Cinq ornithorynques

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Peinture sur soie

L’ornithorynque jaune a dit : « Pas de complaintes,
La poésie c’est pour proclamer le bonheur ».
J’ai répondu : « Si tu peux faire le donneur
De leçons, ta sagesse est absolument feinte ».

L’ornithorynque mauve a dit : « Vivre m’esquinte,
La poésie c’est pour étaler mon malheur ».
J’ai répondu : « Si tu donnes trop de valeur
A tes ennuis du jour, tu vivras dans la crainte ».

L’ornithorynque orange est désolé de vivre,
L’ornithorynque rose aime être toujours ivre,
Je leur ai dit de prendre un peu plus de recul.

L’ornithorynque rouge a écrit un poème
Dans lequel il résout plusieurs de mes problèmes,
En me disant : « Vas-y, tout droit, et sans calcul ».

Cochonfucius

Voyageur intergalactique

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image de l’auteur

L’astronaute est en route, et ses instants s’allongent ;
Il a presque oublié le lieu de son départ ;
Des chemins fréquentés il se tient à l’écart,
Cherchant à retrouver un lieu qu’il vit en songe.

Heureux qui comme lui en un cosmos se plonge,
Tel un errant quittant la ville et ses remparts ;
Ou comme les grands rois Balthazar et Gaspard
Qu’une étoile guida, ce n’est pas un mensonge.

Que d’endroits merveilleux dans l’espace infini,
Des cloaques maudits et des jardins bénis ;
Des inframondes, même, aux incroyables hôtes.

Puis, des trous noirs gloutons, des soleils sans merci,
Tantôt dans la douceur, tantôt dans le souci :
L’astronaute s’en va, gardant la tête haute.

Cochonfucius

Fontainebleau

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Fontainebleau, c’est loin de l’Aquitaine ;
Souvent, je songe à ses allées lointaines
Où vont marcher mon frère et mes neveux
Dont ma mémoire est parfois incertaine.

* * * * *

La grande bouteille se prend pour une bouteille,
Mais je lui dis : «Sans le jus de la treille,
Tu n’es qu’une carafe. »
(Et la carafe, alors, s’en émerveille).

En admirant la splendeur des pavots,
Je réfléchis à des sujets nouveaux,
Mais dans la chaleur,
Je n’ose point accabler mon cerveau.

Tu dois être patient, patron de la taverne,
Car les clients plaisants et déplaisants alternent
Comme soleil et pluie ;
Sois donc indifférent à ce qui les concerne.

Il dit : « Échec au roi d’écume, »
Et j’interpose un fou de plumes ;
Dame de brume, avancez donc,
Vous prendrez la tour de bitume.

Tous les matins sont des commencements,
Il faut les prendre doucement ;
Et puis, quand s’approche la nuit,
Accepter l’alanguissement.

Je l’entendis en train de marmotter
« Je veux un homme afin de me frotter » ;
J’ai demandé « Où est votre serviette ? »,
Elle a dit « Au vestiaire, avec ma dignité. »

Cochonfucius

Échiquier magique

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Compostion de Cochonfucius

D’or et de gueules suis, et non pas noir et blanc ;
Au temple, près de moi, les bâtons d’encens fument,
Un délicat pinceau sert au scribe de plume,
Un novice médite, en marchant à pas lents.

Point n’ai de cavaliers aux vigoureux élans,
Ni de zigzagants fous, ni de pions, pauvre écume :
Mais de nobles bouddhas, dont l’esprit, comme brume,
Couvre les sensations d’un voile ruisselant.

Ils ne bougent jamais, s’affrontent en pensée
(Sans qu’on voie jamais trop de force dépensée) ;
Dans la compétition, ils ne sont pas amers.

Et rien de négatif dans leur lutte éternelle,
Car leur jeu, vraiment, c’est la lutte fraternelle
Que pratiquent entre eux les clairs flots des sept mers.

Cochonfucius

Courte partie d’échecs

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Toile de Jonathan Wolstenholme

E2-E4 est blanc, E7-E5 est noir ;
Cela vient de deux pions se tenant face à face.
À ce stade, on dirait des patineurs sur glace,
Ça glisse en coup de vent, sans trébucher ni choir.

