Temple pauvre

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Ici, rien de mirobolant,
Pas de vitraux et pas d’icônes ;
Pas de Créateur sur son trône,
Pas d’encensoir aux fiers relents.

Je vois un démon corpulent
Qui n’a point la grâce d’un faune ;
Il porte une soutane jaune
Et longe les murs, à pas lents.

Qui prend soin de cette chapelle ?
Un gars qui fuit quand on l’appelle,
Un boit-sans-soif, un scélérat.

Sur l’autel, quatre fleurs fanées ;
Les a jadis abandonnées
Celle qui point ne reviendra.

Cochonfucius

Baptême d’un dragon

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Mes trois parrains sont les Rois Mages,
Trois grands porteurs de vérité ;
La colombe en son doux ramage
Dit qu’ils n’ont pas démérité.

Un diable vint me rendre hommage,
Qui savait assez bien chanter ;
Mais que je sois à son image,
Ce n’est pas vrai, c’est inventé.

Sur l’autel on tue des victimes,
On leur rend cet hommage ultime ;
Des anges dirigent les choeurs.

Mon trépas sera mon baptême,
Ne prends donc pas ton air moqueur ;
Pense à trouver des chrysanthèmes.

Cochonfucius

Fantôme d’un pont

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Auprès du quai de Paludate,
Tu peux voir un vestige flou ;
Un pont ici se tint debout,
Je ne sais jusqu’à quelle date.

Oeuvre d’un architecte fou,
Il menait au quai Sainte-Agathe ;
Il a vu passer cent frégates,
Dont une en route vers Corfou.

Il surgit par petites touches
À l’heure où le soleil se couche ;
J’entends un passant fredonner.

Devant le ciel couleur de flamme
Tremble ce spectre abandonné ;
Vieux ponts, avez-vous donc une âme ?

Cochonfucius

Ange invisible

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Ma transparence est plutôt belle,
Que j’obtins sans faire d’efforts ;
Je ne possède aucun trésor,
Sinon ma sagesse éternelle.

Je suis une forme immortelle,
Bien à l’abri des coups du sort :
Le vide me tient lieu de corps,
Telle est ma loi surnaturelle.

Puisque j’échappe à ton regard,
Tu dois te montrer plein d’égards ;
Ma demande n’est pas risible.

Aime-moi jusqu’à ton trépas,
Je sais que cela t’est possible
Et que tu n’y manqueras pas.

Quartefeuille de mars

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Revient le temps de la splendeur,
Le printemps règne en nos domaines ;
Avec plaisir on s’y promène,
Les actifs comme les glandeurs.

Les plantes sont pleines d’ardeur,
Elles envahissent les plaines ;
Les vents sont de douces haleines
À la pétillante verdeur.

Le ciel ne nous menace guère,
Le froid ne nous fait plus la guerre ;
Soyons heureux, frères humains.

Reviendront les heures amères
Où trépasseront les chimères ;
Mais cela n’est pas pour demain.

Cochonfucius

Poisson qui danse

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Je suis un espadon galant,
Hôte des profondeurs obscures ;
Les plaisirs que je me procure
N’ont jamais rien d’ambivalent.

Fort vif, sans être turbulent,
Je multiplie les aventures ;
Pour mille amours, mille ruptures,
Mon coeur sourit en s’envolant.

Où serai-je, dans l’avenir ?
Ces beaux jours, quand vont-ils finir ?
Me verras-tu verser des larmes ?

L’eau de la mer, comme un bon vin,
Donne à nos jours un certain charme ;
Tous les malheurs frappent en vain.

Cochonfucius

Oiseau bavard

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Je parle, je ne suis pas sage,
Je suis un emplumé ringard ;
Ce qui se lit dans mon regard,
C’est l’ignorance chronophage,

Toujours je veux être à la page,
Je multiplie les avatars ;
J’ai toujours un train de retard,
Je n’évite aucun dérapage.

Ça ne me rend point pessimiste,
Ni aucunement alarmiste ;
Ou alors, c’est subliminal.

Je suis beau, je suis admirable,
Peut-être, aussi, fort désirable ;
Ou du moins, très original.

Cochonfucius

Rongeur vert

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Tous mes aliments, je les ronge,
Car je suis expert en cet art ;
Je le dis, sans être vantard
Et sans me livrer au mensonge.

Dans les grands coffres je me plonge
Ainsi que dans quelques placards ;
J’y vois du fromage, du lard,
Et même de vieilles éponges.

Jamais je ne suis démuni
Quand la taverne de Cluny
M’ouvre sa cave à voûte haute.

Je la dévaste, sans merci ;
Tavernier, fais-toi du souci,
Pour cette nuit je suis ton hôte.

Cochonfucius

Coups de plume

image de l’auteur

L’encre noire, le papier blanc,
Les mots qu’enseigne la coutume ;
L’encrier danse avec la plume,
Le texte déroule son plan.

Rien de cruel, rien de brûlant,
La gravité sans l’amertume ;
Les mots de la Dame de Brume
Calment le scribe turbulent.

Derrière l’écrit, des pensées
Qui par l’auteur sont dépensées
Pour habiller ces quelques vers.

Peu de vérités éternelles,
Des plaisanteries fraternelles ;
C’est notre modeste univers.

Cochonfucius

Planète amorphe

image de l’auteur

Ma substance est quelque peu molle,
Qu’on voit faiblement se mouvoir ;
Je suis maudite, on peut le voir,
Plus gluante qu’un pot de colle.

Si j’en parle d’un ton frivole,
C’est pour tromper mon désespoir ;
Cette chose est en mon pouvoir,
Car on me l’apprit à l’école.

Ces gens qui leurs dieux vont louant
Et leurs chapelets secouant,
Je dis qu’ils sont de la poussière.

Poussière ou colle, tout est bien,
Que ce soit quelque chose, ou rien ;
L’apôtre en chef est une pierre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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