Quartier Latin

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J’aimais aller m’asseoir dans le Jardin des Plantes
Où sont des animaux pleins de sérénité ;
Les statues me semblaient des muses nonchalantes
Et j’aimais imiter leur immobilité.

L’Univers, nous montrant si diverse la vie,
Nous incite à chercher, et à songer toujours,
À combler nos désirs, à suivre nos envies,
À parler entre nous la langue de l’amour.

Tant d’univers pliés dans nos petites têtes !
Sobres ou foisonnants, vibrants d’activité,
Les uns retentissant des rumeurs de la fête,
Les autres endormis dans leur passivité.

Cochonfucius

Ornithologie hagiographique

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image de l’auteur

Voici l’oiseau qu’aimait Sainte Marie Pas Claire,
Près d’elle il se posait pour prier, le matin ;
D’ailleurs, il composait des sonnets pour lui plaire
Et pour elle cueillait la lavande et le thym.

Lui qui aimait aussi l’heure crépusculaire,
Il lui a consacré quelques vers, en latin ;
Car il maîtrisait bien les langues séculaires,
Il aimait fréquenter nos ancêtres lointains.

Marie Pas Claire était d’harmonie désireuse ;
Le dieu qu’elle servait s’appelait Idéal,
C’est celui qui naquit au mois de Floréal.

Puis, ils ont plaisanté pendant les heures creuses ;
Un ermite voisin, par leur rire attiré,
Leur offrit tout le vin qu’ils ont pu désirer.

Cochonfucius

Paix d’un animal

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image de l’auteur

Un triton fait son nid dans un plasma dormant
Qui s’accroît plus haut qu’un canal coulant ici ;
Il vit ainsi, captif, loin d’un urbain roman,
Sans affliction, sans cri, sans chagrin, sans souci.

Son voisin fait un fil inactif, mais charmant ;
Aux animaux s’offrant sous un jour adouci,
Ni fulminant, ni noir, ni dur, ni alarmant,
Nul jour par son action tari, ni raccourci.

Loin, fort loin, franchissant un sol à l’abandon,
Portant un joli son, la chanson du bourdon,
Au matin, dans l’azur, au mitan du grand parc ;

Un piaf au ton saphir au bord du flot chanta ;
Du triton pur cobalt l’audition s’aimanta,
Apprivoisant l’amour, ainsi qu’a dit Saint Marc.

Cochonfucius

Vains motifs d’écriture

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Toile Johannes Hüppi

Un vieux poète allait disant :
Écrire ne prend qu’un instant,
Et longtemps les gens vont me lire ;
Tel est le bonheur d’une lyre.

Le papier lui a répondu :
Tire-toi, je t’ai assez vu,
Je n’aime pas cette encre noire
Disant d’inutiles histoires.

Une lectrice a fait appel :
Le dommage n’en est pas tel ;
Et puis, pour ses enfantillages,
J’aime lui choisir des images.

Cochonfucius

Que les loups se privent de vent

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image de l’auteur

De l’implacable hiver nous connaissons les lois,
Et des quatre saisons l’alternance éternelle ;
Les loups, quand ils ont faim, ne grognent ni n’appellent,
Il avancent, pensifs, vers le fond des grands bois.

Un corbeau magicien les nourrit quelquefois,
Mais le reste du temps, la nature est cruelle ;
Or, ces vieux loups entre eux n’ont aucune querelle,
Ils parlent de leur sort sans élever la voix.

On les voit, certains jours, errer parmi la plaine
Qu’ils réchauffent un peu, de leur brûlante haleine,
Ces carnassiers n’ayant que les os et la peau.

Plusieurs d’entre eux mourront par faute de pâture,
Abandonnant leur corps à la blanche froidure ;
Les autres tenteront d’attaquer un troupeau.

Cochonfucius

Trolls de Châteaurenard

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image de l’auteur

Habiter un renard, c’est cela seul qui branche
Les invisibles trolls du verger desséché ;
Ils l’ont chargé de murs, de chambres à coucher
Et d’un grand réfectoire, où sont des nappes blanches.

