Planète des aliénés

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Ici, quelques primates fous ;
Ils ont des manières humaines,
Ils chantent comme des Papous,
Ils délirent, ils se promènent.

Ils ne travaillent pas du tout,
Ils se baignent dans leurs fontaines ;
En taverne ils vont boire un coup,
Pas plus de sept fois par semaine.

Eux, si faibles et démunis,
L’adversité les désunit ;
Ils sont perdus, ils sont en panne.

Je leur verse encore du vin ;
Ils m’abreuvent de propos vains
Et dans l’ombre un démon ricane.

Cochonfucius

Silence d’une grenouille

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Je me tais, je rêve et je pense,
Je médite sur l’infini ;
Le soir, quand le ciel se ternit,
Je contemple l’impermanence.

Ma sagesse est loin d’être immense,
Mais avec l’âge, elle grandit ;
Des mots qu’autrefois j’entendis
Viennent traverser mes silences.

Je progresse sans me presser,
J’évite ainsi de me stresser ;
Je vis ma vie en pente douce.

Même s’il est question d’amour,
Cela se fait pouce par pouce ;
Nulle hâte au long du parcours.

Cochonfucius

Printemps des morts

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Avril veut que chacun sourie,
Sauf, cependant, les disparus ;
L’éclat du soleil s’est accru
Et les pelouses sont fleuries.

Au cimetière un rêveur prie,
Parlant à des dieux inconnus ;
Son coeur voudrait se mettre à nu
Devant Notre Dame, Marie.

À la chapelle on brûle un cierge,
Il y plane des âmes vierges ;
C’est bientôt le Printemps des Morts.

Au jardin les fleurs sont écloses,
Toute vigueur quitte mon corps ;
Vient un silence, fin des gloses.

Cochonfucius

Grenouille grise

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Je ne suis rose ni bleutée,
Moi qui n’ai rien d’éblouissant ;
Mon teint n’est pas trop ravissant,
C’est de la grisaille floutée.

Ma grise mare est habitée
Par quelques poissons languissants ;
Je vois leurs corps se flétrissant
D’une misère imméritée.

Je rêve en attendant la mort,
N’ayant guère soin de mon corps ;
Ma vie fut une triste fable.

Les ans sont courts, les jours sont longs,
Mon coeur semble être fait de plomb ;
Je meurs de langueur ineffable.

Cochonfucius

Royal fantôme

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Je suis en dérive éternelle,
Mais cela n’est pas un tourment ;
Car je circule lentement
Parmi des formes qui sont belles.

Ce sont de vives étincelles
Surgissant à chaque moment ;
Je les poursuis farouchement,
Ces évanescentes pucelles.

Ces moments sont du plaisir pur;
Comme un rêve, comme une danse ;
Je les ai mérités, bien sûr.

Je savoure l’Impermanence,
Y compris son côté obscur ;
Je me délecte en mon errance.

Cochonfucius

Fleur modeste

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M’ouvrant du jour au lendemain,
Je ne sais pas si je suis belle ;
La rose est vraiment sûre d’elle,
Dans son bel habit de carmin.

Je découvre ce vieux jardin,
J’y suis la petite nouvelle ;
Sur d’autres fleurs je prends modèle,
Car je voudrais plaire aux humains.

Un oiseau survient, très poli,
Qui dit un poème joli ;
Puis à la fontaine il va boire.

Un autre oiseau lance son cri
Qui ne peut guère être décrit ;
Il m’aime aussi, j’ose le croire.

Cochonfucius

Fruits magiques

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C’est un miracle saisonnier,
Cela semble issu d’un poème ;
De beaux fruits mûrs, comme on les aime,
De quoi remplir douze paniers.

Le serpent les goûte en premier,
Par ordre de l’Être Suprême ;
Il attend la fin du carême
En tournant autour du pommier.

Un vieil archange prend sa lyre ;
Quelques insectes en délire
Improvisent des mots d’esprit.

Plusieurs parts sont pour les chimères,
Cela rend leur vie moins amère
Et ce bonheur n’a pas de prix.

Cochonfucius

Héros confus

image de l’auteur

Je suis sans terre et sans avoir,
Ma vie n’est pas bien agencée ;
Ténébreuses sont mes pensées,
Grises mes heures, froids mes soirs.

Je m’habitue au désespoir
Dans cette existence effacée ;
Je remue des choses glacées
Au fond d’un sinistre couloir.

Je compose ce sonnet morne ;
Dans cette déprime sans bornes,
La frayeur s’empare de moi.

Monde de tristesse éternelle,
La mort s’y tient en sentinelle ;
Pas de quoi se mettre en émoi.

Cochonfucius

Le livre du moine

image de l’auteur

Au fond d’un décor bucolique,
C’est un vieux moine, il ne fait rien ;
Un petit livre est son seul bien,
Rempli de mots mélancoliques.

Ici, nul texte satirique,
Mais la rime, comme elle vient ;
Les mots entre eux tissent des liens,
Souvent de nature onirique.

Ainsi qu’un soldat désarmé,
Cet anachorète est timide ;
Je vois ses grands yeux se fermer.

Les matins de ce cloître humide
Bien longtemps se répèteront ;
Des rides naîtront sur ce front.

Cochonfucius

Oisif bipède

image de l’auteur

J’ai de fort paisibles manières,
Je suis un tranquille glandeur ;
Jamais un rêve de grandeur
Ne germera sous ma crinière.

Ainsi qu’une lente rivière,
Ma vie coule au petit bonheur ;
Je ne suis pas couvert d’honneurs,
Ni guidé par aucun bréviaire.

Je suis faible, car je suis vieux,
À la retraite, et c’est tant mieux.
Ma substance est bien peu durable.

De ce sonnet je suis l’auteur,
Et d’autres textes comparables ;
Un très modeste créateur.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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