Le serpent avec le coq

coq-serpent

Image d’Héraldie

Auprès d’un coq célèbre,
Je remarque un serpent
Qui chante à voix funèbre
(C’est fort préoccupant).

— Dis-moi ce qui t’attriste,
Aimable serpent d’or.
— Pour être un grand artiste,
Point ne suis assez fort.

— Apprends donc ma manière,
Travaille en liberté,
Construisant, pierre à pierre,
Un grand palais d’été.

Cochonfucius

Épineuse trinité

ecyn

image de l’auteur

Je vois au bois la verte trinité,
Trois petits dieux piquants et vénérables ;
Ils ont créé ce monde incomparable
Sans en tirer la moindre vanité.

Je n’y ai vu nul serpent serpenter,
Ni proposer aucun fruit délectable ;
Il est absent, ce démon redoutable,
Des créateurs la gloire on peut chanter.

Cet univers n’est pas triste, au contraire,
Il est bâti sur de joyeux mystères
Dont ne sont point nos esprits égarés.

Les gens d’ici n’observent nulle astreinte,
Leurs pieds au sol ne laissent pas d’empreintes ;
Ce monde existe, ou je peux l’espérer.

Cochonfucius

Errance obscure

tapisserie

Un barde vagabond va sur la terre pâle.
Noyé dans son silence, il compose sans bruit
Un chant pour la licorne aimable qui le suit
Et qui, frileusement, se protège d’un châle.

Le ciel est de velours et la lune est d’opale.
Devant le regard vert de Saturne qui luit,
Le barde et la licorne ont traversé la nuit ;
Sur les bords du chemin, quelques fleurs sépulcrales.

On entend murmurer les crapauds dans les prés :
Ils disent des sonnets, et leurs mots éthérés
Semblent, dans l’air obscur, des mots de tourterelles.

La licorne en dansant et le barde en marchant
Éprouvent une faim quasi surnaturelle ;
Mais ils ne peuvent point manger les fleurs des champs.

Cochonfucius

Oiseau du temps

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image de l’auteur

Avec de grands penseurs, jadis, il bavarda,
Posant plusieurs questions sur le nom d’une rose;
Partageant leur dîner qu’un vin rustique arrose,
Ce disciple fidèle avec eux s’accorda.

Puis cet oiseau du temps fut instruit par Bouddha,
Lequel ne parle point, mais il n’est pas morose ;
L’enseignement sans mots, comment le mettre en prose?
De n’oser rien de tel cet oiseau décida.

Ensuite il entendit les mots de Zoroastre,
Les paroles de l’air et le discours des astres
Qu’un vieillard lui transmit en son patois rugueux.

Il lut un palimpseste auprès d’un candélabre
Qui jadis fut orné par un moine fougueux ;
Mais il n’y découvrit qu’une pensée macabre.

Cochonfucius

Oiseau sans prétention

 

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image de l’auteur

Sa pitance est légère, il ne pèse pas lourd,
On ne le voit jamais draguer les hirondelles ;
Il peut en abriter, cependant, sous son aile,
Douceur sans lendemains, platoniques amours.

Il survole une route aux amples carrefours
Qui longe des jardins aux ombreuses tonnelles,
Dont certains qu’il fréquente en visiteur fidèle ;
Des dames, le dimanche, y montrent leurs atours.

Nul de le rencontrer jamais ne s’effarouche ;
Volatile banal, et qui n’a rien de louche,
On ne peut l’appeler un oiseau de malheur.

Dernier représentant d’une espèce inconnue,
Il médite souvent parmi de blanches fleurs,
Son coeur est innocent, son âme est presque nue.

Cochonfucius

Le Lion et l’Amphisbène

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Composition de l’auteur

Le roi des animaux soudain tendit l’oreille
Pour écouter chanter la bête sans pareille,
L’amphisbène qui plane au joli ciel d’argent
Et se tient toujours loin des bêtes et des gens.

— Et toi, lion, chantes-tu le ciel de canicule ?
Nous ne trouverions point cela si ridicule,
Un monde où chacun chante est un monde serein,
Que ta timidité ne te soit pas un frein.

— Je préfère écouter, je ne suis pas un chantre,
Ce jour, j’ai bien chassé, j’ai bien rempli mon ventre,
Quoi de plus excellent que cet air musical
Pour bercer mes loisirs, sous le ciel tropical !

Cochonfucius

Cavalier aéroporté

cav-aer

image de l’auteur

Ce cavalier volant s’élève plus encore
Que, sur les horizons, la brume qui pâlit,
Et de la Voie Lactée peut parcourir le lit,
Les étoiles au coeur, et dans les yeux l’aurore.

Du décret de Newton il semble délivré,
On dirait qu’il n’est pas plus lourd que la lumière.
De sa grande altitude, il voit la Terre entière,
D’oxygène sevré, de vertige enivré.

Quelques anges pour lui fredonnent un cantique ;
Ils chantent sa vertu, et ne sont pas menteurs,
Les notes autour d’eux flottent avec lenteur,
L’air s’emplit de tendresse et de parfums mystiques.

Cochonfucius

Refuge improvisé

underwater cave

Composition de l’auteur

Un pluvian craignant la tempête
Vers le Nord dirige ses pas ;
Il trouve une cabane en bas
D’un mont dont a blanchi le faîte.

L’endroit est quelque peu funèbre
Et ruisselant d’humidité ;
Mais, malgré cette hostilité,
L’oiseau se cache en ces ténèbres.

Soudain, surgissant d’un abîme,
Apparaît Gotlib, grand auteur
Qui, dans un style évocateur,
Portraiture l’oiseau sublime.

Admirable littérature
Que ces croquis bien inspirés,
Où nous retournons admirer
Cette splendeur des créatures !

Cochonfucius

 

Colloque des pluvians

trois-pluvians

Composition de l’auteur

Les pluvians sur la rive ont débattu entre eux.
Ce sont de beaux discours, d’étranges envolées,
Sonores arguments, vocalises mêlées,
D’être orateurs les rend visiblement heureux.

Du crocodile on voit le regard vaporeux
Émettre vers la scène une lueur voilée ;
Il ne dit pas un mot, de sa voix désolée,
La plage à son corps lourd fait un lit dans un creux.

La rivière à leurs pieds s’écoule, toute fraîche,
Le débat se poursuit, jusque fort tard, le soir,
Les arbres riverains sont des fantômes noirs.

Un artiste, auprès d’eux, s’active et se dépêche,
Scrupuleux chroniqueur, dessinateur fiévreux :
Gotlib fait des oiseaux un portrait rigoureux.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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