Dame Cabrette

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C’est la chèvre sans maître, elle vit loin du monde,
Elle est sur un blason digne de figurer ;
On ne lui connaît point d’orgueil démesuré,
Elle dont l’existence en modestie se fonde.

Ne cultivant jamais l’inutile faconde,
Elle tient cependant des propos assurés ;
Elle parle aux oiseaux, ceux du ciel azuré
Et ceux qui sont cachés dans la forêt profonde.

Elle a quelques enfants qu’elle soigne et dorlote,
Qui savent se tenir et jamais ne complotent,
Savourant les propos de leur cousin, le porc.

La chèvre, qui jamais ne fait rien d’arbitraire,
À nul autre animal ne veut causer de tort ;
Aucun de ses voisins ne lui sera contraire.

Cochonfucius

Escargot cultivé

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image de l’auteur

Au jardin se promène un escargot savant,
Ses cornes doucement s’agitent dans la brise ;
Il ne veut s’impliquer dans aucune entreprise,
Mais régner sur ces lieux, roi pensif et bavant.

Il n’est pas très rapide, il va contre le vent,
En matière de course il n’a pas d’expertise ;
Il observe les fruits sans nulle convoitise,
Il n’en cueille jamais, n’en mange pas souvent.

Par des amours jadis son âme fut grisée,
Ce fut une faiblesse, à présent maîtrisée ;
Il glisse doucement, ça ne fait aucun bruit.

L’aube met un reflet sur sa coquille claire,
Il a comme une idée que ce jour va lui plaire,
Tout comme il a goûté la précédente nuit.

Cochonfucius

Bénédictions joyeuses

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Il faut, sans hésiter, bénir ce qu’on admire,
La sagesse des vieux et leur rire innocent ;
Il n’est pas interdit de bénir les passants,
L’eau qui tombe du ciel ou le vent qui soupire.

Poète, quelques vers pour consacrer ta lyre
Et les mots de ton coeur lentement surgissant ;
Puis, le jour qui décline et la nuit qui descend,
Ce qu’on sait raconter, ce qu’on ne peut décrire.

Quel plaisir d’exalter des objets si divers,
La ville trépidante et les ombrages verts,
La nonne rougissante et la fille de joie !

D’une telle louange il ne faut rien bannir,
Ni le chien, ni le porc, ni le cygne, ni l’oie,
Tant d’autres animaux, c’est à n’en plus finir.

Cochonfucius

Tour de brume

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Elle abrite un errant, l’aronde y fait son nid,
Aucun foyer flambant jamais ne s’y allume ;
La mousse l’enveloppe ainsi que de l’écume,
Le vent murmure un chant qui jamais ne finit.

Ni le vin, ni la rime ici ne sont bannis,
Le silence qui règne est sans nulle amertume ;
C’est un lieu surprenant, c’est notre Tour de Brume
Où le songe souvent à la plume s’unit.

On trouve sur le sol des vieux papiers qui traînent,
Et les portraits aussi de muses fort lointaines ;
Mais ce texte ne peut entrer dans les détails.

Le poète souvent doit garder sa part d’ombre,
Il doit être discret sans jamais être sombre;
Il trace un nom, parfois, au dos d’un éventail.

Cochonfucius

Monstre sympathique

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Ce monstre maîtrisant plusieurs langues vivantes
Aime se procurer des livres par kilos ;
On le voyait jadis boire un litre au goulot,
Ce fut pour ses amis un sujet d’épouvante.

Il était entouré d’une troupe savante
Qui de publications entretenait un flot ;
Mais il n’en fait plus rien, cet épisode est clos,
Il produit à présent des rimes émouvantes.

Pour calmer sa fringale il déguste un éclair,
Puis il ouvre sa porte, il sort pour prendre l’air
Sous le grand firmament que le soleil embrase.

Son style est régulier, vertigineux et sûr,
Il semble voyager en chevauchant Pégase
Et tremper son pinceau dans le fond de l’azur.

