans fin je m’arrête un instant ;
Les soucis quotidiens ne m’importent plus tant,
Je les laisse dormir, ainsi que fait un sage.

La brise du Ponant caresse mon visage,
Le son de l’Océan berce mon coeur battant ;
Qu’est-ce qui dans ce jour serait plus important
Que d’aller admirer différents coquillages ?

Je n’entends pas au loin les voilures frémir,
Mais je pense aux marins éloignés de leur terre,
Je sais que le retour est leur plus grand désir.

Le soleil d’Armorique inonde mes paupières,
Un oiseau pousse un cri qui me semble un soupir ;
Je médite en silence, assis sur une pierre.

Cochonfucius

Un ange double

ange-double

Image de l’auteur

Cet ange vient des lieux dont les chimères viennent,
On ne sait s’il accède à la réalité ;
Il se tient dans les airs, où les sylphes se tiennent,
Je l’ai vu, l’autre jour, en train de méditer.

Inspire-moi des vers, toi qui dans l’éther voles,
Traduis-moi les propos de ce bel oiseau blanc ;
Ou trace sur les cieux, de ton bras bénévole,
Un mot pour rassurer mon pauvre coeur tremblant.

Tu peux même chanter une chanson débile,
Que les fous comme moi, j’en suis sûr, aimeront ;
Je la retranscrirai d’un pinceau malhabile
Pour amuser les rois, les ducs et les barons.

Cochonfucius

 

Multiples chimères

armandpoint-1861-1932-theeternalchimera1

Gravure Armand Point

Élever plusieurs chimères,
C’est mon travail de rimeur ;
Leurs âmes parfois amères
Ont des mouvements charmeurs.

Chaque chimère éphémère
Chante ses propos trompeurs,
Chante ses propos sommaires
Puis se noie dans la torpeur.

Parfois, l’une d’elles reste
(Est-ce une chose funeste ?)
Au jardin, parmi les fleurs.

Elle goûte la chaleur,
Les parfums qui se mélangent
Et ce sonnet bien étrange.

Cochonfucius

Chimère de sinople

chimere-heraldie

Composition de l’auteur

Garde-toi d’éveiller la chimère qui dort !
N’approche même pas en rêve de sa couche ;
Tu devrais le savoir, c’est un bestiau très louche,
Si tu ne me crois pas, demande au goupil d’or.

D’un lion de la savane elle arbore le corps ;
Mais son chef est celui d’une vierge farouche.
Malheur à l’animal imprudent qui la touche !
C’est très déconseillé, sauf pour chercher la mort.

Toutefois, ce n’est point une bête de proie :
Grignoter quelques fruits est pour elle une joie,
Dans lesquels, au matin, jubilante, elle mord ;

En habit de sinople, elle parcourt la Terre,
Disant : Je suis la noble et puissante Chimère,
Je me passe de muse autant que de mentor.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.