Les reptiles

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Gravure de Escher

Escher fut un démiurge à la vision fertile.
Ses mondes infinis n’engendrent pas l’ennui,
Traversés comme ils sont de prodigieux circuits ;
Des monstres étonnants y trouvent domicile.

L’art de la perspective, étrange et difficile,
La juxtaposition du jour et de la nuit,
Ces coups de maître sont un simple jeu pour lui.
Il enlève et remet leur relief aux reptiles,

L’on voit sous un noyer ces amusantes bêtes,
Soit plates, soit montrant d’innombrables facettes;
Or, notre oeil ne sait pas quel monstre il a suivi.

Tableau mille fois vu, on y revient encore ;
L’esprit en y plongeant se perd et se dévore,
Dans la contemplation toujours inassouvi.

Cochonfucius

Chevalier obscur

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Toile de Joel Sheesley

Je suis dans ma maison de sable
Et cette rue n’a pas de nom ;
Sur le toit flotte un vieux pennon,
C’est un symbole inconnaissable.

Dans le jardin rouille un canon
Chargé de boulets inclassables ;
La porte n’est pas incassable
Car cela se saurait, sinon.

Pour graver mon panégyrique,
J’ai des alchimistes secrets
Qui m’enterreront sans regrets ;

Pardon, ceci n’est point lyrique,
Ce sont les mots d’un mercenaire,
Bien peu dignes d’Apollinaire.

Cochonfucius

Nef du Capitaine Crochet

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image de l’auteur

Sur son noble vaisseau, le pirate est pensif,
Il se souvient des mots d’une belle inconnue ;
Son coeur en est troublé, son âme est comme nue,
Ce sentiment l’accable et lui semble excessif.

La nef est en danger de frapper un récif ;
La barre cependant, habilement tenue
Par un homme intrépide et plein de retenue,
Sauve d’un tel destin le navire massif.

Capitaine et barreur, en des plaisirs profanes,
Marins de comédie, héros d’Aristophane,
Vident plusieurs godets, perdant toute fierté.

Que leur apportera leur navigation brève ?
Pourront-ils découvrir un lieu de liberté ?
Il leur reste, sinon, le continent du Rêve.

Cochonfucius

Guimbardes et miséricorde

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Extrait de “Des Songes Drolatiques de Pantagruel”

D’un instrument à vent qui semble une bombarde,
Je tire un aigre son qui à rien ne concorde ;

Mais Jarry m’encourage aux sons d’une guimbarde
Et la foule applaudit la danseuse de corde.

Le centaure s’enfuit, apeuré par un barde,
Courant de tous côtés en une voirie orde.

Sa course, cependant, course d’arrière-garde,
Ne fait guère partie des thèmes qu’on aborde ;

Quand il sera perdu dans la plaine lombarde,
Oublié sera-t-il, même au sein de sa horde.

En vain brandira-t-il alors sa hallebarde,
En vain cherchera-t-il quelque miséricorde.

Cochonfucius

Bénédiction conjuratoire

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image de l’auteur

Trop séduisant démon, cesse de nous charmer ;
Que par d’autres attraits soit notre âme ravie,
Que de Sainte Écriture elle soit assouvie,
Car nous savons par quoi ton coeur est animé.

Qu’en un sol assaini le grain puisse germer,
Que de tous les poisons ce sol se purifie ;
Si la récolte est bonne, alors je la confie
Au Fils du Charpentier, que j’ai toujours aimé.

Démon, n’insiste point pour tenter les fidèles ;
Nous ne pourrons jamais te prendre pour modèle,
Toi qui peux menacer les esprits et les corps.

Libère les humains que tu tiens sous tes charmes,
Cesse de les hanter ou de boire leurs larmes ;
Que chacun soit en paix à l’heure de sa mort.

Cochonfucius

Trois danseuses

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image de l’auteur

Au jour du saint patron, sous l’assaut des pétards,
Le spectacle de rue commence sans retard ;
Du vacarme ne sont les danseuses troublées,
Je les vois gambader face à notre assemblée.

Le maire du village est en pantalon blanc,
Il trinque avec plusieurs citoyens s’attablant
Au cabaret, formant une joyeuse équipe,
Notre édile est heureux parmi ces braves types,

Car même ceux qui sont par la fête échauffés
Finissent leur boisson, quand ferme ce café :
Et c’est le lent départ des foules paresseuses ;
Au vestiaire, on entend le rire des danseuses.

Cochonfucius

Temps des acrobates

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image de l’auteur

Le petit soldat saute, on dirait qu’il s’envole,
Passe au-dessus d’un lion, tombe sur le côté,
C’est une acrobatie d’une étrange beauté,
Même si la pratique en apparaît frivole.

Le prince au chef de sable exécute une danse
Dans un tunnel d’argent, creusé sous le palais ;
C’est un déplacement qui n’est vraiment pas laid,
Le prince est funambule, et c’est une évidence.

Le public applaudit, boit de l’eau minérale ;
Quels spectateurs comblés ! Pas un d’entre eux ne râle.

Cochonfucius

Art poétique

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Toile du Dr. Taha Malasi

Celui qui va lisant, écoutant un poème,
Quelquefois, il met tout son être en vibration,
De l’auteur il reprend les interrogations,
Le coeur du lecteur bat plus fort quand l’auteur aime.

Car l’auteur d’un écrit, ce n’est pas que lui­-même,
C’est son clan, son village ou sa génération,
Ses ancêtres lointains, toute la création
Ayant mis dans son coeur et ses mots et ses thèmes.

Une culture écrit quand l’homme prend la plume.
Le paysan breton écrit avec sa brume,
Celui des oliviers avec le bel azur.

J’écris d’abord pour toi, si lointaine et si proche,
Ma muse, mon amour, ma joie et mon reproche ;
Mais ce n’est pas secret, c’est écrit sur un mur.

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Cochonfucius

Plume inlassable

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Simon Runting

Je me tiens à ma table ainsi qu’un chroniqueur ;
Je bichonne à loisir mes textes qui s’allongent,
Créant un monde heureux dans lequel je me plonge,
Où tout se manifeste et vit selon mon coeur.

J’entends le rossignol et le merle moqueur
Qui demandent pourquoi, sur des mots, je me ronge ;
Mais vous, gentils oiseaux, ne dites-vous vos songes
Au peuple des guérets, à cet aimable choeur ?

Votre voix, au bocage, habilement balance
De sonores éclats et des temps de silence ;
Comme vous, je m’exprime (en faisant moins de bruit).

Comme vous, j’aime avoir une simple tribune
Où je me tiens le jour ; et, dès que vient la nuit,
Je déclame un beau vers pour amuser la lune.

Cochonfucius

Artémis transatlantique

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Image du blog Herald Dick Magazine

Sans aucun compagnon, sans aucune compagne,
L’Artémis des Incas descend de la montagne ;
Avec l’alligator partageant son repas,
Elle aime un commensal, quand il ne parle pas.

S’approchant lentement des plages d’Amérique,
Au lointain se profile un vaisseau chimérique :
Avec un capitaine, et de braves marins,
Et des voiles de toile, et des canons d’airain.

Profite de la paix qu’en dernier tu savoures,
Dans une heure, il faudra faire assaut de bravoure,
Car les gentils marins deviendront conquérants,
Sans pitié pour ton âme, et tes rêves errants.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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