Veau lumineux

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C’est le veau lumineux qu’on baptise au ruisseau,
Lui qui, pourtant, jamais ne fut catéchumène ;
Mais soulagera-t-il notre misère humaine ?
On ne peut même pas en manger un cuisseau.

Bien modeste est ce flot, c’est presque un caniveau ;
Mais d’un riche éleveur il parcourt le domaine,
Qui, pour narguer la loi catholique et romaine,
Se fabrique une idole, et divinise un veau.

Tu l’avais annoncé, prophète Jérémie,
Dans un texte sans faille et sans polysémie ;
Et qu’un tel veau serait d’un notable embonpoint.

Mais l’animal s’enfuit par la rue Lacordaire,
Éclairant le trottoir autant qu’un lampadaire ;
Lumineux, c’est certain, mais sédentaire, point

Cochonfucius

Terre sans propriétaire

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Ce verger délaissé n’appartient à personne ;
Ici, pas de démons, ni de serpents impurs,
Juste le bruit du vent qui frôle les fruits mûrs.
À la douceur du lieu les oiseaux s’abandonnent.

Cet endroit parsemé de belles fleurs d’azur
Ne s’attriste jamais dans les matins d’automne.
D’un insecte on entend le récit monotone
Qu’il dit à ses enfants, dans l’ombre d’un vieux mur.

J’aime voir prospérer la friche que voilà,
Soit que du grand soleil on y sente l’éclat,
Soit que la pleine lune éclaire la contrée.

Les noces d’un satyre y furent célébrées,
Un vieil arbre tordu se souvient de cela,
Et du puissant parfum d’une liqueur ambrée.

Cochonfucius

Forteresse d’acier

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Image du blog Herald Dick Magazine

La tour se dresse, solitaire,
Entre les arbres, sur un mont ;
Or, qui s’y cache ? Un vieux démon ?

Un moine, un scribe, un militaire ?
Nul bruit, dans cette sombre tour,
Car nul n’y parle, et nul n’y chante :
Ce n’est qu’une ruine que hante
Le spectre d’un mandarin sourd.

J’y vais, le soir, avec deux coupes
Et du bon vin, dans un carton :
Ensemble, nous nous éclatons,
Autant qu’une joyeuse troupe.

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Forteresse de Victor

La ville-forteresse est régie par des codes dont nous n’avons pas idée.

Un explorateur l’avait parcourue furtivement, autrefois ; mais ses notes se perdirent.

Les femmes de la forteresse s’étant liguées pour lui offrir à boire à tour de rôle, il n’était d’ailleurs plus en état d’écrire la moindre ligne.

Plus son aventure se prolongea, plus il fut amené à jongler avec le chaos.

Il mélangea les notions, buta sur les synonymes, les homonymes, la sagesse antique et la pensée du Grand Analyste Mauve.

Retournant s’instruire auprès des gardiennes, il ne parvint pas à répondre à leurs innombrables questions sur sa vie intime. Il se perdit dans des jardins, admira des casse-dalle royaux, et demanda la clé des latrines (préoccupation assez courante chez les explorateurs).

Saint Nicolas sur la route

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Saint Nicolas, quand vient son jour béni, calcule
Combien d’enfants il doit rencontrer en chemin ;
Clepsydre, sablier, calendrier romain,
Et le gros agenda, puis, la vieille pendule.

Tout chargé de cadeaux, le gentil saint circule,
Saluant son public avec ses belles mains ;
Car, pour se reposer, ils attendront demain,
L’évêque et l’âne gris qui jamais ne recule.

Heureux si sur sa route il croise Dupanloup,
C’est l’occasion de rire et de boire un bon coup,
Un généreux godet de liqueur de prunelle.

On entend résonner, dans le fond du tripot,
Leur discours babillant de mots épiscopaux,
Félix et Nicolas, à leur mythe fidèles.

Cochonfucius

Ubiquité de Saint Nicolas

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Saint Nicolas, figure aimée,
Toi, le généreux donateur,
Par qui les foules sont charmées,
Toi l’incroyable migrateur,

À mille endroits tu te révèles ;
Des cadeaux de toutes couleurs
En ton lourd bagage étincellent,
Comme des fruits, comme des fleurs.

