Éléphant de sable

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image de l’auteur

C’est l’éléphant de sable, il parle à Cléopâtre
Dans le couloir orné de sculptures d’albâtre ;
— Reine, si vous vouliez, je m’en irais demain
Avec mille guerriers, combattre les Romains.

Car leur vieux général n’a qu’une tête en bois ;
Il hésite, à la guerre, il tremble quand il boit,
Et quand il sent venir le vent froid de novembre,
Il reste tout le jour enfermé dans sa chambre.

— Éléphant, ceux de Rome ont assez de misère ;
Un druide les combat sur une de leurs terres,
Viens donc te promener, marchons main dans la main,
La vie est printanière, au diable les Romains !

Cochonfucius

Reflet dans une vitre

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Photographie: Mtlawleyshire

Aux vitres du salon, les fleurs sont à l’envers ;
Leurs teintes, semble-t-il, sont un peu plus obscures.
Le froid dans le reflet porte-t-il sa morsure ?
On y voit, en tous cas, les couleurs de l’hiver.

Ce jardin dépouillé ne manque point d’allure.
La note dominante y est toujours le vert,
Même s’il se décline en des tons moins divers,
Même s’il semble atteint, par endroits, de brûlures.

On y rêve la nuit, auprès d’une lanterne
(Ceux qui font confiance à leur chaleur interne) ;
Le ciel est traversé, parfois, d’astres tombants.

Sous la nuée nocturne ou sous la lune blême,
La chouette avertit, de sagesse l’emblème,
De ne pas prendre froid, à minuit, sur ce banc.

Cochonfucius

Planète Ransomandra

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image de l’auteur

Cette planète semble un lieu d’indifférence,
Même si les vivants s’y comptent par millions ;
Ces gens qui n’ont jamais connu la rébellion,
N’ont qu’un modeste emploi de leur intelligence.

Aucun ne voudrait être un autre Pygmalion,
Car cela froisserait leur sens des convenances ;
Mais ils sont fort à l’aise avec l’impermanence,
Sans la rivalité, ni la loi du talion.

Nous craignons le trépas dont rien ne nous délivre ;
Ceux-là n’escomptent rien de leur propre avenir,
Inframonde ou néant, tout peut leur convenir.

Leur planète, pourtant, est agréable à vivre,
On peut y admirer des couchers de soleil
Ou rêver de la Terre au cours d’un long sommeil.

Cochonfucius

Fleur dans une friche

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image de l’auteur

De sinople est la friche et d’azur est la fleur;
Autour d’elle au printemps, des insectes surgissent,
Qui vont se reposer quand les lointains rougissent
Et que les blancs bouleaux prennent cette couleur.

La friche ne connaît le rire ni les pleurs,
Mais on sent du bonheur quand les plantes fleurissent,
Puis un peu de regret alors qu’elles périssent ;
Et nous ne savons point si c’est dans la douleur.

Loin du riche verger aux odorantes pommes,
Loin du pauvre village où végètent les hommes,
Cette terre a des fleurs et n’a pas de chemins.

Elle qui, semble-t-il, jamais ne fut nommée,
Dont nulle production ne sera consommée,
N’est-ce point un Eden pour nos frères humains?

Cochonfucius

Nef nordique

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C’est une simple barque, et pas une frégate,
Mais les rudes marins sont beaux comme des dieux;
Le dauphin les contemple, un rire dans les yeux,
La mer sous leur étrave a des reflets d’agate.

C’est un vaisseau fragile, une nef délicate
Qui vient du Nord lointain, qui connut d’autres cieux;
Si l’équipage, un jour, accostait en ces lieux,
Ce serait l’occasion d’une belle régate.

Ces vaillants matelots ne craignent pas l’exil,
Sans oublier pourtant d’écrire à leurs amantes ;
Ils espèrent trouver un trésor au Brésil.

Quand, sous le calme plat, les ondes sont dormantes,
Ils ne diront jamais que le monde est maudit,
Qui leur est avenant, sans être un paradis.

Cochonfucius

Palais ducal

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image de l’auteur

Le duc fit son palais dans un étrange endroit
Les murs furent bâtis de bizarre matière ;
Cela fut accompli par une armée entière
Et supervisé par des officiers adroits.

On envoya quelqu’un pour inviter le roi,
Avec la garantie qu’il aurait de la bière ;
Mais ce roi préférait les chasses forestières,
Chaque matin prenant son arc et son carquois.

Le duc nous dit qu’on peut se passer du monarque;
On peut choisir ailleurs des invités de marque,
S’il veut venir plus tard, le roi nous le dira.

Un vassal écrivit, sur cette architecture,
Un sonnet qui en fait l’amusante peinture ;
Au moment du dessert, un marquis le lira.

Cochonfucius

Chien bimétallique

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image de l’auteur

Le chien bimétallique est en quête de gloire ;
Du plus splendide argent est façonné son corps,
Un rêve fantastique hante sa tête d’or,
Mais qui sait s’il aura la joie d’une victoire ?

Qui sait s’il franchira d’imposantes murailles ?
Qui sait si son chemin sera jonché de fleurs ?
Et sera-t-il suivi par tout un peuple en pleurs
Au jour de son trépas, et de ses funérailles ?

Deviendra-t-il, peut-être, un séducteur agile
Qui, sur les grands chemins, aux foules parlera ?
Nous verrions l’éléphant, la colombe et le rat
Réciter à sa suite un nouvel évangile !

Cochonfucius

L’arbre songe à la croix

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image de l’auteur

L’arbre qui dans l’Eden dépeuplé subsista
Se mit à méditer quand la lune fut pleine ;
Venant d’on ne sait où, par une nuit sereine,
Une révélation soudain le visita.

Les mots d’un charpentier, que l’écho répéta,
Séduisirent son coeur, comme une cantilène ;
Il vit aussi pleurer la Vierge Souveraine
Quand dans ce corps humain le métal se planta.

Il vit que la nation, de ce jardin bannie,
Recevait le pardon comme une épiphanie,
L’instrument du supplice étant son tendre bois.

Car les arbres, souvent, comprennent les mystères,
Le pain du dernier jour, le calice que boit
Avec ses compagnons le Sauveur de la Terre.

Cochonfucius

Barde et muse

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Le Braz, barde breton qu’un fier Pégase enlève,
Aime boire au comptoir, dans les bars de Quimper.
Pendant qu’il prend son vin, Pégase, attaché, rêve
Aux cheveux d’Andromède, à leur senteur de mer.

Le cheval, écoutant la rumeur océane,
Croit voir une sirène en un jardin secret ;
Le barde trinque avec la troublante Viviane
Dont, lorsqu’il était jeune, il traça le portrait.

Cochonfucius

Chansons d’hier

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Reviennent les chansons entendues à l’école,
Dont, derechef, mon âme éprouve des transports.
Le grand Hymne à la joie vers l’horizon s’envole
Et, près de l’Océan, la Bretagne s’endort.

Compère Guilleri se fait arboricole,
Le Père Lustucru vole un chat, sans remords ;
La bergère rencontre un gars qui la console,
Malbrouck a des soldats pour annoncer sa mort.

Chansons, vous qui avez charmé les multitudes,
Vous qui avez vaincu de lourdes lassitudes,
J’aime vos constructions bâties sur trois fois rien.

Les ombres du passé, que vos vers commémorent,
Le soir en mon jardin viennent danser encore ;
Toujours les mêmes mots ; et c’est clair, et c’est bien.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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