Cervidés grimpeurs

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Grimpons au soleil, grimpons sous la lune,
Grimpons à cet arbre, il fait bon, là-haut.
Nous nous déplaçons dans la forêt brune
Comme se déplace un poisson dans l’eau ;

Galope sur l’herbe et cours sur la dune ;
Puis monte au mur noir, au tronc du bouleau,
Car c’est en hauteur qu’on cherche fortune,
Tant pis s’il fait froid, tant pis s’il fait chaud.

C’est nous les malins, les grimpeurs qui passent
Où l’humain balourd point ne passerait ;
Mais il prétendra, pour sauver la face,
Que son corps pesant s’envole, en secret.

Cochonfucius

Chien du marquis de Bolibar

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Le marquis n’est plus là, le chien songe au passé,
Déplorant des soldats la funeste rencontre ;
Dieu n’entend pas les chiens, cette mort le démontre,
Ainsi se désolait l’animal délaissé.

Le défunt pourra-t-il l’ennemi surpasser,
Lui dont les plans étaient réglés comme une montre ?
Il ne peut plus peser ni le pour ni le contre,
Car le fait d’être mort empêche de penser.

L’animal est songeur, mais d’espérer ne cesse,
Il a la solitude à présent pour maîtresse,
Dont, je peux te le dire, il n’est pas le seul chien.

En plus d’être un seigneur, son maître fut un sage,
Un posthume succès frappera davantage
Les pervers officiers, les ennemis du bien.

Cochonfucius

Arbre à sangliers

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C’est un arbre qui pousse auprès d’une eau dormante,
Dans un lieu que les vents nullement ne tourmentent ;
On distingue de loin son profil de géant,
Monument végétal qu’entoure le néant.

L’arbre est porteur de fruits dans lesquels, effroyables,
Logent des sangliers (la chose est peu croyable).
D’intrépides chasseurs, qui voudraient les cueillir,
Par d’invisibles trolls se font mal accueillir.

Le seul moyen, dit-on, d’avoir ces fruits étranges
Est de les faire prendre, un jour, par un archange ;
Les archanges, pourtant, que j’ai pu fréquenter
M’ont objecté qu’ils ont d’autres chats à fouetter.

Cochonfucius

Trois songes de sable

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Robert songe, en premier, qu’il va dans un tonneau
Qui roule tout le jour, et la nuit, dans la cave.
Allons donc, se dit-il, la chose n’est pas grave,
Le tonneau est cerclé de solides anneaux.

Puis un lion quadrumane apparaît devant lui,
Qui se met à danser, cherchant son équilibre.
Qu’y puis-je, se dit-il, cet animal est libre,
Il a donc bien le droit de s’amuser la nuit.

Enfin, il devient cerf. Un autre cerf survient,
Disant qu’on lui confère un grade militaire.
C’est bon, se dit Robert, je n’ai plus qu’à me taire,
Muette est notre armée, vous le savez tous bien.

Cochonfucius

Jean des sauterelles

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Il est plus courageux qu’un lutteur aux arènes ;
Prophète dont la voix dit un message clair,
Il ne recherche point le plaisir de sa chair,
Il n’est pas indulgent pour la nouvelle reine.

Il tient ses aliments du vent qui les entraîne
Vers son logis ; ce sont des insectes, des vers,
Un peu de miel aussi pour les longs jours d’hiver,
Avec la sauterelle, il partage des graines.

Le grand désert le tient dans l’éblouissement
De la divinité, de son surgissement,
Et voici qu’il l’annonce à qui veut bien l’entendre.

Sauterelle, tu fus nourrie avec amour,
Pitance tu deviens, semble-t-il, à ton tour,
Au début de l’été, quand ta chair est plus tendre.

Cochonfucius

Sagesse d’un archevêque

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Il dit à Dieu merci pour la clarté du jour,
Il se met en prière à chaque aube nouvelle ;
Avec délicatesse il s’adresse aux fidèles,
Lui que chacun connaît pour son sens de l’humour.

Quand le Seigneur vers lui un malade rappelle,
De toute sa douceur il offre le secours ;
Quant à celui qui vit d’impossibles amours,
Il présente son cas aux saints de la chapelle.

À ceux qui sont sans toit il propose un accueil ;
À ceux qui aiment lire il offre des recueils
De sa prose où l’on voit de ravissants passages.

Dans notre basilique on a mis son portrait
Qu’ornent presque toujours des fleurs et des messages ;
Dieu nous l’avait offert, et Dieu nous l’a soustrait.

Cochonfucius

Animaux divers

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Animaux de la jungle, animaux de la plage,
Hôtes d’une caverne ou bâtisseurs de nids,
Animaux de la dune, animaux du feuillage,
En entendant vos voix, je me sens rajeuni.

Vivant pour un temps bref, ou de longues années,
Vous n’avez nul souci pour les questions d’argent ;
Vous ne pleurez jamais sur quelques fleurs fanées,
Votre humeur reste stable, en ce monde changeant.

Animaux de la plaine, animaux des ravines,
Vous recevez, sereins, le tonnerre et l’éclair ;
Vous ne contestez point les sentences divines,
Je vous vois près de moi, le jour devient plus clair.

Cochonfucius

Dans une tour de Londres

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Nous fûmes condamnés par le roi d’Angleterre
À vivre dans ces lieux où nul astre ne luit ;
Peut-être a-t-il pensé qu’on se moquait de lui,
Ce monarque absolu, cet homme au coeur de pierre.

On nous donne du vin pour son anniversaire,
Mais à la condition de ne faire aucun bruit ;
Parfois bien, parfois mal le gardien se conduit,
Toujours très attentif, rarement débonnaire.

Que faire de la tour, la détruire au canon ?
Je connais un taulard qui ne dirait pas non,
Lui qui faisait partie des hommes qui guerroient.

Le vent d’hiver se lève et fait vibrer la tour,
Il arrache des toits dans la ville, alentour,
Des tuiles de la tour il ne fait point sa proie.

Cochonfucius

Plume de boeuf

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L’écriture du boeuf, elle est presque enfantine,
C’est la calligraphie qu’on enseigne au bétail ;
Il en fait cependant un fort joli travail,
Rendant parfois hommage à des sources latines.

Il trace une prière à Sainte Clémentine
Mais que je ne saurais vous citer en détail ;
Ensuite, d’un proverbe, il orne un éventail,
Je crois qu’il le tira d’une oeuvre byzantine.

De ta plume, cher Boeuf, nous voilà tous charmés,
Par laquelle ton art est ce jour affirmé ;
La Muse tient ta main, qui jamais ne divague.

L’étable te convient plus qu’un vaste palais,
Car la simplicité, depuis toujours, te plaît ;
Tu es un Barde-Boeuf, ce n’est pas une blague.

Cochonfucius

Apothéose des ornithorynques

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Ornithorynques fiers, ce jour est votre fête ;
Car, ayant épuisé du monde les saveurs,
Vous quittez l’univers de bruit et de fureur
Pour accéder au ciel par une voie secrète.

Vous êtes libérés, bienheureux que vous êtes,
Des cent mille tracas qui vous brisaient le coeur ;
Tandis que votre corps gagne de la hauteur,
Votre esprit trouve en lui la concorde parfaite.

Si vous avez le temps, un jour, envoyez-moi
Une carte postale, une image où l’on voit
Un petit aperçu du pays d’Oute-Terre.

Si la chose n’était pas en votre pouvoir,
Ayez le souvenir de ce chant d’au revoir
Que compose pour vous un rêveur sédentaire.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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