Petits rois barbus

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Quels charmants rois ! Faut-il les présenter ?
À voir leur barbe, un visiteur devine
Qu’ils sont nourris de sagesse divine
Et que le barde a droit de les chanter.

Se partageant un royaume enchanté,
Ces deux larrons font toujours bonne mine ;
Quant aux malheurs, oncques ne les ruminent,
Mais du présent savent se contenter.

Jamais amour charnel ne les tracasse ;
Leurs songeries se perdent dans l’espace,
Mythes jamais ne les ont abusés.

Se reposant, ces quelques vers ils chantent,
Mais ils n’y voient nulle attention touchante ;
De romantisme, ils ne sont accusés.

Cochonfucius

Entre tes mains

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En inframonde obscur je ne veux point descendre,
C’est un endroit maudit, c’est un lieu sans amour ;
Il est trop éloigné de la clarté du jour,
Brûlez donc mon cadavre et dispersez les cendres.

Quand je songe à la mort, dont on ne peut s’éprendre,
Je ne saurais aimer ce chemin sans retour ;
La vie nous y conduit, malgré tous nos détours,
C’est un long fleuve orné d’inutiles méandres.

Vainement à son sort cette âme résistait,
Qui de pures amours autrefois attestait ;
Elle avait su trouver refuge en l’Écriture.

Maître de l’Univers, toi dont le coeur est droit,
Toi qui nous as donné de pacifiques lois,
Reprends entre tes mains ta douce créature.

Cochonfucius

Procès de la licorne

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Toile de Sidney Nolan 

– « Grande licorne, à la face des cieux,
Vous séduisez mon maître », dit la reine.
— « Non, Majesté, car d’une amour humaine
Ne s’éprend point la licorne ou le dieu. »

— « Grande licorne, enfin répondez mieux :
Qui tout un jour avec lui se promène ?
(Et au palais, bien ivre, le ramène) ?
C’est bien ainsi, je l’ai vu de mes yeux.

Construisez-nous un bûcher grand et beau,
Pour l’allumer préparez vos flambeaux ;
Malheur en ait cette bête cornue ! »

— « Bonjour chez vous ! » ; La belle fait un saut,
Puis le vent souffle et l’emporte si haut
Qu’on ne sait point ce qu’elle est devenue.

Cochonfucius

Faisan d’Adam, faisane d’Ève

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Édéniques oiseaux, plutôt fiers de leur corps,
C’est une vanité qui parfois les égare ;
L’arbre interdit leur plaît, le serpent les effare,
Avec lequel jamais ils ne sont en accord.

Or, sur Adam qui veille et sur Ève qui dort.
S’annonce le malheur que nul fruit ne répare ;
Quittant ce beau jardin pour un monde barbare,
Ils n’ont pas de plaisir à changer de décor.

Le chemin des humains n’est pas jonché de roses,
Ils seront occupés à de pénibles choses ;
Mais les faisans viendront en visite, parfois.

Peut-être, ils gagneront des quartiers de noblesse,
Adam sera seigneur, Ève sera princesse ;
Le fils d’un charpentier, bien plus tard, sera roi.

Cochonfucius

Arbre-temps

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C’est un Tigre, pour l’un, qui son parcours amorce ;
Un Lièvre pour un autre est le gardien du seuil,
Un modeste Rongeur, un Dragon plein d’orgueil ;
Douze beaux Animaux à la diverse force.

Tigre et Dragon n’ont pas de quoi bomber le torse,
Les Douze ont égal soin du berceau, du cercueil,
Des plaisirs de la vie, du nécessaire deuil.
Ils vivent dans un Arbre à l’éclatante écorce,

Qui grandit, loin de  nous, sous un noir firmament ;
Nous n’avons pas accès à ce compartiment
De la réalité, ou alors, dans nos rêves.

À cette obscure voûte, un astre sombre luit :
De sa noire lumière enténébrant la nuit,
Il porte un joli nom : « Soleil de la Vie Brève ».

