En réponse à « Vision d’inframonde »

oxqbpie

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Les griffes d’un démon contrôlent cet espace
Ainsi que le feraient les serres d’un rapace ;
D’inquiétantes lueurs traversent ce lieu sombre,
Bien rarement quelqu’un comprend ce qu’il s’y passe.*

Et cesse de rire, aucun tour de passe-passe
N’aura raison de ce lieu car il outrepasse
Toutes les lois qu’on connaît, la logique sombre
Ici, il faut que tu aies une carapace.

Pierrette

*Cochonfucius

Forteresse aristocratique

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Ici sont des guerriers à la noble ossature,
Leur vaste domicile est un lieu de splendeur ;
Des servantes aussi j’admire la candeur,
Qui ont su demeurer proches de la nature.

Leurs chiens après la chasse ont robuste pâture,
Lesquels à ce moment ne sont jamais grondeurs ;
Ils ont un aumônier, homme tout en rondeurs,
Amateur de musique et de littérature.

Au début du printemps, le parc redevient vert,
Nous faisant oublier la rigueur de l’hiver ;
Les muses du manoir ont des chansons dans l’âme.

Les habitants du lieu s’éloignent des remparts,
De ce nouveau bonheur, chacun trouve sa part ;
Les villageois saluent le Seigneur et la Dame.

Cochonfucius

Mandelstam voit une ville

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Toile de Remedios Varo

Je reviens en un lieu familier jusqu’aux larmes
Qui vit dans mes vaisseaux et dans mon coeur d’enfant.
Et la ville me dit : Mange donc, revenant,
Mes lumières du soir, si tu es sous leur charme.

Reconnais à présent ce jour sans grande alarme
Mêlant du jaune d’oeuf à du goudron fumant ;
Ma ville, je ne suis pas encore un mourant,
Je veux savoir où sont mes copains de vacarme.

Ma ville, je connais même ceux qui sont morts,
Je peux les évoquer sans honte et sans remords.
Dans les noirs escaliers sonne au creux de mes veines

La sonnette d’un gars qui ne m’ouvrira plus,
De ceux que, dans la nuit, j’ai longtemps attendus,
Rien ne me parlant d’eux, que le bruit de leurs chaînes.

Cochonfucius

Célébration

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Peinture chinoise

Tu vis dans les jardins, où je te vois errer.
Aucun désir violent ou sombre ne te hante.
Tu montes sur les murs de ton allure lente ;
Escargot, mon ami, je veux te célébrer.

Même quand je te vois en train de galérer,
Tu ne lances jamais de plainte déchirante.
Tu rayonnes de joie sous une pluie battante
Et tu peuples de vie le sol enténébré.

Que viennent la disette et les temps de malheur,
Cette sérénité restera dans ton coeur.
Quand te sera, plus tard, l’existence ravie,

Quand tu seras noyé dans cette nuit sans fond,
Ta conscience dira, sans émettre aucun son :
Escargot, escargot, qu’as-tu fait de ta vie ?

Cochonfucius

Si j’étais un oiseau, je serais un pluvian

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Autoportrait de JBB

Si j’étais un Gaulois, je serais un vieux druide ;
Si j’étais quelques vers, je serais un sonnet,
Si j’étais un chapeau, je serais un bonnet,
Si j’étais l’Univers, je serais un grand vide,

Si j’étais un combat, je serais fratricide;
Si j’étais un slogan, je serais « je connais »,
Si j’étais un cheval, je serais un poney,
Si j’étais un pays, je serais l’Atlantide.

Si j’étais un oiseau, je serais un pluvian ;
Si j’étais un auteur, je serais Boris Vian,
Si je n’étais de l’eau, je serais de la bière.

Si je n’étais marié, je serais amoureux ;
Si j’étais à manger, je serais savoureux,
Si j’étais un trésor, je serais de la terre.

Cochonfucius

Prose de quelques ruptures

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Toile de Pierre Mignard

Fin de conversation, et fin d’après-midi ;
c’est sur un boulevard, l’homme a la cinquantaine.
Mais qu’en est-il de tous ces jours déjà passés ?

