Chambre d’hôtes

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Extrait d’une image Wikimedia Commons

Camper, tels deux oiseaux, sous la voûte ogivale
Du Panthéon offert à nos corps pour la nuit ?
Y reposer, songeurs, sans parole, sans bruit
Comme deux escargots en torpeur estivale ?

Mais serait-ce vraiment une chose loyale ?
Quel en serait l’enjeu, quel en serait le fruit ?
Bon, d’accord : fantasmer, parfois, en rien ne nuit.
C’est, de la poésie, la condition natale.

Quelques rares passants, suivant la rue Soufflot,
Y feraient de leurs pas entendre la cadence,
L’averse, sur les toits, s’écoulerait à flots.

Nous savons, désormais, la valeur du silence ;
De notre partition, c’est le plus bel accord,
Comme l’obscurité fait le plus beau décor.

Cochonfucius

 

 

Ambiloup

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image de l’auteur

C’est un brave animal, ce n’est pas un fripon ;
Jamais il ne rugit, jamais il ne se cabre ;
Si tu le vois passer, ne brandis pas ton sabre,
Mais tu peux lui offrir des cuisses de chapon.

Nous avons découpé son profil en crépon,
Cela pour décorer la salle des palabres ;
Il est couleur d’azur et couleur de cinabre,
Le cadre qui l’abrite est en bois du Japon.

Je vois déambuler l’ambiloup sous les astres,
Je sais que sa présence éloigne les désastres;
Et nous ne serons point engloutis sous la mer.

Il est beau quand il dort, il est beau quand il bouge,
Il peut mordre la lune, il peut manger du fer,
Jadis il fut copain du fier Rackham le Rouge.

Cochonfucius

Hommage au maître Angelus Silesius

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Peinture traditionnelle chinoise

La rose est sans pourquoi, dit la métaphysique ;
Sa raison pour fleurir est en sa floraison,
Comme une oeuvre, un sonnet, un air, une chanson.
C’est ainsi qu’une vie à soi-même s’explique.

Puis viennent au jardin des fronts académiques
Sur lesquels est inscrit « Principe de raison ».
Ils composent alors des airs de leur façon,
Avec beaucoup de mots et très peu de musique.

Ils creusent la notion de raison suffisante
Et font délibérer leur raison raisonnante
Pour savoir si la rose est quelque chose, ou rien.

La rose cependant meurt au jardin d’automne,
Et sa mort guère plus que sa vie ne l’étonne,
Ni que le regard froid des métaphysiciens.

Cochonfucius

Arthur (again)

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Toile de Fantin Latour

Au profond du profond, j’ai ton portrait inscrit,
Pour mon incarnation j’aurais choisi Arthur,
Un troubadour maudit, un amant au front pur
Dont l’amour discordant n’a pas fait un proscrit.

Dans ta chanson rugit un sanglot ou un cri,
Un abracadabra, un talisman obscur
Qui nous conduit à toi, au nirvâna futur
Dans la divagation, plaisir du manuscrit.

Dix ans auparavant, oraison sur ta mort,
Disparu si brillant, si palpitant, si fort.
Qui vous lit sans faux pas, ô Illuminations ?

Toi plus moi, vivrons-nous dans un confus brouillard,
Soupirant sur la mort, un vil, un noir grognard,
Sur nos trois tons plus un, nos vocalisations ?

Cochonfucius

Je me souviens des antipodes

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Collage de Max Ernst

Aux confins s’en aller, loin, très loin du plaisir,
S’endormir au milieu d’un territoire sombre,
S’abriter, se tapir, se laisser rétrécir…
Oublier les dangers qui rôdent en grand nombre ;

Souvent, j’éprouve en moi la tentation de fuir
Et d’aller vivre seul une vie sans encombre,
D’ignorer les tourments qui ne font que grandir
Pour me blottir, serein, au milieu des décombres.

Mais je continuerai, sur la mouvante sphère,
De faire tout ce qu’il m’est demandé de faire,
Même avec l’impression que je le fais pour rien.