Cochonfucius

D’argent à trois feuilles de sinople

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Un modeste blason qui de trois feuilles s’orne,
Un emblème banal, à bien d’autres pareil ;
Il n’y figure point de monstre à mille cornes,
Ni l’impossible fleur qu’on voit dans le sommeil.

Quand je le vois, je songe à des jardins sans bornes,
Au pampre d’une vigne, à du lierre vermeil ;
Et je songe à flâner loin de la ville morne,
Pensif sous un nuage, heureux sous le soleil.

Un saule près de l’eau fleurit pour un ondin,
Un lézard nonchalant rampe sur un rondin ;
Les fleurs ne disent rien, l’univers est tranquille.

Le vent fait avancer des rides vers le bord
De cette onde paisible, immuable décor ;
Tout ça m’est inspiré par ces feuilles subtiles.

Cochonfucius

Sans rechercher le temps perdu

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Toile de Svetoslav Stoyanov

Le temps jamais ne parle, et n’a point de visage.
Il nous défait, sans même entreprendre un combat ;
Comme dans la tourmente un vieil arbre s’abat,
Laissant indifférent l’agreste paysage.

À chacun d’entre nous d’accepter ses ravages.
En quittant nos régions, nous ne le fuyons pas ;
Le sombre métronome, allant d’un grave pas,
Se fait entendre aussi sur les lointains rivages.

En arrière de nous est un temps déjà long,
Nous en avons perdu les plus anciens jalons,
Premières excursions et premiers pas de danse.

Acceptons ce déclin, c’est le jeu, c’est la loi.
Restent quelques sonnets, qui sont de peu de poids,
Pour servir de témoin à nos brèves présences.

Cochonfucius

 

Goudeau voit une ombre

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Toile de Dali

L’homme, pour subsister, a jadis combattu
La faune, utilisant pour armes ses idées.
Même, ses inventions, quelquefois débridées,
Ont pu mettre en danger ce citoyen têtu.

Nu qu’il était jadis, le voilà bien vêtu,
Puis voilà sa raison bien ferme et bien guidée,
Qui rarement se voit par l’ombre intimidée :
Cela fait si longtemps qu’elle en a débattu.

Même, on sait abreuver de mots la galerie,
Car tout ce qui fait peur, il faut que l’on en rie
(Et mieux rira celui qui le dernier rira).

Elle est bien là pourtant, l’angoisse souterraine ;
Mais nous lui opposons la poésie sereine
Qui autant fleurira que la vie durera

Cochonfucius

Rimbaud voit une ombre

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Toile de William Hamilton

Rimbaud dit cette prose, amoureux d’une Hélène
Qui fait monter en lui la sève de printemps ;
Elle est répétée par la rumeur du torrent
Sous la ruine des bois, comme une cantilène.

Or, l’ombre a frissonné pour cette amour humaine ;
Ainsi qu’une légende au fond du ciel si grand.
Rimbaud s’est égaré dans cet éclat dansant,
Au plaisir du décor qu’abreuve une fontaine.

Cochonfucius

Véronique

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Toile de Frans Francken le jeune

Le fils du charpentier savait parler aux femmes,
Leur montrant le Royaume en termes pas trop durs
(Même si, par endroits, c’était un peu obscur) ;
Ce qu’il disait trouvait un écho dans leur âme.

Il guérissait la crainte ainsi que l’anémie.
Parfois, rien qu’en touchant son habit velouté,
Une malade a pu retrouver la santé,
Ou du moins, de son mal, ressentir l’accalmie.

Au méchant tribunal sa cause a succombé ;
Il a porté le bois trop lourd, il est tombé :
C’est une femme, alors, qui vient et le soulage.

Elle se tient au bord du long chemin de croix ;
Sur un morceau de toile elle applique ses doigts
Pour un peu rafraîchir ce douloureux visage.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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