Seigneur-Bouffon

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Le vieux seigneur-bouffon fait rire ses amies,
C’est un joyeux luron, mais pas un polisson,
Il narre ses récits, de sa voix de basson,
Il voudrait oublier la vieillesse ennemie.

Les armes de ses mots, et l’humour qu’il manie
Font de ce patriarche un aimable garçon ;
Il vide son godet sans faire de façons
Et, couché sur son lit, se souvient de sa vie.

Il revoit une ville et ses hautes murailles,
Il voit un condisciple aux cheveux en bataille,
Un officier marin, cultivant son honneur.

Il songe même, aussi, à cinq ou six maîtresses,
Qui de lui n’ont reçu presque aucune richesse,
Sinon quelques fragments des trésors de son coeur.

Cochonfucius

L’amphore de Diogène

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Acceptant tour à tour la joie et la douleur,
Le sage en un logis plutôt précaire habite ;
Mais sa vieillesse est digne et n’est pas décrépite,
Endurant sans broncher le froid ou la chaleur.

Ce citoyen de Grèce est homme de valeur,
Aussi dans sa poitrine un noble coeur palpite ;
La mort s’en vient vers lui sans qu’il s’y précipite,
Qu’il traite plaisamment de jeune fille en fleur.

Il mange calmement sa soupe réchauffée,
Et sa jeunesse alors lui revient par bouffées ;
Peut-être qu’en ce temps les dieux le trouvaient beau.

Le cynique penseur ne croit pas aux présages,
Mais il lit quelquefois l’amour sur le visage
D’une muse rêveuse, aux abords d’un tombeau.

Cochonfucius

Bourg natif

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Un jour mon pas ira dans mon pays natal,
À la tour sonnant clair, au grand palais hautain,
Tant de bacs sur un lac aux marins non mutins,
Puis un autan du soir, ni trop fort, ni brutal.

D’originaux buildings d’aluminium fatal
Sont aujourd’hui construits au pays si lointain,
Arborant un fanal ou un miroir sans tain,
Plus l’abondant fatras du puissant capital.

Faut-il alors partir aux coins inamicaux,
Dans un trou sans intrus, aux abords tropicaux ?
Nul attrait n’a pour moi un ban, fût-il brillant ;

Aucun goût pour partir sur un rafiot caduc :
Un horizon distant, au lointain fourmillant,
N’aura pas mon amour, ainsi qu’a dit Saint Luc.

Cochonfucius

Miroitier barbare

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Le miroir déformant veut refléter le monde,
L’altitude des monts, les arbres innommés,
Mais il produit souvent des reflets abîmés,
Univers décalé, réalité seconde.

Son imagination est-elle donc féconde ?
C’est à chacun de nous de voir et d’estimer
À quoi ce grand trafic d’images peut rimer,
Dont, sur blogs et forums, les exemples abondent.

Pourra-t-il amuser les enfants des cités,
Leur esprit créatif en est-il excité ?
Ou désireront-ils des choses plus étranges ?

L’hexapode lunaire en est peu convaincu,
Car le miroir confond sa tête avec son cul.
C’est vrai, tu as raison, c’est bizarre, dit l’ange.

Cochonfucius

Fleur de Saint Denis

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Cette fleur a poussé près de la basilique
Au jardin de l’évêque au pied des nobles tours ;
Monseigneur l’aime plus que les saintes reliques,
Il ne se lasse point d’admirer ses atours.

Quelques enfants de choeur à l’arroser s’appliquent,
Les nonnes du couvent lui parlent tour à tour ;
L’herbe de Saint Denis n’est pas mélancolique,
D’autres charmantes fleurs se montrent alentour.

Elle s’endort au son de la cloche qui tinte
En contemplant au ciel la lune presque éteinte ;
Une bénédiction d’une étoile parvient.

Je sais que d’une fleur l’existence est fort brève,
Mais elle dure assez pour nourrir un beau rêve :
Un qui comble le coeur, un dont on se souvient.