D’un monde routinier suis volontaire otage,
Je le suis au repos, je le suis en voyage…
Que peut-il en sortir ? Ma foi, on verra bien.

cochonfucius

Aux antipodes du plaisir

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Toile d’Edvard Munch

Aux antipodes du plaisir
se forme un territoire sombre
où l’esprit semble rétrécir
où les dangers sont en grand nombre

Ce lieu princesse il faut le fuir
nul ne reste là sans encombre
tout ce qu’on y ferait grandir
au lendemain serait décombres

Ton âme une mouvante sphère
aura toujours des tours à faire
et s’agitera pour un rien

Si de moi je n’étais otage
vers toi je ferais ce voyage
j’entends tes mots ça fait du bien

Cochonfucius

De Nativitate Magistri

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Composition de l’auteur

Cochonfucius naquit, on vit pleuvoir du sel.
Spinoza dit : Voici un homme universel.
Alors que les poissons applaudissaient dans l’onde,
On entendit chanter tous les pluvians du monde.
La chouette en plein délire a dansé sur les eaux,
Et l’on fit pavoiser les rues de Palaiseau.

Si tu vas à Cluny, que tu te désaltères,
Daniel t’expliquera ce grandiose mystère.
Il te récitera le Dit des Hannetons,
Et le repos du Maître aux bras de Margoton,
Et de ce soir natal la plus grande merveille,
Qu’il vint une comète en forme de bouteille.

À cette narration, pas de moralité,
Mais vous aurez à boire un coup à ma santé.
Allez jusqu’à Cluny, choisissez une table,
Vous y verrez plus d’un animal raisonnable.
Prenez garde à ceux qui seraient trop sentencieux,
Le silence en buvant vous profitera mieux.

Allons, vidons encore un grand nombre de coupes,
Amusons-nous aussi à cracher dans la soupe,
Nous allons délirer comme des enragés,
Et chanter quelques airs dont le texte est changé.
Pour se foutre du monde on a de la vaillance,
Et notre idiotie peut mimer l’intelligence.

Un érudit survint, ces rimes commentant.
Cochonfucius m’a l’air moins noble que Roland,
Neveu de Charlemagne. Et pourtant, son histoire
Agrémente le temps que nous passons à boire.

Cochonfucius

L’oie des noix

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image de l’auteur

L’oie fait tomber des noix, puis elle nous en donne,
Elle en trouve beaucoup aux arbres d’alentour ;
Le porc et la belette en mangent tour à tour
En un ombreux bosquet qui de fleurs s’environne.

D’abondance de noix ses efforts se couronnent,
C’est une récoltante active nuit et jour ;
Le chat d’un oeil gourmand la couve avec amour,
Dans un rêve de graisse et de viande, il ronronne.

La cabane de l’oie est ornée de rameaux,
Et l’intérieur en est pourvu de toutes choses ;
Le monde est accueillant pour cet aimable oiseau.

Dans ce petit réduit sont mille noix encloses
Remplissant à ras bord un panier de roseaux
Que garde tout le jour une porte bien close.

Cochonfucius

Mirissima

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image de l’auteur

C’est une fleur bizarre, elle s’ouvre la nuit,
Elle est, nous a-t-on dit, venue de La Havane ;
Un chercheur la décrit dans l’Écho des Savanes,
Fleur sans utilité, mais qui jamais ne nuit.

Comme tu t’en doutais, ça fait d’étranges fruits
Qui dans leur bel habit de gueules se pavanent ;
Mais on n’en a jamais chargé des caravanes,
Car de les consommer, ce serait des ennuis.

Fleur, de te contempler rend songeuse mon âme
Qui en certains instants y trouve un peu de flamme ;
Ou peut-être, un clin d’oeil de l’esprit des grands bois.

Nous aimons caresser ta tige sans épines,
Capable d’apaiser notre coeur aux abois,
Ainsi qu’envers Hadès le faisait Proserpine.

Cochonfucius

Pyramide hétéroclite

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image de l’auteur

Pierres de toute forme et de toute nature,
Venant des hauts sommets, venues au fil des eaux;
C’est plus enchevêtré que le nid d’un oiseau,
Car c’est un monument de folle architecture.

Qui t’a passé commande, architecte immature?
Tes amis forment-ils un influent réseau,
Comme à la cour d’un roi les nobles damoiseaux ?
Les plans que tu traças sont des caricatures.

Tu nous vends un délire, architecte affligeant ;
Peut-être le fais-tu pour étonner les gens,
Cela peut-il servir de raison suffisante ?

Je sais qu’on a besoin, toujours, de bricoleurs,
Mais l’oeuvre qu’on leur doit n’est pas souvent plaisante,
Même un peu camouflée sous de belles couleurs.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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