Le blog de Neige

neige

Peinture traditionnelle chinoise

Je lis tes mots écrits dans la Chine lointaine,
Racontant tes plaisirs, ton travail, tes ennuis.
Je t’écris dans le jour, tu me lis dans la nuit.
La parution suivante est toujours incertaine.

Ces notes de chevet qui sont là par centaines,
Ce sérieux témoignage où l’humour s’introduit,
Le récit d’une vie, l’émotion qu’il produit,
Dans un français plus clair que l’eau d’une fontaine…

Cette eau ne coule plus, depuis pas mal de jours ;
L’arbre le mieux fleuri ne fleurit pas toujours,
Tu dois passer ton temps à des choses sérieuses.

C’était juste un merci, au nom de tes lecteurs,
Tes compagnons de plume et tes admirateurs :
Jamais ne fut plus belle une contrée neigeuse.

nei

Cochonfucius

Le roi qui fut un oiseau

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image de l’auteur

Cet oiseau-là fait peu de bruit,
Qu’on appelle ornithomonarque ;
Jamais en guerre ne s’embarque,
Jamais à quiconque ne nuit.

Chacun l’aime et nul ne le fuit,
Cet auteur de sages remarques ;
Quand viendront le saisir les Parques,
Chacun prendra le deuil pour lui.

Dans un livre d’Alphonse Allais,
Cet oiseau parle à son reflet ;
Il n’a nul besoin de tribune.

Si son peuple était consulté,
Ce roi serait plébiscité,
Qui point ne règne pour des prunes.

Cochonfucius

Firmament très lointain

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Image d’Herald Dick

Le ciel a pris des tons surréels aujourd’hui ;
Ceux de la météo, peut-être, furent ivres,
Qui à ce tiède hiver n’ont point offert de givre,
Un astre s’est montré, qui, brusquement, a fui.

Le gars de la radio dit que ce n’est pas lui ;
De cette étrangeté, sa conscience il délivre,
Avec ce ciel bizarre, on peut aussi bien vivre,
Je ne crois pas qu’il veuille apporter des ennuis.

Mais si cette planète était à l’agonie ?
Non, cela ne se peut, Claude Allègre le nie ;
Et c’est un érudit, qui a beaucoup appris.

Savoir ce qui, aux cieux, telle couleur assigne,
Peut-être un changement dont ils seraient épris ?
Ou bien, plus simplement, la migration des cygnes.

Cochonfucius

Donal Óg (la réponse du matelot)

Pg 216, On the Sailing Boat, 1818_20.jpg

Toile de Caspar David Friedrich

Le chien n’a point parlé, ni non plus la bécasse.
Tu as rêvé tout ça en marchant dans les bois,
Ou près de la falaise à la blanche paroi ;
Si ce n’est pas un rêve, alors, ça me dépasse.

Tu dis que j’ai promis, que veux-tu que j’y fasse,
On te dit quelque chose et voilà, tu y crois
Comme à ce que prétend ton charpentier en croix.
Ne suis-je pas marin, frère du vent qui passe ?

Si j’avais la nef d’or aux mâts d’argenterie,
Je te la donnerais, tu es la plus jolie ;
Mais je n’ai rien de tel, il faut me pardonner.

Tu dis que je t’ai pris le Dieu de tes prières ;
Est-il Dieu, celui qui, à son heure dernière
Disait : Père, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Cochonfucius

le chant du cygne

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Photographie Elina Brotherus

Quand le fil de ma vie ne m’inspirera plus
Le plaisir quotidien de tracer quelques lignes,
Ou que d’y renoncer j’aurai reçu consigne,
Je songerai encore aux instants révolus.

Les tourments, les plaisirs, voulus et non voulus,
Trace n’en restera que ces milliers de signes.
Hélas, si d’un tel jeu mon chant s’est montré digne,
A bien m’en souvenir me voici résolu.

Puis, on n’est sûr de rien. Dans les mois qui vont suivre,
Qui sait quelles passions nos coeurs nous feront vivre
Et chanter dans nos vers, avec ou sans raison ?