Cochonfucius

Le métier de chercheur

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Poster de Libertymaniac

Chercher, c’est être explorateur
Du possible et de l’impossible,
Cela tout en étant la cible
De sérieux évaluateurs.

Chercher, c’est être traducteur,
Déchiffrer l’incompréhensible,
En faire une prose lisible,
Dialoguer avec ses lecteurs.

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Citoyen, tu me subventionnes,
Je sais que parfois ça t’étonne,
Le désordre sur mon chantier.

Si tu prends ça pour du laxisme
Ou pour du bel amateurisme,
Détrompe­-toi, c’est un métier.

Cochonfucius

Encore Meredith

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Toile de Dali

Flattant ma vanité, un trop brûlant désir
S’est adressé à moi. Amie, je me contente
De jouer avec toi, puisqu’un tel jeu nous tente ;
D’aller sur cette voie nous fait tous deux frémir.

Si sur ta poésie j’ai voulu renchérir,
Ta réponse à ma voix est trois fois plus charmante.
Ce qui était secret devient chose flagrante,
Je ne permettrai pas qu’on vienne l’appauvrir.

Puisque mon sort dépend de ce que je te dois,
Sérieuse est ma prière, et je dis : pense à moi,
Règne sur ton poète, amie de mes pensées.

S’il existe un soleil n’éclairant qu’une fleur,
S’il existe un soleil qui sent battre son coeur,
Fais de moi un soleil allant sur sa lancée.

Cochonfucius

Dans le creux de la nuit

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Toile de Edvard Munch

Danse onirique et noire, et pure, et silencieuse,
Cerveau unique où deux esprits sont enlacés ;
Un lien sans avenir, sans contact, sans passé,
Gardé par quatre cents missives sentencieuses.

Dans le creux de la nuit, interjections fiévreuses,
Désespoir de dormir à soi­-même embrassé ;
Traversant en apnée, tel un grand cétacé,
La longue nuit d’hiver et ses fosses ombreuses.

Ermites vont plaidant une saine abstinence
Qui permettrait d’atteindre une humble transcendance ;
Le mérite survienne à qui survit ainsi.

Je m’assieds dans le noir, j’allume une lanterne,
Et je laisse flotter mes sentiments en berne :
La transcendance est là, dans cette voie aussi.

Cochonfucius

Adam et Lilith

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Toile de Nancy Denommee

Adam aimait l’amour sans avoir jamais vu
De féminin minois… et puis, une luronne
Qui n’a pas froid aux yeux, à ce point l’impressionne
Que son cœur de l’Eden ne se satisfait plus.

Et lui qui se montrait tout innocent et nu
Devient majestueux au milieu de l’automne,
Les oiseaux du jardin, bien sûr ça les étonne,
De le voir explorer ce parcours inconnu.

Mais Adam n’est pas libre, et sa vie est inscrite
Au plan du Créateur, en sa règle, en ses rites.
Lilith partit un jour vers je ne sais quel sort.

Adam n’a de cela gardé nulle souffrance,
Ce bel amour était une vaine plaisance ;
Celui qu’il a pour Eve est fort comme la mort.

Cochonfucius

Synchronicité

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Toile de Max Ernst

Apprenons chaque jour la force du silence.
Il nous en a fallu, du temps, pour le choisir,
Combien nous en avons débattu, à loisir,
Mettant sincèrement nos coeurs dans la balance.

Je n’écris pas ceci par jeu, par nonchalance,
Ni pour faire de l’art, ou me faire plaisir,
Mais pour exorciser l’intrusion du désir
Bousculant de nos vies la tranquille ordonnance.

Si nous l’apprivoisons, nous verrons survenir
Chacun au fond de soi, les plus beaux souvenirs,
Ni vraiment différents, ni tout à fait semblables :

Comme s’ouvrent deux fleurs d’automne, au même instant,
Dans deux jardins qui sont l’un de l’autre distants,
Et semblent partager un désordre ineffable.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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