Horloge

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Toile de Paul Kucziynski

Adam pour son jardin se bricole une horloge.
La lune et le soleil lui semblent capricieux ;
De nuages parfois se recouvrent les cieux
Que vainement alors le regard interroge.

Et dans cette machine où son génie se loge,
Il voit un vrai triomphe, un instrument précieux,
La belle solution qu’un Shadok audacieux
Trouve aux défis, s’il veut être digne d’éloges.

Mais cela fait du monde une foire d’empoigne,
Et du jardin natal, chaque jour on s’éloigne,
Par l’horloge abrutis du matin jusqu’au soir.

Ce n’est pas pour toujours, poète, prends patience,
De vivre sans horloge on trouvera la science :
Et nos nouveaux jardins seront plaisants à voir.

Cochonfucius

Ville d’azur

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image de l’auteur

Le bleu des murs répond au bleu de l’Océan,
Quant à ses habitants, nul ne connaît leur nombre ;
Les uns sont des vivants, les autres sont des ombres,
Les palais semblent faits pour des hôtes géants.

Là sont des religieux, aussi des mécréants
Et quelques vagabonds dont le gîte est décombres ;
Des rires chaleureux et des paroles sombres,
Des murs fort élevés et des fossés béants.

En suivant les trottoirs, le voyageur s’étonne
Que la plupart du temps ne s’y trouve personne,
À de nombreux moments, la ville d’azur dort.

Les touristes s’en vont de cet endroit trop calme ;
Au village voisin ils s’assoient sous les palmes
Pour prendre à la terrasse un bon café bien fort.

Cochonfucius

Dragon d’apothicaire

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image de l’auteur

Ce dragon travaillant chez un apothicaire
Fabrique des potions de bonne qualité ;
Au grand chaudron de cuivre, il a parfois jeté
De verts rameaux de buis bénis par le vicaire.

Il fit d’autres essais, car il aime inventer
De savants élixirs de sagesse précaire ;
L’un de ces produits peut dissoudre le calcaire,
Un autre du destin changer la volonté.

Il n’a pas le moyen de guérir les psychoses,
Mais il a des projets qui sont en bon chemin ;
C’est affaire d’instinct, question de coup de main.

A-t-il les ingrédients pour une apothéose ?
Il lui manque pourtant la graine de vertu,
Pour la ravir il a vainement combattu.

Cochonfucius

Blasonnement incertain

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image de l’auteur

L’écu est de sinople à un drôle d’oiseau
Dont le chef, cependant, n’est pas reconnaissable ;
Le volatile est d’or et ses ailes de sable,
Je ne sais pas si c’est un pluvian des roseaux.

Sont-ce les armoiries du duc de Palaiseau
Ou celles d’un quidam, d’un bonhomme inclassable
Poursuivant chaque jour des buts inconnaissables,
Tel Noé se risquant, sans guide, sur les eaux ?

Brochant sur une branche, un porc de carnation.
Que représente-t-il ? L’esprit d’une nation,
Un corps immatériel, un miroir fatidique ?

Je ne sais pas pourquoi je songe au rossignol,
À l’Empereur de Chine et à Marcel Pagnol ;
Ou c’est, plus simplement, une farce héraldique.

Cochonfucius

D’après George Meredith

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Gravure de Gustave Doré

Dans la nuit étoilée s’éleva Lucifer,
Las de son noir royaume il monta, l’Ennemi,
Haut, loin du monde rond, nuageux à demi
Où se croient à l’abri les promis à l’enfer.

Menu fretin que nous pour lui, alors si fier ;
Tantôt sur son aile Ouest il s’était affermi,
Près du sable africain, puis son ombre parmi
Les neiges de l’Arctique assombrissait les airs.

Montant aux plus hauts cieux, la cuisante mémoire
Lui revint de son cri contre le roi de gloire,
A mi­-parcours, il voit les étoiles au ciel

Formant l’Esprit de Dieu. A leur vue, il s’écroule.
Bien en rangs, et au pas, au vieux chemin s’écoulent
Les sections de l’armée du pouvoir éternel.

Cochonfucius

Sanglier d’azur

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image de l’auteur

C’est un vieux sanglier, ce n’est pas un frimeur,
Il ne sera brutal que si tu le déranges ;
Souvent tu peux le voir se vautrer dans la fange
Quand il n’est point au val un paisible dormeur.

S’il trouve sa provende, il est de bonne humeur,
Il peut même parfois manger des fruits étranges ;
Son père lui disait «Qu’importe ce qu’on mange,
Bénissons les humains qui sont de bons semeurs.»

Jamais un sanglier ne fait la fine bouche,
Même, il est stimulé par des mets un peu louches ;
Manger quelques rebuts, cela n’est rien de vil.

Je veux te ressembler, animal sans entraves,
Si je n’y parviens point, ce n’est pas vraiment grave ;
Mais j’en ai juste assez d’être toujours subtil.

Cochonfucius

Loup de gueules

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image de l’auteur

Très respecté par les hommes des bois
Pour sa douceur et son âme orpheline,
Le grand loup rouge, au milieu des collines,
S’en va, s’en vient, cherchant je ne sais quoi.

Quand il est seul, il chante à faible voix,
Cela produit des notes cristallines ;
Nous admirons sa démarche féline
Et ses galops d’animal aux abois.

Vers l’horizon, la ville est assoupie ;
Les citadins bavards comme des pies
Ont terminé leur parcours nonchalant.

Est-ce l’hiver, est-ce encore l’automne ?
La lune est froide et le loup s’en étonne ;
Vers sa tanière il retourne à pas lents.

Cochonfucius

Miroitement

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image de l’auteur

Le lion et ses reflets dansent dans la prairie,
Je n’ai jamais vu ça, je n’en crois pas mes yeux.
Un mouton, d’ordinaire, est présent en ce lieu,
Mais il reste, aujourd’hui, près de la bergerie.

Des oiseaux de sinople, où le vent les charrie,
Traversent le pays, criant à qui mieux mieux.
Vers ce beau pâturage, ils descendent des cieux,
On dirait que leur chair est grassement nourrie.

Un reflet s’agrandit, se déforme et se tord,
Un oiseau vert sursaute et pousse un cri de mort
Qu’un vieil arbre perçoit au profond de sa sève.

Tais-toi donc, dit le lion, nous aurions des ennuis ;
L’oiseau, perdant sa voix face au reflet qui luit,
Prend son cap sur le nord, et dans les airs s’enlève.

Cochonfucius

Barque mélancolique

barque

Toile Henri Lebasque

Fille du roi voguant sur une mer immense,
Une planète au ciel semble aller à rebours,
Environnée de brume et de nuages lourds ;
Les animaux marins observent le silence.

« Fille du roi, pourquoi cette improbable errance ?
Les embruns ont blanchi ta robe de velours
Et ton âme a regret des pages de la Cour ;
Bien frêle est ton esquif sur la vague qui danse. »

La demoiselle a dit :  « La mer n’est pas méchante,
Sauf certains jours, bien sûr, quand la sirène chante ;
Mon coeur à cette voix est déjà presque sourd. »

« Es-tu en train de fuir un impossible amour
Avec un vieil évêque, ou un jeune tambour ? »
«  Non. J’aime dériver dans cette barque lente. »

Cochonfucius

prairiekittin

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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