Le canard du Duc

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Malgré mon plumage bien terne,
Je ne suis pas sur le déclin ;
Je suis vif et je suis malin,
Ma cervelle n’est pas en berne.

Nul devant moi ne se prosterne,
Pas même l’humble pangolin ;
Mais j’ai mon portrait sur vélin
Dans une royale taverne.

J’appartiens à Monsieur le Duc,
Maître de l’Ordre de saint Luc,
Qui du Pape embrassa la mule.

Bien plus noble que mes pareils,
Je resplendis, tel un soleil
Qui jamais ne se dissimule.

Cochonfucius

 

 

Lenteur d’un messager

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Tu m’attendras deux ou trois jours,
Car ma démarche est malhabile ;
Je suis faible, je suis fragile,
Moi qui ne vole ni ne cours.

Même quand les trajets sont courts,
Je les trouve un peu difficiles ;
Même quand je suis immobile,
Mon corps me paraît un peu lourd.

Comme les animaux des fables,
J’ai des sentiments ineffables ;
Mais tu n’en as jamais rien su.

J’ai peur du temps et de l’espace,
J’ai peur de chaque ombre qui passe ;
N’épiloguons pas là-dessus.

Cochonfucius

Vieux reptile

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Je touche à la fin du voyage,
Car je n’ai plus guère d’entrain ;
Je ne le veux ni ne le crains,
Car c’est notre commun partage.

Ma vie fut-elle un gaspillage ?
Sur ce point, le doute m’étreint ;
Cependant je reste serein,
Je trace mon dernier sillage.

J’écoute mon vieux coeur battant ;
Il a travaillé bien longtemps,
Faudra-t-il qu’encore il s’escrime ?

Disparaîtra mon univers,
De terre je serai couvert ;
Se tairont ma prose et mes rimes.

Cochonfucius

 
 

Oiseau de malheur

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Cet oiseau se sent sombre et laid,
Car il se nourrit de tristesse ;
Il se croit con comme un balai,
Il se le reproche sans cesse.

Lui qui jamais n’eut de maîtresse,
Aucune oiselle ne lui plaît ;
Nous le voyons vieillir seulet,
Interminable est sa détresse.

Foin de cet oiseau de malheur,
Son existence est sans valeur ;
Nous n’allons pas en faire un drame.

Il est chétif, il est peureux ;
Il fait des jeux de mots foireux,
Sa cervelle pèse trois grammes.

Cochonfuicus

Chandelle sans miroir

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Je ne sais quand je vais m’éteindre,
Car l’avenir nous est caché ;
Rien ne sert de se retrancher,
Sachons que le pire est à craindre.

Les lois qui ne peuvent s’enfreindre,
Il vaut mieux ne pas y toucher ;
Je n’ai plus rien pour m’accrocher,
Je n’ose même pas me plaindre.

Ma sagesse n’est que folie,
Que réminiscences malsaines ;
Qu’importe, je n’ai qu’une vie.

Bon, ces quelques lignes sont vaines,
Quelques délires s’y rassemblent ;
Rien de grave, à ce qu’il me semble.

Cochonfucius

Roi de grisaille

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Je suis des nuages le maître,
Je les gouverne sagement ;
Ils me saluent en se formant,
Car c’est moi qui les aide à naître.

Le vent du Nord n’est pas un traître,
Il honore le firmament ;
Je lui en fais mes compliments,
Dont il adore se repaître.

Il est vigoureux, cette année,
Il chante en traversant les cieux,
Il ne craint ni diable ni Dieu.

Je rêve dans les bois ombreux,
Disant des phrases surannées ;
N’y voyez rien de ténébreux !

Cochonfucius

Le roi Renard

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« Mes braves sujets, approchez :
Je suis le meilleur roi du monde ;
Je suis ferme comme un rocher
Et doux comme une bière blonde. »

Quelques corbeaux effarouchés
Captèrent de mauvaises ondes ;
Ils allèrent donc se cacher
Dans une caverne profonde.

« Qu’importent ces oiseaux pédants,
Ces râleurs, ces mauvais perdants !
Qu’importe leur retraite obscure ! »

Le roi sur son trône de fer
Avait une pêche d’enfer,
Tout en ne manquant pas d’allure.

Cochonfucius

Une porte

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La ville est de murs abritée,
Le calme règne en cet enclos ;
L’argent n’y coule pas à flots,
La foule n’est pas agitée.

La porte se dresse à l’entrée ;
Elle n’arbore aucun drapeau,
Mais un élégant chapiteau
En pierres de notre contrée.

Au ciel d’orage noircissant
Sont des éclairs éblouissants ;
Mainte démone en est ravie.

La nuit vient, la porte s’endort,
Les citadins vivent leur vie ;
Au moins, ceux qui ne sont pas morts.

Cochonfucius

Soleil gris

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Cet astre n’a qu’un tiède feu,
Timide et faible est sa lumière ;
Son grand corps retourne en poussière,
Il s’illumine comme il peut.

Il est faible, car il est vieux,
Bientôt s’éteindra sa chaudière ;
Il rejoindra le cimetière,
Il dormira, ça vaudra mieux.

Il s’essouffle, sa vie s’envole,
Il ne dit aucune parole ;
Il part, sans la grâce de Dieu.

Il se souvient de ses ivresses,
Du plaisir qu’il eut dans les cieux ;
Il reste roi de sa détresse.

Cochonfucius

Silence aquatique

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Ce poisson détient la sagesse,
Il sait qu’il n’est pas immortel ;
Il dit des mots sacramentels
Qu’on lui apprit dans sa jeunesse.

Il n’a ni femme ni maîtresse,
Sa libido manque à l’appel ;
Il accepte ce sort cruel
Du haut de sa grande noblesse.

Il rêve, il se promène, il boit ;
De plusieurs sirènes, les voix
Viennent enchanter ses oreilles.

Il admire leurs beaux cheveux ;
D’ailleurs, il leur en fait l’aveu,
Il leur dit qu’il s’en émerveille.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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