Autophage

image de l’auteur

Ma propre chair, je la dévore,
Personne d’autre n’en aura.
J’en ai plus qu’il ne m’en faudra,
Je sais gérer cette pléthore.

Diverses saveurs s’élaborent
En ce grand corps robuste et gras ;
Ce gros fruit de chair mûrira,
Lui qui sous le soleil se dore.

Je ne veux pas le partager,
Vraiment, comment l’envisager ?
La fleur pour moi seul est éclose.

Je m’alimente et je grandis ;
Puis je bois, si le coeur m’en dit,
Un litre de sang rouge et rose.

Cochonfucius

Paroles dans l’ombre

image de l’auteur

L’oiseau dit des phrases cruelles,
C’est son humour de papegault ;
Puis il colporte des ragots,
Les inepties habituelles.

Lui qui jamais n’ouvre ses ailes,
Rêve-t-il d’un monde plus beau ?
Aimerait-il être un corbeau,
Un hippocampe, une gazelle ?

N’écoute pas cet abruti ;
D’autres oiseaux, bien plus gentils,
Sont là qui disent des poèmes.

Ils n’ont pas appris à rimer ;
Ça ne leur pose aucun problème,
Eux qui des muses sont aimés.

Cochonfucius

Nos jours s’envolent

image de l’auteur

Ils sont loin, nos printemps charmants,
Car notre innocence est perdue ;
Nous dont l’existence est ardue,
Nous faisons face à des tourments ;

Nous qui cheminons lourdement,
Nous devons naviguer à vue ;
Nous accumulons les bévues
Et les propos sans fondement.

Repens-toi, pauvre chair usée
Qui de la foule est méprisée ;
Ton bonheur n’est qu’un souvenir.

Ne perds pas le goût de l’étude,
Fais le deuil de tes certitudes ;
Tout cela va bientôt finir.

Cochonfucius

Animaux vagabonds

image de l’auteur

Nous avons franchi des rivières,
Nous, les errants, les délaissés ;
Comme de grands oiseaux blessés,
Nous avons mordu la poussière.

Notre âme n’est pas des plus fières,
Car nous sommes des insensés ;
Bien souvent, nous avons pensé
À partir sur une civière.

Que vaut donc cette vie terrestre ?
Loin des pures cimes alpestres,
Tu nous vois languir et glander.

Vaut-il mieux être, ou ne pas être ?
Nous qui nous moquons du paraître,
Ne viens pas nous le demander.

Cochonfucius

Feuille sans sève

image de l’auteur

Un arbre avait tout mon amour,
Le tronc, la branche, la brindille ;
C’était là ma vie de famille,
Mais ça n’a pas duré toujours.

Maintenant je dors dans la cour,
Je me change en triste guenille ;
Le soleil bien faiblement brille,
Ma triste route est sans retour.

Où sont les fleurs et la rosée ?
Tant de choses décomposées,
Qu’arrive-t-il à l’univers ?

— Ne crains donc rien, feuille candide,
Cette saison n’est point sordide ;
Ça vient tous les ans, c’est l’hiver.

Cochonfucius

Inoffensif démon

image de l’auteur

En écuyer je me déguise,
Porteur d’un bouclier doré ;
Ce n’est pas pour être admiré,
Car j’ignore la vantardise.

Autrefois, j’ai, par gourmandise,
Un funeste fruit dévoré ;
Ce n’était pas délibéré,
Ce fut même un peu par surprise.

Vous tous, qui m’appelez « démon »,
Vous m’abreuvez de vos sermons ;
En vain sous mon crâne ils résonnent.

Je voudrais vivre simplement,
Sans que ma vie soit un roman ;
Mais ici, les ennuis foisonnent.

Cochonfucius

Crosse d’illusionniste

image de l’auteur

L’évêque, je t’en avertis,
À plaisanter passe les heures ;
Sa crosse est un étrange outil
Qui nous hypnotise et nous leurre.

Sa vie en est-elle meilleure ?
Certes, rien ne le garantit ;
Les objets que la crosse effleure,
De quel pouvoir sont-ils nantis ?

Est-ce d’un démon le domaine ?
N’est-ce qu’une faiblesse humaine ?
Ange gardien, veille sur lui !

Pardonnons-lui son attitude,
C’est l’effet de la solitude ;
Il veut échapper à l’ennui.

Cochonfucius

Chapelle blanche

image de l’auteur

Ce lieu est des anges aimé,
Mais aussi des morts, et des mortes ;
Car il rend les âmes plus fortes,
Satan cesse de les brimer.

Des cierges y sont enflammés,
Tu vois qu’ils sont de toute sorte ;
Nul démon ne passe la porte,
Craignant d’en être consumé.

Ici résonne un chant d’amour
En pleine nuit comme en plein jour ;
Mais aussi, des paroles dures.

Comme le dit un bon auteur,
Accomplir faut les Écritures ;
Par notre âme, et par notre coeur.

Cochonfucius

Fleur de cloître

image de l’auteur

Quand viendra la saison nouvelle,
Pleins de douceur seront les vents ;
Je fleurirai dans ce couvent
Qu’institua Jean de Nivelle.

Quand reviendront les hirondelles,
J’attendrai le soleil levant ;
Ce bel astre est un bon vivant,
La Terre aime l’avoir près d’elle.

Des nonnes iront au jardin,
Bavardant sur un ton badin,
N’ayant point fait voeu de silence.

Je m’endormirai vers le soir,
Dans le son que les cloches lancent ;
Je rêverai d’un ostensoir.

Cochonfucius

Ces fleurs

image de l’auteur

Consolantes aux malheureux,
Nous sommes des plantes honnêtes ;
Nous savons le cours des planètes
Et les secrets des amoureux.

Le bonheur a mille recettes,
Lui que tu vois dans le ciel bleu ;
Il n’a rien de miraculeux,
Mais quelques brillantes facettes.

Notre cousine Renoncule
Et notre cousin Forficule
Chantent pour apaiser ton coeur ;

De ta tristesse ils sont vainqueurs,
Tu sortiras de ta psychose
Un sourire en sera la cause.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.