L’hiver n’est pas saison d’alarmes
Quand ton cheval descend des cieux ;
Les jardins ont séché leurs larmes,
Le moineau n’en croit pas ses yeux.

Cochonfucius

Dragon de Gironde

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Ce dragon de Gironde, un monstre au tendre coeur,
Naguère a désiré la sirène indomptée
Qui par on ne sait qui fut jadis enfantée
Et qui le regardait avec un air moqueur.

Il a parfois rêvé qu’il était vendangeur
Afin de savourer les grappes enchantées,
Puis le vin de Bordeaux en robe ensanglantée
Qui semble du Ponant refléter la rougeur.

Mais il est buveur d’eau, reptile sans génie
Et qui de la routine admet la tyrannie ;
Un être sans destin, dit-il en son jargon.

Ce héros m’a permis, par un accord tacite,
D’écrire à son propos des phrases sur ce site,
Ce dont je remercie cet obligeant dragon.

Cochonfucius

Nef antédiluvienne

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C’est la nef de jadis, qui jamais ne s’arrête,
La nef des Néphilims au pont couvert de fleurs ;
Leurs voiles sont tissées de diverses couleurs,
La coque est le travail d’un charpentier de Crète.

Ils ont fait quatre fois le tour de la planète,
Suivis en certains lieux par quelques dériveurs ;
Ils n’ont jamais d’argent, ils sont plutôt rêveurs,
Ils ont pourtant soumis le peuple des Vénètes.

Quand la mer a monté, noyant les hautes cimes,
Privant bien des vivants de leurs forces ultimes,
Leurs nefs ont échappé à ce piège inclément.

Noé sur sa colline ayant trouvé refuge,
Sa nef est échouée jusqu’au prochain déluge ;
Celle des Néphilims vogue indéfiniment.

Cochonfucius

 

Borges peint Spinoza

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Un brouillard d’or du Ponant illumine
Une fenêtre, éclaire un manuscrit
Où l’infini se trouve circonscrit.
Un homme assemble Dieu dans sa chaumine.

Un homme engendre Dieu, ayant la mine
D’un Juif aux tristes yeux et au teint gris ;
Le temps l’étreint comme un fleuve ayant pris
La feuille qui aux faibles eaux chemine.

Qu’importe ! Le chamane insiste, et configure
Dieu, avec sa subtile architecture,
Homme malade et ne pesant pas lourd,

Il construit Dieu par sa propre parole.
Le plus prodigue amour est son pactole :
Il est l’amant qui ne veut point d’amour.

Cochonfucius

Recette

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D’un gros oeuf prenez le blanc
Et d’un vieux coq le relent,
Avec un fond de potage
Et trois gouttes de laitage ;

De la graisse de navet,
Les vertèbres d’un orvet,
Une sardine écarlate,
Quelques tiges de tomates.

En neige montez le blanc ;
Incorporez le relent
Avec assez de liant ;
Ajoutez la plus-value
Et trois chenilles velues,

La moitié d’une chanson,
Cent écailles de poisson,
Un os de clarté lunaire,
Un vieil écho de tonnerre,

Un air de sérénité,
Un soupçon d’éternité,
Un beau renard argenté ;
De jus de poire, un fredon ;
Une cuisse de dindon ;

Les pépins d’une citrouille ;
L’éplucure d’une andouille.
Si c’est point à votre goût,
Ça peut finir à l’égout !

Cochonfucius

Couplet de l’andouille

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Regardez-la, cette andouille de Vire
Qui fleure bon le poivre du moulin !
On la déguste avec un bon sourire,
Elle est servie pour quelques fifrelins.

Merci à toi, vieux charcutier malin,
Cette denrée, vraiment, n’est pas vilaine ;
Graisse de porc, et non point de baleine,
Et s’arrosant d’un muscadet bien franc :
C’est une auberge où l’on reprend haleine…
Goûter l’andouille, ô plaisir innocent !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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