Barde âne

ane-volant

Carte postale

Lorsque l’âne Anatole
Parle à l’âne qui vole,

Il lui dit : Cher monsieur,
Très pur âniot de Dieu,

(Asinulus Dei,
Comme en latin l’on dit),

Est-ce vous qui portiez
Le fils du charpentier

Quand il quitta la terre,
Aviateur solitaire ?

Non, dit l’âne volant ;
Moi je suis mécréant.

Si je rencontre un ange,
Je lui parais étrange ;

Si je rencontre un diable,
Je lui semble peu fiable ;

Si je vois une ânesse,
J’en fais une déesse !

Anatole applaudit
À ce que l’âne a dit,

Puis il reprend sa route ;
Aux grands chardons qu’il broute

Il répète l’histoire
De l’âne plein de gloire

Qui chemine dans l’ombre
Sans avoir le coeur sombre.

Cochonfucius

De gueules à deux renards d’or

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image de l’auteur

Les renards sont des plaisantins,
Et parfois, même, ils mentent :
C’est surtout l’espèce volante,
Experte en baratin.

Ne tombez pas sous leur emprise,
Ne leur accordez foi :
Avec leurs discours à la noix,
Ils vous mettraient en crise.

— Renards, si vous parlez ainsi,
Votre offre est bien tournée,
Mais je n’y perdrai ma journée,
Au revoir et merci.

Cochonfucius

Arbre d’Orphée

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image de l’auteur

Un arbre s’éleva, d’un élan rigoureux,
En entendant ta voix, Orphée, venant de Grèce ;
Tes doigts sur l’instrument dansaient avec adresse
Au rythme régulier de ton chant langoureux.

Une biche attentive, aux grands yeux amoureux,
Oublia le grand cerf dont elle fut maîtresse ;
Les animaux du bois furent pleins d’allégresse
En écoutant ce son qui les rendait heureux.

Toi qui pourrais charmer le soleil, les planètes
Et les démons du ciel, ces lanceurs de comètes,
Tu es de l’univers le meilleur musicien.

Comme elle songe à toi, l’Aphrodite marine
Qui voudrait te serrer sur sa douce poitrine
Et qui depuis longtemps te reconnaît pour sien !

Cochonfucius

Marie­-Madeleine

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Toile de Max Ernst

C’est Marie-­Madeleine, une humble pécheresse,
Qui sut apprivoiser le fils du charpentier.
Il ne l’eut pour servante et n’en fit sa moitié,
Mais marcher auprès d’elle était une allégresse.

Les apôtres bientôt la nommèrent prêtresse…
Or cette troupe-­là marchait sur les sentiers
Pour parler à chacun d’amour et d’amitié,
Guérir les maladies, soulager la détresse.

Le fils du charpentier comprend qu’il doit mourir.
Madeleine il dit d’éviter de courir
Aucun risque inutile. Elle dit : Tu ordonnes

Ton propre sacrifice et ton immolation,
Nous laissant dans la crainte et la désolation…
Du fond de mon chagrin, Seigneur, je te pardonne.

Cochonfucius

Fleur-hiéroglyphe

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image de l’auteur

On la trouve en Éden, auprès d’un vieux pommier,
Celui qui vit venir un tentateur notoire ;
Elle s’incline au vent, cette fleur sans histoire,
En se remémorant Adam,le jardinier.

Sur la branche de l’arbre est un pigeon ramier
Qui de ces temps bénis conserve la mémoire ;
Un hibou lui succède au coeur de la nuit noire,
Qui pour cueillir la pomme est souvent le premier.

Ces oiseaux pour ailleurs bientôt vont s’envoler,
Je pense qu’il leur plaît d’aller batifoler ;
La fleur s’endormira dans l’ombre du feuillage.

Les humains de jadis en d’autres terres sont ;
Mais l’arbre se souvient d’une de leurs chansons,
Quelques vers qui parfois flottaient dans leur sillage.

