Pierre Abélard à Saint-Denis

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Toile Eoindel

Abélard, dont le peuple admirait les discours
A pour amante pris la très sage Héloïse,
Et l’histoire nous dit combien cette entreprise
Les laissa tous les deux sans joie et sans secours.

Bien que leur aventure eût ainsi tourné court,
Héloïse resta sous cette étrange emprise.
A leur sort inhumain ces deux âmes en prise
Ne perdirent contact, au long de leur parcours.

Et quand je pense à eux, je leur donne raison,
Car, n’ayant plus de fruits dans leur froide saison,
Ils cultivaient la fleur des amours impossibles.

J’admire même un peu leur double célibat.
Chacun de leurs deux coeurs, qui contre l’autre bat,
A le droit de ne pas demeurer impassible.

Cochonfucius

Federico voit des lézards

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Toile de Edvard Munch

J’ai vu Maître Lézard en pleurs dans les herbages,
J’ai vu Dame Lézard, des larmes dans les yeux ;
Ils ont perdu ce qu’ils avaient de plus précieux :
Le bel anneau de plomb, témoin de leur mariage.

Par-dessus la prairie, c’est l’azur sans nuages
Qui embarque à son bord les habitants des cieux.
Capitaine dodu, le soleil orgueilleux
En gilet de satin conduit son équipage.

Qui entend des lézards l’émouvante supplique ?
Pourront-ils retrouver leur anneau métallique ?
Il faut craindre que non, car nul n’en a souci.

Federico chanta cette étrange comptine,
Beau souvenir pour moi de lecture enfantine ;
Devenu vieux lézard, je lui dis grand merci.

Cochonfucius

Ce sont…

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Image extraite de Another brick in the wall

Ce sont les nièces des vampires
Qui voulaient étudier Shakespeare
A la lumière d’un lampyre
Dans un coin perdu de l’empire.

Au bout d’une heure, elles soupirent :
Comme étude on ne fait point pire ;
Aux exploits sportifs on aspire,
Aux gestes qui font qu’on respire.

Ces nièces que le sport inspire
Vont sur le terrain, et transpirent,
Puis contre l’arbitre conspirent ;

Nièces qui lecture rompirent
Puis aux vestiaires se tapirent ;
Enfin, qui sait pourquoi, glapirent.

Cochonfucius

Crocolionne

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Assemblage de l’auteur

Dans les tréfonds d’un caveau noir,
J’entends chanter la crocolionne ;
Du cimetière, vers le soir,
Cette habitante m’impressionne.

Que chante-t-elle : une prière ?
Une villanelle d’antan ?
Sa voix murmure sous la pierre,
Presque personne ne l’entend.

Jamais sa force ne s’augmente,
Faute de trouver à manger ;
Son âme est à peine vivante,
Son existence est en danger.

Elle survit dans la poussière,
On ne lui donne plus les morts ;
Des crocolionnes la dernière
Sans fin nous dit son triste sort.

La crocolionne qui soupire
Dans les confins des lieux sacrés
Aimerait mieux être un vampire
Nourri de vie au goût sucré !

Cochonfucius

Cardioptère

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image de l’auteur

Je vois voler un coeur vibrant comme une lyre
Et si tendre avec moi que ça me fait sourire ;
Car il croit que pour lui le monde est caressant
Et que la joie est là pour tout ce qui respire.

Il fut parfois fébrile et parfois languissant,
Il fut même enivré par les fumées d’encens ;
Il est vieux maintenant, peu de choses l’attirent,
Il vole, calme et lent, dans le jour finissant.

Il sait que son histoire est un récit sans suite
Dont il garde pourtant des souvenirs charmants,
Il sait que l’univers lui fut assez clément.

Les nuits suivent les nuits, les jours prennent la fuite
Et du comte Roland je n’entends plus le cor ;
D’un orchestre lointain résonnent les accords.

Cochonfucius

Hommage à deux chats poètes

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Shunga de Utamaro

Félin songeur, quand tu écris à ta voisine,
Tu ne dois afficher d’excessive rigueur.
De ta plume chacun devine la vigueur,
Montre-la nous plutôt douce, et gentille, et fine.

Si tu bois l’apéro dans sa belle cuisine,
Affirme-toi poète, et même un peu blagueur.
Que tu ne sois point pris pour un vilain dragueur,
L’amour n’est ce qu’on dit, mais ce que l’on devine.

