Émaux et métaux dragonnesques

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image de l’auteur

Le dragon de sinople un hymne chantera,
De gueules, vieux dragon, les notes t’en reviennent;
Le dragon d’or verra du foot en Haute-Vienne
Où le dragon d’azur le score annoncera.

Dragon de carnation, la Foi tu recevras,
Et toi, dragon de vair, tu trouveras la tienne ;
Dragon de sable, afin qu’un ange te soutienne,
La parole de Dieu ton âme affermira.

Nobles sont les blasons de ces dragons de gloire ;
Quand ils ne seront plus, nous en aurons mémoire,
Et même, nous boirons des coups à leur santé.

Dans ce vaste univers où les monstres abondent,
De vous avoir aussi nous sommes enchantés,
Vous dont le coeur connaît les cieux et l’inframonde.

Cochonfucius

Le cochon et le dictionnaire

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Dessin de John Leech

Un cochon, par hasard, trouvant un dictionnaire,
Lut, pour se divertir, le sens de chaque mot.
Ce n’était point, dit-il, au pouvoir d’un chameau !
Mon potentiel, vraiment, est révolutionnaire.

Si je passe un concours, je serai fonctionnaire,
Pas question que l’on morde à mes deux jambonneaux,
Ainsi que fut Gollum au Seigneur des anneaux,
De bestiau je deviens un humain débonnaire.

Le paysan survient, et son couteau pointu,
Et dit à son cochon : il est temps, le sais-tu,
Que ta chair soit pour nous de bonne nourriture.

Le cochon lui répond, d’un ton plein de douceur,
Qu’il est fier de nourrir ses frères et ses soeurs,
Partageant avec eux sa si vaste culture.

Cochonfucius

Saisons

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Toile de Yuri Yarosh

Au jardin danse l’herbe,
Esther le soir y vient
Tracer des mots superbes ;
Elle les choisit bien.

Au jardin vit la fleur,
Esther y papillonne ;
Qu’importe la douleur,
L’amour fait la vie bonne.

Au chemin du bonheur,
Esther montre la route,
Et le barde rêveur
En souriant l’écoute.

Cochonfucius

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Aphorisme esthérien
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La mort décime
L’âme, hors des cimes.

Faucon d’azur

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image de l’auteur

C’est le faucon d’azur, seigneur de la rivière,
Qui attend patiemment que revienne l’été ;
Quand les lapins le voient, ça les fait sursauter,
Ils plongent dans leur trou, la tête la première.

Son coeur est implacable et son allure est fière,
C’est un charmant rapace, un oiseau de beauté ;
Mais quand un lapereau est par lui transporté,
C’est le moment pour lui de dire des prières.

Il a parfois servi les chasseurs de l’Empire,
Une princesse au loin pour ses beaux yeux soupire;
Mais le gendre du roi ne peut être un oiseau.

Beau seigneur emplumé, plus d’un marquis t’envie,
La nature jamais ne te fut ennemie ;
Une plume ornera ton auguste tombeau.

Cochonfucius

Relecture

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Toile de Magritte

Je relis tous mes vers. Ils me viennent de toi.
Ces trois ans d’illusion , ce n’est point là le pire…
Mais avant ce temps-là, j’étais un triste sire
N’ayant jamais reçu leçons d’amour courtois.

Je relis tous mes vers. Je ne sais si c’est moi
Qui ai construit ce flot de texte qui soupire…
Est-ce moi, cet auteur qui brûle et qui transpire
Comme avaient transpiré les bardes d’autrefois ?

Enivré de sonnets dans cette vaste plaine
Où j’attends de mon train la silencieuse haleine,
De ce duo de vers, toujours inassouvi,

Je n’ai point aujourd’hui ressenti de fatigue
En déposant ici ma parole prodigue
Que déchiffre à présent un lecteur assoupi.

Cochonfucius

 

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image de l’auteur

Une nouvelle année qu’il nous va falloir vivre ;
Nouveaux cadeaux du sort, qui parfois ont leur prix,
Puis quelques occasions d’exercer nos esprits,
Ou d’achever un litre, ou d’acheter un livre.