Cochonfucius

 

La main du chevalier

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image de l’auteur

Cette main qui portait une branche fleurie
S’empare d’une épée, ce n’est guère prudent ;
Mais tel est le vouloir du chevalier ardent,
Et son ange gardien ne veut pas qu’on en rie.

S’affrontant pour le coeur de la reine Marie,
Deux seigneurs sont en lice, et malheur au perdant ;
Du clair soleil déjà proche de l’Occident
Sont bientôt la lumière et la force taries.

Entraînés sans merci vers une issue fatale,
Ces hommes sont guidés par leur âme brutale ;
La reine les contemple avec des yeux cléments.

Elle voit ces héros qui leur vigueur étalent,
Et leur folle vaillance, et leur pulsion vitale ;
Elle les aime bien, ceux-là, décidément.

Cochonfucius

Ceci est mon cor

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image de l’auteur

En Aquitaine, à l’ombre des grands bois,
Résonne au soir une note orpheline ;
Elle s’élève et franchit la colline,
L’herbe la goûte et le chêne la boit.

On dirait bien que du cor c’est la voix,
J’en reconnais l’harmonie opaline
Qui fait danser une martre féline
Et soupirer une biche aux abois.

Entends ce cor, ô montagne assoupie,
Pour lui se tait la jacassante pie,
Pour lui s’éveille un lézard nonchalant.

Cette chanson, c’est un hymne à l’automne,
Elle est d’ici, que nul ne s’en étonne ;
Je reconnais son timbre clair et lent.

Cochonfucius

Verlaine voit du sable

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Photographie de Robert Doisneau

La Seine au long des quais n’est point toujours la même,
À certains de ses ports l’automne abat des noix ;
Et souvent les pêcheurs ont le bonheur suprême
D’avoir aménagé un confortable endroit.

Ce que je trouve beau : la Seine est sans problèmes.
Les poissons font leur vie, au hasard on les voit
(Un peu moins cependant, au moment du carême)
Danser à la surface, à l’ombre des grands bois.

Les deux rives de Seine, aventureuses marges
Font un passage étroit auprès du fleuve large,
Semblant dire « Avancez au chemin que voici ».

Et la Seine accomplit, sans prier Dieu ni Diable,
Son parcours la semaine et le dimanche aussi,
Portant les vieux chalands aux cargaisons de sable.

Cochonfucius

Aigle-charpentier

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image de l’auteur

Il connaît le cosmos et ses lois éternelles,
La terre, l’eau, la flamme et la douceur de l’air ;
Pour lui, les équations sont un langage clair,
La trigonométrie est chose naturelle.

Les neutrinos dansant comme des étincelles
Traversent vivement les atomes de fer ;
Les photons vont au loin, plus vifs que des éclairs,
L’aigle va s’élevant sur ses puissantes ailes.

Par un son d’inframonde il peut être alerté,
Il redescend alors, quittant le ciel sublime
Afin d’intervenir dans le sinistre abîme.

Certains jours, dans le vide, il vogue en liberté,
Comme un nuage errant, comme un oiseau de rêve ;
Nul ne s’offensera de ces absences brèves.

Cochonfucius

Nef des moines cénobites

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image de l’auteur

Cette nef est chargée de moines cordeliers
Qui franchissent la mer, tels de nobles corsaires ;
Je les vois naviguer vers de nouvelles terres
Où d’étranges oiseaux survolent les halliers.

Veuille les accueillir, rivage hospitalier,
Ce sont des visiteurs, et non des adversaires ;
Car les moines jamais ne sont fauteurs de guerre,
Même s’ils sont vaillants comme des chevaliers.

Ne crois pas qu’ils sont là pour une vie sans peine
Ou que l’abbé convoite une richesse vaine ;
Ils seront vertueux, le jour comme la nuit.

Abreuve de bon vin la troupe franciscaine
Qui plus ne reverra la terre armoricaine ;
Propose-leur aussi l’eau de ton meilleur puits.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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