Portés par l’animal vers d’autres horizons,
Ils découvrent toujours de nouveaux coins de terre ;
Ils tiennent compagnie au renard solitaire
Qui va, sans se presser, traversant le gazon.

Il avance, et les trolls se taisent dans la nuit,
Heureux de leur château d’excellente facture ;
Ils n’entendent aucun des bruits de la nature,
Ni l’insecte chantant, ni le vent qui gémit.

Vous êtes bien logés, trolls de Châteaurenard !
Ayant tout ce qu’il faut dans votre domicile,
Votre vie, désormais, vous paraîtra facile,
On vous surnommera « les petits trolls peinards ».

Cochonfucius

Valets de Bucéphale

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image de l’auteur

Ils auraient préféré servir une sirène
Ou devenir tous deux pirates sur les mers ;
Les voilà serviteurs de ce cheval pervers,
Le coursier d’Alexandre et de la souveraine.

Ils auraient préféré naviguer sur la Seine,
Servir Peter Schlemihl, ou le Masque de Fer ;
Mais ils portent l’écu d’un démon des Enfers,
Un animal fantasque, un destrier obscène.

Si leur noble seigneur était un tamanoir,
L’horizon de leur vie ne serait pas si noir ;
Même si cette bête a des moeurs bien étranges.

Ils ont beaucoup prié la Vierge, et tous les Saints
Qu’ils voient représentés sur de naïfs dessins,
Que leur sort s’améliore et que de maître ils changent.

Errance d’un druide

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Composition de l’auteur

Le druide a su franchir l’Alchimique Montagne
Malgré les grondements d’un orage soudain
Qui gonfle les torrents sous les vieux ponts romains.
Le voici parvenu en Grande Garabagne.

Attention, ce n’est point un pays de Cocagne :
C’est un lieu traversé de délires humains,
Où plus d’un voyageur a perdu son latin
Et s’est cru prisonnier d’un sort de la Bretagne.

Le druide suit sa voie, jamais ne s’égarant.
Il cueille quelques fleurs, il les va comparant
Aux dessins d’un recueil qui les décrit et nomme ;

Il s’astreint au labeur, à quatre-vingts balais,
Pour rendre sa potion plus aimable au palais
Des lourds guerriers gaulois, devenus gastronomes.

Cochonfucius

Sagesse d’un amphibien

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image de l’auteur

La salamandre vit dans la flamme tranquille
Qui se forme au-dessus du ruisseau que voici.
Elle passe son temps, recluse, loin des villes ;
Son âme est sans tourment, son coeur est sans souci.

Au bord de la rivière, une aragne d’or file ;
Sa toile de l’insecte aura toujours merci,
Tranquilles voleront les sveltes drosophiles
Et tout autre diptère arrivant par ici,

Loin de tout, traversant la plaine abandonnée,
Apportant avec eux leur chanson bourdonnée ;
Au matin, quand le ciel blanchit à l’Orient,

Un passereau d’azur au bord des flots se perche,
Et, dormant à demi, l’amphibien souriant
Entend la mélodie qui s’élève et se cherche.

Cochonfucius

Dieu des oisifs

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image de l’auteur

Nous pratiquons ce culte en un temple secret,
Pas sur les boulevards ni sur les avenues ;
Ce dieu règne sur terre et pas en haut des nues,
Lui qui aime surtout dormir dans la forêt.

Il écoute son prêtre en buvant du vin frais
Que viennent lui servir de belles inconnues ;
Il reçoit en sa chambre une déesse nue
Dont, en bien peu de jours, il oubliera les traits.

Il aime la nature ; immobile, il l’écoute
Et le temps près de lui s’écoule goutte à goutte,
De plus en plus profonde est la paix de son coeur.

Lorsqu’en un grand débat ses fidèles se lancent,
Il leur inspire alors des arguments moqueurs,
Si bien qu’en peu de temps s’impose le silence.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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