Le firmament d’argent, ou de pourpre, ou de cuivre
Nous enverra, le soir, ses signaux incompris ;
Tout ce que nous aurons par courage entrepris
Sera mené à bien, ou devra se poursuivre.

Que nos navigations suivent la juste carte,
Et que la nef jamais vainement ne s’écarte
Malgré les faux appels des malicieux ondins.

Tous ces bons lendemains, c’est ce qu’ici vous souhaite
Comme il fait chaque année, un apprenti poète
Qui voit le beau soleil sur son humble jardin.

Cochonfucius

Chinese animals,
More than five dozen for me,
Just counting my years.

Sans morale

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Bestiaire traditionnel de Chine

Un poète voudrait savoir pourquoi mes fables
Sans morale ont paru chez de bons éditeurs.
Princesse, me vois-tu en moralisateur ?
Ça ne m’arrive point, ni quand je suis à table,

Ni dans mon lit douillet ; morales redoutables,
Je suis depuis toujours votre humble débiteur,
Je connais ce domaine, en tant que visiteur,
Je n’y puis séjourner de façon sûre et stable.

La fable, sous ma plume, est tout juste une histoire.
J’en propose à ce jour un faible répertoire,
Moins que d’arbres au clos d’un pauvre jardinier.

Lecteurs, si vous voulez que mes animaux vivent
Des récits où le mal reçoit punition vive,
Rien n’empêche qu’ainsi vous les imaginiez.

Cochonfucius

Jardin de livres

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D’innombrables auteurs j’accepte l’influence ;
Qu’ils aient de l’enthousiasme ou bien de la froideur,
Je capte leurs clins d’oeil, j’admire leur vigueur,
J’aime les beaux effets d’une plume qui pense.

Que de fois je les ai suivis, dans le silence
D’une soirée paisible, éloignée du labeur,
Explorant avec eux les noires profondeurs
Où, ravi de plonger, l’esprit joyeux s’élance !

En pensant aux chemins qui me furent ouverts
(Et même, aux raccourcis par chance découverts),
Je dis : Ces vieux auteurs sont une bonne école.

Je les suivrai longtemps, sans trop m’en écarter,
Heureux dans ce jardin qu’ils surent enchanter,
Où j’ai ma place aussi, celle d’une herbe folle.

Cochonfucius

Le ciel

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Toile de Giorgio de Chirico

Parce qu’il a parlé au meurtrier d’Abel,
On croit que le ciel parle. Incertaine est la chose.
Sur des récits anciens nos convictions reposent,
Sans réponse, souvent, sont restés nos appels.

Et l’épouse de Lot, changée en tas de sel,
(L’histoire est racontée en excellente prose),
Prodiges d’autrefois venant plaider la cause
D’un tout-puissant Seigneur, parfois un peu cruel…

Je comprends que toujours, des apprentis prophètes
Abreuvant de sacré leur âme stupéfaite
Veulent répercuter les divines rumeurs ;

Mais je ne cherche pas, dans le temps qui me reste,
A recevoir l’avis d’un messager céleste :
Je me contenterai de mes mots de rimeur.

Cochonfucius

 

 

Fleur de fin d’automne

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image de l’auteur

La fleur de fin d’automne émerge du Chaos,
Elle qui a grandi sur le bord d’un cratère ;
Rien n’égale en beauté cet être solitaire,
Ni l’or des profondeurs, ni les astres d’en haut.

D’une lyre magique elle entend les échos,
Frais comme l’air qui passe et l’eau qui désaltère ;
Le mage musicien garde les pieds sur terre,
Lui qui danse en mesure et chante sans repos.

Cette terre jadis a vu des incendies
Dont elle est, à présent, tout à fait refroidie ;
Le tapis végétal est bien recomposé.

La fleur de fin d’automne apprécie le silence,
Car les vivants ici nulle clameur ne lancent ;
À la méditation leur coeur est disposé.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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