En milieu de partie, observe les tensions
Qui, généralement, président aux échanges :
Le premier dont les plans d’attaque se mélangent
Va payer assez cher un peu d’inattention.

On en vient à la fin, règne alors la rigueur :
Le perdant peut choisir, ou bien de se soumettre,
Ou de voir son espoir peu à peu disparaître :
De plus rien ne lui sert sa première vigueur.

Cochonfucius

Ermite, assis tout simplement

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image de l’auteur

Il vit loin des enchanteresses,
Perdu dans le désert profond ;
La lune et le soleil lui font
Oublier toutes ses maîtresses.

Aucun souvenir des caresses
Ni des mots qui droit au coeur vont ;
Car au désert, nous le savons,
De telles notions disparaissent.

Ne sachant plus aucun secret,
Il ne peut pas être indiscret ;
Sa vie est une page blanche.

L’âme sans crainte et sans amour
Conserve, cependant, toujours
Sa soif que jamais nul n’étanche.

Cochonfucius

Tétramécanoptère

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image de l’auteur

Il sait l’horizontale, il sait la parabole,
Ce noble prédateur au firmament se tient ;
Il inspecte souvent les lieux qu’il connaît bien,
Il en connaît le charme, il en sait les symboles.

Tu ne le prendras point pour un ange qui vole,
Ce céleste passant ne lui ressemble en rien ;
Lui qui vivait, jadis, entouré par les siens,
Se trouve solitaire en son errance folle.

Est-il ami du diable ? est-il proche de Dieu ?
Demande à l’inframonde, interroge les cieux,
Cette chose pour moi ne fut pas précisée.

C’est un monstre volant, ce n’est pas un vautour,
Il reçoit aujourd’hui son pain de chaque jour ;
Il le saisit alors, de sa griffe aiguisée.

Cochonfucius

Vieux phénix

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Illustration de  Psyfrostcosplay

Une dernière fois, tu rêves sur ta branche.
Le jardin est paisible, où mûrissent les fruits,
La ville est endormie au matin, c’est dimanche
Et le jour est ici moins bruyant que la nuit.

Une dernière fois, tu rêve sur ton arbre
Vers lequel ne viendra nul renard, nul trompeur ;
Le jardin est orné d’un Apollon de marbre
Qui semble t’admirer de ses beaux yeux rêveurs.

Ce temps est revenu : tu as lu tous les livres,
Il n’est plus temps de rire, il n’est plus temps de vivre :
Un phénix mûr se doit de savoir s’endormir.

C’est, une fois de plus, le temps des belles flammes
Qui dansent dans le vent comme danserait l’âme…
(Si l’on pouvait danser au moment de mourir).

Cochonfucius

Arbre à phénix

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image de l’auteur

Ce n’est point, dans la cour, une aimable tonnelle ;
Il n’est pas abreuvé par le fleuve Léthé,
Mais il pousse bien loin des plantations de thé :
Viennent mille phénix y reposer leurs ailes.

Or, l’espoir en leur coeur et la crainte se mêlent,
Sachant qu’il faut brûler quand finit leur été ;
Vont-ils redevenir l’oiseau qu’ils ont été ?
C’est un mystère ardent que la flamme recèle.

Car le corps du phénix est son propre ennemi,
Et son âme, parfois, le comprend à demi,
Quand il se vient poser sur l’arbre sans feuillage.

Comment ce corps revit, l’oiseau ne le sait pas,
Sa conscience en ce jour le lui narre tout bas,
Jamais il ne comprit cet étrange langage.

Cochonfucius

Roger le Loup

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image de l’auteur

C’est un loup bleu qui des récits compose,
On croirait voir des dessins animés ;
En son honneur je veux ces mots rimer,
Ce narrateur dont nous aimons la prose.

Dames y sont fraîches comme des roses,
Puis des truands, de crimes affamés ;
Des accidents, de moteurs enflammés,
De grands vaisseaux, des avions qui se posent.

La dame est sage, elle n’est pas vilaine,
Tous ces dangers la tiennent en haleine
Et ses amis, robots vêtus d’argent.

Ses ennemis, même s’ils sont farouches,
Prennent la voie qui sur l’échec débouche ;
Et sont sauvés beaucoup de braves gens.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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