C’est mardi, c’est jeudi, peut-être c’est dimanche.
Parmi les fougères ?
Sous la pleine lune ?
Un matin, une nuit de printemps,
ou serait-ce le soir ?

L’hiver et le printemps ne sont que des symboles.
Sous le Pont Saint-Michel ou sous le Pont de Pierre,
coule un même ruisseau d’oubli.
Il s’agit d’un oubli limpide.

Si mon langage semble obscur,
c’est que mes jours parfois le furent.
Cela procure les plus beaux thèmes,
les mots deviennent des étoiles.

Ce que les mots ont fait, peuvent-ils le défaire ?

Cochonfucius

Le prince

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Toile de Edmund Blair Leighton

Quand le serpent a cru à l’amour de la rose,
Il a, envers le prince, usé de son pouvoir,
Endormant cet enfant qui au désert repose
Et que ne trouble plus la lumière du soir.

D’un amour impossible à souffrir je m’expose,
Mais il n’est nul serpent que je puisse aller voir
Pour obtenir de lui la salutaire dose
Par quoi je vous dirais à tous un au revoir.

Je dois mener ainsi ma vie sur cette terre,
Je veux te consoler, princesse solitaire,
Mais plus je veux le faire et moins je sais comment.

Si quelqu’un m’avait dit autrefois cette histoire,
Je n’aurais pas été capable de la croire…
Tant de douceur pourtant au coeur de ce tourment.

Cochonfucius

un campement rustique

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Toile de Tish Tish

Les amoureux marchent pieds nus
Au printemps dans une herbe tendre,
Entourés de sons inconnus
Qu’ils ont seuls à pouvoir entendre.

Avant que le soir fût venu
Ils ont trouvé de quoi s’étendre ;
Les gestes longtemps retenus
Sont accomplis sans plus attendre.

Au lointain dorment les villages,
Nul paysan au pâturage,
Nul promeneur sur le chemin.

A l’horizon dort la montagne.
Dorment compagnon et compagne
Ici, sans penser à demain.

Cochonfucius

Meredith, again

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Toile de Mathis Miles Williams

Mon coeur me dit que sans dormir ton âme pleure
Quand d’une main ton beau visage en un sursaut
Est effleuré (je sens qu’il mourut un sanglot
Qui sombre murmurait dans le lit tout à l’heure),

C’est un petit serpent qu’on étrangle. Oh, qu’il meure !
Ce serpent est mortel pour l’auteur de ces mots.
Dans l’immobilité tu écoutes le flot
Dont les coeurs qui sont sourds à minuit savent l’heure

Du milieu divisant la mémoire et les larmes,
Buvant le gris et sourd et lent poison qui bat
Une lourde mesure au sommeil sans ébats,

Contemplateur des ans qui moururent sans charme.
Un vain regret pourtant qui ces deux coeurs désarme
Les fixe sur le mur, où ils semblent des bas-

Reliefs, ou des gisants qui ne se touchent pas :
Une épée gît entre eux, mais mourir de cette arme ?

Cochonfucius

Nef des Varègues

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image de l’auteur

Au bord de la Mer Noire ils sèment l’épouvante,
On les entend rugir, on les entend chanter ;
Femme du charpentier, Madone de clarté,
Retiens de leurs soudards la troupe menaçante.

Les démons à leur vue un vif plaisir ressentent,
Qui du chemin de Dieu se sont trop écartés ;
Soit pour les accueillir, soit pour les escorter,
Ils grouillent auprès d’eux, leur âme en est contente.

Par les pouvoirs divins, serons-nous secourus?
Ces navigateurs fiers, qui les mers ont couru,
Voudront-ils épargner l’église et la chaumine?

Par-dessus l’océan, plusieurs éclairs ont lui,
Les Varègues inquiets, fort prudemment, ont fui:
Nous contemplons au loin leurs vaisseaux qui cheminent.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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