Cochonfucius

Arbre charmeur

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L’arbre me séduisit par son feuillage fauve
Et ses petites fleurs aux reflets de carmin ;
Sur la douceur du tronc j’aime poser ma main,
Les branches m’abritant comme une grande alcôve.

C’est ici que j’ai lu des vers du Cahier Mauve,
Mais aussi des écrits du temps des vieux Romains ;
Je vis de poésie, car j’ai pris ce chemin,
Je crois que c’est un art qui m’éveille et me sauve.

Sur un arbre, un renard, une rose, un poisson,
Sur dix mille sujets je fis quelques chansons
Que chante à des marins, peut-être, une sirène.

Mon bel arbre charmeur, accomplis donc ce voeu:
Que je puisse rimer autant que je le veux
Avant d’aller dormir en chambre souterraine.

Cochonfucius

Un chien vaillant

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J’aime ce chien qui marche élégamment
Et me regarde avec d’humides yeux ;
Son maître qui le promène en tous lieux
Me dit qu’il est d’un bon tempérament.

Il a grandi en paix, loin des tourments,
Dans la campagne, on ne sait sous quels cieux ;
Sans doute, il est ce qu’on trouve de mieux
Parmi les chiens, sous le bleu firmament.

Il peut manger, parfois, un truc étrange,
Ce qui n’est pas un sujet de louanges ;
Mais on excuse, après tout, son ardeur.

Lui qui, la nuit, d’un panier se contente,
Peut s’éveiller pour un oiseau qui chante ;
D’un pareil maître on apprend le bonheur.

Cochonfucius

Pour une muse et plusieurs autres

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Toile de Maurice Denis

Muse qui nous apprends à quitter l’illusion,
Je te dis grand merci. Mon oeuvre composée
De bribes plus ou moins savamment disposées
Doit beaucoup de sa forme à tes dons d’intrusion.

Un sonnet, bien souvent, cherche sa conclusion
À l’heure où des jardins se tarit la rosée
(Ou dans une taverne, et la muse arrosée
Livre plus librement la piquante allusion).

Merci pour tes regards qui notre verve attisent,
Merci pour tes accès d’étonnante franchise,
Comme un coup de tonnerre ébahissant l’azur ;

Car la muse au poète offre la liberté
(Sous couvert d’un précepte habilement dicté),
L’instruisant patiemment des langues du futur.

Cochonfucius

Grandeur des cygnes

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Comme ils sont élégants, les cygnes dans la brise!
J’en suis admiratif, je vous en fais l’aveu ;
Chacun peut s’envoler vivement, s’il le veut,
Afin de s’éloigner de cette banlieue grise.

La pêche, sachez-le, c’est un art qu’ils maîtrisent,
Le poisson, s’il les voit, se montre un peu nerveux ;
Il sait que sa survie ne tient qu’à un cheveu,
Et c’est une leçon bien durement apprise.

Un tel oiseau ressemble aux habitants des cieux,
Lui qui peut se montrer comme un ange à nos yeux ;
Et quoi de plus charmant qu’un ange dans la brume ?

Il chante noblement pour son dernier soupir,
Cela pour évoquer ses plus beaux souvenirs ;
Son âme va dormir sur des coussins de plume.

Cochonfucius

春雪 *** Neige au printemps

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J’ai vécu quelques mois dans la Chine lointaine ;
Me reviennent, parfois, ces souvenirs enfuis,
Quand la lune d’automne est au jardin, la nuit,
Ou quand la brume rend ma vision incertaine.

Petits livres chinois, qui chez moi par centaines
Au fil du temps passé vous êtes introduits,
Quelques-uns d’entre vous sont assez bien traduits ;
Y compris un recueil de blagues tibétaines.

Mais ce que j’ai suivi pendant pas mal de jours,
C’est un blog dont l’esprit me séduisait toujours,
Exprimant une humeur ou pensive ou joyeuse.

Dame de Neige, en plus d’être ton vieux lecteur,
Je deviens ton adepte et ton admirateur,
Je relis à plaisir ta prose capricieuse.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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