Pour Jacques Grévin

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Toile de Christine Comis

Que demander au Ciel, mes amis ? Pas grand-chose:
Qu’il nous laisse exprimer un peu nos qualités,
Qu’il nous laisse entrevoir un éclat de beauté
Dans les nombreux objets dont le Tout se compose.

Pas besoin de miracle ou de métamorphose,
Le réel nous suffit, dans sa diversité ;
Un merveilleux parcours où notre liberté
D’innombrables façons en un jour se dispose.

La poésie a fait sortir de sa prison
La fille de l’esprit, la timide Raison.
Elle qui se croyait recluse en forteresse

Se plonge maintenant en Mer de Volupté.
L’effroi, en peu de temps par elle surmonté,
N’est plus qu’un souvenir en son coeur de déesse.

Cochonfucius

Scribe sous un saule

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Toile de Xiang Shengmo

Un reclus de folklore épris
Qui n’est ni savant ni prophète,
Sous un saule transcrit, de tête,
Quelques fables qu’on lui apprit.

Fables du beau temps, du temps gris,
De vent, de rumeur, de tempête ;
La ramure en est stupéfaite
Et le plan d’eau en est surpris.

Le récit au parchemin luit
Comme un lampyre dans la nuit,
Sous l’éclat d’une lune pure

Qui le fait voir aux végétaux ,
Quand ils viennent du fond des eaux
Pour un quart d’heure de lecture.

Cochonfucius

En grégorien dans le texte

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La structure indicible enveloppe un mystère
Auprès duquel languit plus d’un gai tourtereau ;
Ce dont on est certain, c’est qu’il n’est point austère,
Et qu’il est aussi doux qu’un petit lapereau.

J’entendis l’autre jour, au fond d’un monastère,
Les reclus en latin le chanter, tour à tour ;
Car le chant est au coeur de leur saint ministère,
Et le plus beau cantique est un hymne à l’amour.

Cochonfucius

Démon farceur

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Gravure de Hidemaro Kitagawa

Un démon gris surgit du noir enfer central
Dans le seul but de faire aux jardiniers des blagues.
Il noie le potager sous une immense vague,

Puis il dort au verger, improbable animal
Plus paresseux qu’un chat, incapable de mordre
Mais pouvant nous donner bien du fil à retordre.

Un seul homme parvient à nous l’exorciser :
Un vieux reclus qui a le look de Pierre Dac
Et qui verse au démon un litre de cognac.

Ne pourrait-on, d’ailleurs, un jour te baptiser,
Démon sans nom qui viens polluer nos cultures ?
« Non, répond-il : j’ai point le goût de l’aventure » .

Cochonfucius

Oiseau des versificateurs

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image de l’auteur

C’est un oiseau d’azur, c’est un buveur de vent,
Il aime aussi les pins dont il ronge l’écorce ;
Il évite de faire usage de sa force,
Il sait que c’est pénible et que c’est éprouvant.

Sa personnalité s’affirme au fil des ans,
Il peut rire aussitôt qu’une blague s’amorce ;
Il n’est jamais craintif quand les choses se corsent,
Il se rassure avec des dictons valaisans.

Ce n’est pas évident de le prendre en photo,
Puisque cela lui semble une intrusion brutale ;
Il fait une exception pour quelques vieux poteaux.

Les arbustes en mars ont retrouvé leur sève,
C’est là qu’il est heureux, dans sa terre natale ;
S’il en est éloigné, il y retourne en rêve.

Cochonfucius

Le vallon

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Toile de Ernst Ferdinand Oehme

Le vallon s’emplit de brume,
Il s’en emplit à vue d’oeil.
On dirait qu’il prend le deuil
Des rencontres que nous eûmes.

La vie a goût de bitume,
Tel le flot sur un écueil ;
Elle a froid dans son cercueil,
La grande âme que nous fûmes.

Les morts n’ont point d’âme soeur ;
Il leur faut penser sans tête
(Ceux qui à vivre s’entêtent).

Finie, pour eux, la douceur,
Fini l’éclat des guirlandes
Et l’odeur du pin des Landes.

Cochonfucius

Chiens d’azur

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Composition de l’auteur

Dix mille chiens d’azur font une procession ;
Ils s’en vont saluer une fraîche vestale,
Aboyant tout autour de sa maison natale
Et buvant, pour finir, un bon demi-pression.

La vestale applaudit cet hommage bénin.
Au plus brave des chiens, elle accorde une danse ;
Dans l’improvisation, les musiciens se lancent,
Sur un merveilleux fond de hurlements canins.

Cochonfucius

Grandeur de l’ambicygne

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image de l’auteur

J’ai vu cet animal remarquable, aujourd’hui,
Je me suis demandé si je n’étais pas ivre ;
C’est un énorme oiseau, plus blanc que n’est le givre,
Souvent, à son aspect, des prédateurs ont fui.

Les canards du bassin sont sans crainte de lui,
Car leur naïveté de la peur les délivre ;
Il mange leur poisson, mais il les laisse vivre,
Et personne n’ira lui chercher des ennuis.

Il écoute des oies l’étrange litanie,
C’est un être patient, personne ne le nie,
Il aime son prochain, je n’en suis pas surpris.

C’est un noble sans fief, sans maître et sans insignes,
Car de simplicité toujours il fut épris ;
J’ai le plus grand respect pour le bel Ambicygne.

Cochonfucius

Serpent dans une tour

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image de l’auteur

Dans la tour est blottie la bête serpentine,
Célébrant, nous dit-on, d’étranges rituels ;
Car c’est un noble prêtre, un chef spirituel,
La lumière envahit son âme adamantine.

Il a vécu jadis en un buisson d’épines,
Il préfère de loin son domaine actuel,
Des flamboyants vitraux l’éclat perpétuel
Lui faisant oublier son passé de rapines.

C’est un vaillant serpent, souple comme un roseau,
Dont les vieux compagnons forment un grand réseau,
Souvent mobilisés pour une même cause.

Cessant dorénavant de manger des oiseaux,
Il entend s’aiguiser des Parques les ciseaux
En se remémorant le parfum d’une rose.

Cochonfucius

Horloge

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Toile de Paul Kucziynski

Adam pour son jardin se bricole une horloge.
La lune et le soleil lui semblent capricieux ;
De nuages parfois se recouvrent les cieux
Que vainement alors le regard interroge.

Et dans cette machine où son génie se loge,
Il voit un vrai triomphe, un instrument précieux,
La belle solution qu’un Shadok audacieux
Trouve aux défis, s’il veut être digne d’éloges.

Mais cela fait du monde une foire d’empoigne,
Et du jardin natal, chaque jour on s’éloigne,
Par l’horloge abrutis du matin jusqu’au soir.

Ce n’est pas pour toujours, poète, prends patience,
De vivre sans horloge on trouvera la science :
Et nos nouveaux jardins seront plaisants à voir.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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