Bouddha-coq

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Image de l’auteur

Voici le Bouddha-coq, absent des grandes villes ;
On le trouve surtout dans les déserts lointains,
Il peut vive longtemps sans parler aux humains :
Il les trouve gentils, mais quelque peu serviles.

Jamais il n’accomplit le plus petit miracle ;
Simple est son ordinaire, et sa vie sans apprêts.
Il voyage parfois vers les sombres forêts,
Écoutant, des grands pins, l’indéchiffrable oracle.

Il ne connaît ni roi, ni juge, ni bourreau,
Il ne fréquente pas la troupe des faussaires ;
Et son regard ne craint pas le moindre adversaire,
Ni les sabres, parfois surgissant des fourreaux.

Cochonfucius

Sagesse d’une feuille

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image de l’auteur

Un bref instant, je fus créature volante,
Je n’ai pas d’illusions, c’était un vol contraint ;
Maintenant je m’endors, et la terre m’étreint,
Je peine à formuler ma pensée somnolente.

Mes ancêtres ont vu les jardins des Atlantes,
Platon décrit la chose en de nobles quatrains ;
Puis, quand ces citoyens furent dans le pétrin,
La lune leur a dit des phrases consolantes.

Dormir en cet endroit, c’est tout ce que je veux,
Mais j’ai quelques regrets, je vous en fais l’aveu,
De n’avoir pas été emportée par la Seine.

Je songe à tous ces lieux que je ne connais pas,
À mille végétaux d’ici ou de là-bas ;
Je sais, au fond de moi, que ma sagesse est vaine.

Cochonfucius

Ayez pitié

ayez

Dessin de Cochonfucius

« Ayez pitié ! », dit la grenouille.
Le Maître dit : « Ne craignez point,
Je ne suis qu’un mangeur de nouilles,
De vous convoiter je suis loin. »

« Ayez pitié ! », répète-t-elle.
Le Maître dit : « Je vous l’ai dit,
D’une créature mortelle,
Manger la chair m’est interdit. »

« Ayez pitié ! ». Il s’impatiente
Et se saisit de son bâton ;
Alors la grenouille volante
Prend l’air, et rentre à la maison.

kongzixiang

Cochonfucius

Une grenouille est partie à la guerre

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Peinture chinoise

Une grenouille est partie à la guerre,
Bien téméraire
Et sans souci.
De son amant la peine fut profonde :
“Ma vagabonde,
Reviens ici”.

La grenouille a remporté la victoire,
Voici la gloire
Sur le pavois.
Le pauvre amant qui n’a point de nouvelles
Se languit d’elle
À pleine voix.

Grenouilles, ne partez point pour la guerre,
C’est la misère
Pour vos amants.
Vos chers parents auraient dû vous le dire :
Nul mal n’est pire
Qu’un tel tourment.

Cochonfucius

Grenouille ordinaire

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image de l’auteur

Cet animal est de vert coloré,
Du même vert que toutes ses pareilles ;
Elle entend par d’invisibles oreilles,
Même un insecte en train de murmurer.

Quand elle a pu de mouches s’emparer,
Elle digère à l’ombre d’une treille ;
Indifférente à la salsepareille,
On ne la voit jamais en préparer.

Ces animaux bien rarement se battent,
Presque jamais ne se font acrobates ;
Aucun d’entre eux ne veut nous étonner.

Au marécage on les trouve fidèles,
N’imitant point le vol des hirondelles ;
C’est un destin simplement ordonné.

Cochonfucius

Ambition d’un nouveau pont

abos

image de l’auteur

Ce pont veut rapprocher les deux rives du monde,
Où sont de beaux jardins et de nobles cités ;
Chaque lieu par sa rive étant délimité,
Tous les moyens sont bons pour traverser les ondes.

Des deux côtés l’on voit des provinces fécondes,
Des habitants prenant un plaisir mérité ;
Mais s’il faut les unir, sous quelle autorité,
Eux qui sont séparés par cette mer profonde ?

Poséidon peut-il prendre la chose en main ?
Et quel est son avis sur ce nouveau chemin ?
Voudra-t-il être élu dans une république ?

Laissons cette question, prenons de la hauteur,
Mettons-nous à bâtir des routes angéliques
Pour glisser sans effort par-dessus l’Équateur.

Cochonfucius

Vieux récit

sermon

Toile de Heinrich Bloch

Le dit du charpentier n’est point une romance
Qu’on se réciterait en buvant du vin blanc ;
C’est un sombre récit qu’on évoque en tremblant,
Et qui ne finit point aussi bien qu’il commence.

Un prophète perdu sur cette Terre immense,
Exposé dès l’abord aux sarcasmes mordants :
Il insista, disant bienheureux les perdants,
Et que lève le blé quand se meurt la semence.

Un peuple se nourrit de ses fables, toujours,
Et des imprécations du dernier de ses jours,
Quand un larron douta de ses dons prophétiques ;

J’en appris autrefois, dans un livre, en latin,
(D’autres vont préférer le grec de Constantin),
Et je me les récite, au soir, sous les portiques.

Cochonfucius

Nef d’Entre-Deux-Mers

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image de l’auteur

Une modeste nef, un modeste équipage
Sur les limpides flots bordant l’Entre-Deux-Mers ;
Un tonneau de vin rouge est souvent du voyage,
Plaisant à déguster au petit matin clair.

Plus d’un marin du bord s’y connaît en cépages,
C’est affaire de goût, c’est affaire de flair ;
Nous les voyons passer, quand l’automne est dans l’air,
Auprès de la taverne où vont boire les pages.

Ces enfants monteront aussi sur cette barque,
Depuis déjà longtemps ne buvant plus de lait ;
Sur un fleuve et sur l’autre ils laisseront leur marque.

Le rhapsode est semblable au marin de Garonne
Qui lentement navigue, et boit quand ça lui plaît ;
Habile à survoler tout ce qui l’environne.

Bouvier des minotaures

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image de l’auteur

C’est un bouvier farceur, un raconteur d’histoires,
S’il va boire en taverne il est sur son terrain ;
Le sang du charpentier dans sa coupe d’airain
Fait glisser son esprit vers des rêves de gloire.

L’aubergiste, pensif, regarde l’homme boire,
Et la pendule dit son éternel refrain ;
Aux tables on entend des blagues de marins,
Car ce troquet n’est point le lieu des idées noires.

Dionysos n’est pas loin, il a béni ce lieu,
Accordant aux buveurs une langue éloquente,
Même à celui qui lit des livres de brocante.

Nul n’est indifférent au culte de ce dieu
Qui seul nous réconforte au long des nuits sereines
Et donne à la serveuse une voix de sirène.

Cochonfucius

Pour Jules Breton

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Toile de Jules Breton

Voici de l’aube la pâleur
Où le paysage se brouille.
Au loin s’envole une grenouille,
Je ne sais de quelle couleur.

Au vert pâturage, une fleur
A ses pétales qui se mouillent.
Un arrosoir au jardin rouille,
On dirait qu’il verse des pleurs.

Mon âme est à peine éveillée.
Le potager sent la feuillée ;
C’est un temps de léger repos.

Grenouille survolant la terre,
Tu es prise par les crapauds
Pour un archange solitaire.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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