Conflit, plus que bouteille, est ce qu’on doit vider.
L’esprit en séduction ne faut dilapider :
Car sagesse, autrement, deviendrait vil tapage.

Ne tiens compte, jamais, de ce poème fol ;
Il vaut moins que le dièse, et moins que le bémol
Dont j’orne partitions qui nous sont en partage.

Cochonfucius

Petite célébration

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Composition de l’auteur

One fine day, the drifter was about to drink several glasses of white wine with a scholar who had just reached half a century of age. He sang in French:

Pour ton anniversaire,
on t’offre un coup à boire,
Avec la prédiction
de beaux jours sans déboires.
Tu veux savoir quels sont
ces charmants lendemains ?
Regarde, du futur,
le tortueux chemin :
Il s’améliore au gré
du lent effort humain.
Comment le suivrons-nous
jusqu’aux jours sans déboires ?
Kein Problem ! There we go!
Mais d’abord, il faut boire.

Cochonfucius remarked: you cannot be forever young, but you can stay immature as long as you wish

Un beau jour, le gyrovague s’apprêtait à vider quelques godets de vin blanc avec un érudit qui venait d’atteindre un demi-siècle d’âge. Il composa cette chanson:

Pour some wine in your glass
and listen to this song,
As from your birthday on,
your troubles won’t last long.
Trying to see the light
in tomorrow’s landscape,
Remember, if you’re lost,
it means you shall escape.
It also means you are
giving the world its shape.
Can you follow the road?
Do you find it too long?
Knock down this glass of wine,
and your life is a song. 

Cochonfucius fit la remarque suivante : « La jeunesse ne dure qu’un instant, mais l’immaturité se conserve sans problème. »

Cochonfucius

Sans rêves

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Toile de Keith Vaughan

Abel, ce n’est pas moi, c’est cette lourde pierre
Qui t’a ôté la vie, et tu m’en vois surpris.
De mon triste forfait, comment payer le prix,
Même en me repentant pendant ma vie entière ?

Abel, ton nom sera toujours dans mes prières,
Chaque année je ferai l’offrande d’un cabri,
Même quand mes cheveux seront devenus gris,
Et la veille du jour où je serai poussière.

Abel, si tu le peux, dans mes rêves surviens
Pour guider mon esprit, chaque nuit, vers le bien,
Comme une étoile guide un marin vers son havre.

Or, quelques jours plus tard, la voix d’un revenant
Vint prédire à Caïn : « Ton sommeil maintenant
Sans rêves coulera, tel celui d’un cadavre. »

Cochonfucius

La fraternité

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Toile de Léon Bonnat

Abel, mon compagnon, accepte un peu de bière !
Car, depuis bien des jours, tu n’en as pas repris ;
Pourtant c’est un plaisir qui toujours vaut son prix,
L’homme qui a bien bu aime la terre entière.

Abel, mon doux frangin, prends un peu de gruyère !
Le mangeur de fromage est gai comme un cabri ;
Il oublie la fatigue, il oublie le ciel gris,
Et que l’homme est un corps qui retombe en poussière.

Abel, tu ne bois pas, et tu ne manges rien,
Mais tu devrais, pourtant, puisque c’est pour ton bien,
Je fais tous mes efforts… ah, vraiment, ça me navre.

Or, Caïn continue à être prévenant,
Cela fait quelque temps qu’il parle, maintenant ;
Abel ne répond rien, ce n’est que son cadavre.

Cochonfucius

Cinq maisons

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Toile de Dali

Dans une maison mauve habite un Australien,
Un buveur de café dans la maison de briques.
Il ne boit que du thé, le voisin ibérique ;
Le Néo­-Zélandais possède un petit chien.

Près de la maison bleue, au Un, le Norvégien.
Le fumeur de Dunhill élève des bourriques.
Ceux du numéro trois ont du vin en barriques.
Ce sont des Marlboro que fume le Malien.

Dans une maison jaune, on fume des Gauloises.
On note un voisinage entre brique et ardoise.
Le fumeur de Camel boit de la bière à flots.

Or, les Gauloises sont d’un éléphant voisines ;
On trouve la Gitane auprès d’une lapine.
Qui possède le zèbre ? Et qui est buveur d’eau ?

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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