Manoir suspendu

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image de l’auteur

Il peut voler vers les terres lointaines,
Le roi d’Espagne en a du déplaisir ;
Ses habitants n’ont guère de désirs,
Ils sont heureux dans la nef incertaine.

C’est l’eau du ciel qui leur sert de fontaine,
Elle se change en vin, pour leur plaisir ;
De leur manoir, qui peut les dessaisir,
Ou du trésor, ou des barriques pleines ?

Beaucoup plus bas sont les vertes pâtures,
C’est peu fréquent qu’ils ne s’y aventurent,
Mais le sol ferme, ils le trouvent marrant.

Ils sont volants, comme leurs grands-parents,
Ces habitants d’un monde transparent ;
Étranges sont les lois de la Nature.

Cochonfucius

Le quotidien de la métaphysique

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Questions et Réponses

I. Pourquoi le camembert est-il invisible ?

Ah bon ? Moi je vois parfaitement le camembert. Serais-tu une licorne ?

II. Pourquoi le gyrovague est-il silencieux ?

Le gyrovague veut toujours qu’on remarque sa présence, il croit que le silence va décupler sa visibilité.

III. Pourquoi le monde est-il confus ?

Parce que sa réalité n’est pas encore établie, il a seulement le statut d’une potentialité.

IV. Pourquoi le grand analyste a-t-il fait un don au rédacteur de ces pages ?

Parce qu’il a mangé le bel oiseau de la cascade.

V. Pourquoi les poètes ont-ils une production imprévisible ?
Parce que la combinatoire des mots tordus ne produira pas deux fois la même chanson.

VI. Pourquoi la maison offre-t-elle un godet ?

Parce que c’est la coutume.

VII. Pourquoi le prophète malhabile refuse-t-il de poser les cartes sur le plancher ou sur la table basse ?

Parce qu’il croit que cela pourrait offenser le législateur.

VIII. Pourquoi est-il difficile de calculer le prix d’une constellation ?

Parce que ce n’est pas une marchandise.

IX. Pourquoi ce site est-il un labyrinthe ?

Parce qu’il permet de vagabonder par des chemins obliques.

X. Pourquoi faut-il admirer le chiendent ?

Parce que le créateur du monde a fait le chiendent à son image.

XI. Pourquoi un oiseau est-il en accord avec les arnaqueurs ?

Parce que quand les fourbes rient, le geai ricane.

XII Pourquoi soignes-tu la ponctuation dans les sonnets ?

Parce que ce sont les transitions entre les quatrains et les tercets.

Cochonfucius

Sanctissima crux

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image de l’auteur

Ce sont deux beaux poissons, ce ne sont pas deux planches,
C’est la croix que je vois sur le mur du couvent.
Le fils du charpentier leur a parlé souvent
Quand il marchait sur l’eau, tout seul, à l’aube blanche.

Heureux comme l’oiseau qui chante sur sa branche,
Ces poissons immortels tout le jour vont rêvant ;
Tombe sur eux la pluie, souffle sur eux le vent,
Jamais il ne craindront l’éclair ni l’avalanche.

Ils vivent dans la paix, puisque leur coeur est droit,
Leur entrelacement représente la Croix
Que chanta le rhapsode ainsi que le trouvère.

Or, j’ai de l’amitié pour ces poissons pensifs,
Avec eux, je suis loin du monde convulsif ;
Et je crains un peu moins l’approche du calvaire.

Cochonfucius

L’oiseau qui lit Ronsard

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image de l’auteur

Sur un arbre, rêveur, cet oiseau lit Ronsard,
Mais sans lui reprocher ses images païennes ;
Il est admiratif de sa grâce italienne,
Lui qui rêve parfois de cultiver cet art.

Il ne jalouse point l’aigle au perçant regard,
Il savoure vraiment les joies qui lui surviennent :
Lire quelques sonnets des époques anciennes,
Saluer l’hirondelle au temps de son départ.

Son cousin lui apporte un petit vin de Beaune
Dans lequel le soleil transfuse un éclat jaune ;
Il oublie la chaleur à l’ombre d’un noyer.

Il médite à loisir dans son nid de brindilles,
Il mange une cerise, à la vigne il grappille ;
Une lettre il écrit, mais qu’il n’ose envoyer.

Cochonfucius

 

Renarde mélomane

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image de l’auteur

Une renarde au clavecin
Nous imita les vents farouches
Suivis d’un ténébreux tocsin,
Toutes ses griffes sur les touches.

Or, nous l’écoutions tristement,
Perdus dans nos rêves tragiques,
Des cordes le gémissement
Semblait une chanson magique.

On se retenait de parler,
Pris par cette immense harmonie,
Le son avait l’air de couler
D’une fontaine de génie.

Cochonfucius

Rêvant d’accoster

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Toile de Caspar David Friedrich

L’archange de l’automne a vu son temps s’éteindre ;
Il passe la consigne à l’hiver nouveau-né.
L’humain va de l’avant. Ce primate obstiné
Se risque encore un peu à souffrir sans se plaindre.

Ayant perdu le cap, sa voile n’est pas moindre,
Et ses calculs, pour être aux trois quarts erronés,
Ne sont pas moins savants. Le soir, il est vanné,
Titubant d’une allure impossible à dépeindre,

Mais il parle toujours avec grande assurance,
Car il sait qu’il sera jugé sur sa vaillance,
Qu’importe si c’est par un tribunal pervers.

Au-dessus de la mer planent des oiseaux tristes
Et le vieux capitaine en son chemin persiste,
Puisqu’une fois de plus, on entre dans l’hiver.

Cochonfucius

les sept dragons

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Art traditionnel chinois

Le dragon vert me fit désirer la croissance,
Le dragon rouge a mis du feu dans mon esprit ;
Le dragon jaune aidant, de l’honneur je m’épris,
Le dragon bleu me fit préserver l’innocence.

Le dragon rose offrit à mon coeur l’espérance,
Et la mélancolie me vint du dragon gris.
Ce que le dragon noir en dernier lieu m’apprit,
C’est que la mort est là pour notre délivrance.

D’un écrivain chinois qui fut vaillant et sage
Me viennent ces dragons au vertueux langage,
Chassant de l’univers la discorde et l’ennui.

Et c’est cette vision d’un compagnon poète
Qui m’a réconcilié avec notre planète
Et avec le retour du jour et de la nuit.

Cochonfucius

Coupure de presse

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image de l’auteur

Cochonfucius, lisant une coupure de presse,
en fit la paraphrase suivante

Mon supérieur m’a dit : « On m’a parlé de vous,
Et ce n’est pas en bien. Vous avez fait la fête
Dans les rues de la ville, hurlant des chansonnettes,
Au milieu de la nuit, en courant comme un fou,

Et vous poussiez, dit-on, pour couronner le tout,
Au long de ce périple une vieille brouette. »
Je n’ai rien répondu, j’ai incliné la tête,
Mais une précision m’est venue, tout à coup :

« En parlant de cela, vous me le rappelez :
Dans la brouette, chef, vous étiez installé. »

Cochonfucius

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Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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