Donc, même lorsqu’il faut terminer une page,
C’est la fin d’une étape, et non pas du voyage :
Car les routes jamais n’atteignent l’horizon.

Cochonfucius

Pensée du vieux porc

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Image d’Héraldie

Le cochon, semble-t-il, a perdu sa jeunesse,
Mais qu’importe, il réside en son humble maison
Qu’orne un jardin de ville aux belles frondaisons ;
Son âme s’y revêt d’une douce finesse.

Car du destin, jamais il ne crut les promesses ;
Et puis, qu’en ferait-il en sa froide saison ?
Il entre, sur le tard, dans l’âge de raison,
Son coeur se complaisant en sa digne vieillesse.

Son oeuvre se bâtit ainsi, par petits bouts,
Avec nul éditeur il n’a de rendez-vous,
Mais, au fil des longs jours, il gagne en innocence

Peut-être est-ce la fin de toute adversité,
L’épanouissement de la félicité,
La découverte, enfin, de l’art de patience.

Cochonfucius

porc-d-argent

Vagabondage du dragon

abse

image de l’auteur

Un dragon débonnaire au loin s’est envolé
Comme voulant quitter ce monde d’amertume ;
Dans les fiers battements de ses ailes sans plumes,
Nous entendons l’écho d’un cosmos affolé.

Certains ont applaudi quand il a décollé,
Mais lui, sans rien répondre, est parti dans la brume ;
Il s’élève au-dessus des flots chargés d’écume,
D’un étonnant prestige il est auréolé.

On me dit qu’il est né sous une bonne étoile,
Que son portrait jadis fut peint sur une toile,
Dont un grand roi tira des motifs pour son sceau.

Il est trop loin, déjà, je ne vois plus son ombre,
Il va vers le Ponant où le grand soleil sombre ;
Où ne vit aucune âme, où ne va nul vaisseau.

Cochonfucius

Oiseau du Crétacé

abkj

image de l’auteur

Enfant de dinosaure, on ne sait pas son âge,
Rarement rencontré par les explorateurs ;
Lui qu’on entend fort peu, ce n’est pas un chanteur,
Je ne lui vois d’attraits qu’en son joli plumage.

Il bâtit quinze nids, ou même davantage,
Où des oiselles vont, car c’est un séducteur ;
Aucun de ses enfants ne craint les prédateurs,
Car ils ne pourraient point les prendre sans dommage.

Il vécut en Eden, d’où l’homme s’est enfui,
Après quoi, le serpent s’est adressé à lui,
Mais sans beaucoup d’efforts, il s’en est rendu maître.

Aucun langage ancien ne lui est étranger,
Et le sien, cependant, se préserve, inchangé,
Sauf pour quelques détails dans la forme des lettres.

Cochonfucius

La Tour gardant le Pont

abnw

image de l’auteur

Sur cette tour le vent gémit,
Une ondine en est désolée ;
Une algue verte est enroulée
Autour d’un récif qui blêmit.

N’allez pas là-bas, mes amis !
Votre âme en serait affolée ;
Quand sera la tour écroulée,
Passer le pont sera permis.

Va plus loin, passant qui m’écoutes,
Quitte ces lieux par l’autre route.
Ne reste pas près du danger.

Un jour viendra, que Dieu nous aide,
Un jour chanté par les aèdes
Où bien des choses vont changer.

Cochonfucius

Monstre improbable

abru

image de l’auteur

N’ayez pas peur de ce monstre improbable,
Quelquefois, même, il est affectueux ;
Il est modeste, et pas présomptueux,
Il aime lire et raconter des fables.

Une bouteille est souvent sur sa table,
Mais ses boissons n’ont rien de luxueux ;
En son logis n’est rien de fastueux,
On peut le dire ascète véritable.

Darwin en parle en son petit carnet
Dans lequel sont aussi quelques sonnets ;
Il dit «Ce monstre est noble, en quelque sorte».

Juste une plume et juste un encrier
Dans son bureau ; des livres mal triés,
Plus quelques vers qu’un courant d’air emporte.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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