Un buveur raisonnable

buddy-christ-with-beer.jpg

Détournement  d’image pieuse

Le fils du charpentier, qui n’avait pas d’argent,
Veut aller boire un soir, et s’en revient sur terre.
Le patron de l’auberge, un homme un peu austère,
Lui dit « Nul ne boira chez moi gratuitement ».

En entendant cela, un buveur allemand
Au fils du charpentier offre un verre de bière.
Le Seigneur, ayant dit une courte prière,
Lui guérit son arthrose, un mal très déformant.

Un vieil Anglais survient, et offre encore un coup ;
Et pour récompenser ce geste de bon goût,
Le fils du charpentier guérit sa lombalgie.

D’un gars français il eut un grand verre de vin,
Mais une guérison, il proposa en vain ;
Puisque notre homme était en arrêt­-maladie.

Cochonfucius

Chapitres

erable.jpg

image de l’auteur

Un vieux chercheur, à l’ombre d’un érable,
Depuis neuf jours, compose un long traité
Sur le Réel et sa mobilité.
En imitant ses Maîtres vénérables,
Il dit l’Étant et ce qui a été.

En écrivant sous la vaste ramure,
Il songe au sort qui fut celui des rois,
Comment ils sont changés en chiens, parfois,
Comment certains, à ce que l’on murmure,
Portent le deuil, le soir au fond des bois.

C’est inspiré par Leconte de Lisle
Qu’en quelques vers son texte il découpait.
Un relecteur en lisant se marrait,
Il en trouvait la langue un peu facile
Et le substrat vraiment pas bien épais.

À chaque page, il éclusait sa bière.
Au bout d’un temps, il se sentit bien lourd.
De son esprit l’aventureux parcours
Se trouvant pris au piège d’une ornière,
Il transcrivit un très obscur discours.

La nuit s’en vint, avec sa lune bleue.
D’un lumignon, le Maître s’éclaira,
Et le Traité en longueur s’étira.
On entendit, dans ce coin de banlieue,
Une chanson que chantait Fortunat.

Dans la banlieue pourrie où rien ne bouge,
Un érudit commente maintenant
Le grand traité aux mots tourbillonnants.
Il trace en marge, à longs traits d’encre rouge,
Sa prose autour du texte rayonnant.

Cochonfucius

Les sept renards

renard-d-or.jpg

image de l’auteur

Non loin du Pôle Nord vit le renard d’argent ;
De gueules, son cousin lui fait guerre jurée,
Par le goupil d’azur rarement arbitrée.
Le goupil d’or ne va jamais où sont les gens.

Le renard de sinople erre invisiblement
Au pays savoureux des lurettes fourrées ;
Le blanc goupil d’hermine à la griffe acérée
Contre tout ennemi se bat, terriblement,

Que ce soit l’ours du bois, le démon des fougères
Le troll de bière empli, la licorne légère
Ou la chimère prompte à sortir de ses gonds ;

Celui que je préfère est le renard de sable.
Il fait en promenade un compagnon passable,
Et du blasonnement capte bien le jargon.

Cochonfucius

Voir venir la suite

n-d-bd.png

image de l’auteur

Encore un an qui va finir,
Le barde songe à l’avenir.

Il y songe, mais sans alarme,
Sans trembler, sans verser de larmes.

Même, il s’égare, par instants,
On ne sait pas combien de temps.

Puisque la vie n’est pas amère,
Rêvons à de belles chimères.

Elles sont plaisantes à voir,
Plus que nos austères devoirs.

Elles sont douces à entendre,
Ayant une voix grave et tendre,

Au lieu de pourchasser l’amour,
Buvons, dans le calme des jours,

La bière fraîchement brassée,
Servie froide, mais pas glacée.

Cochonfucius

Saint Romuald

etoa.png

image de l’auteur

C’est un bélier divin, ce n’est pas un jocrisse,
Il vit dans un alpage au magique décor ;
Plusieurs petits serpents gigotent en coulisse
Et le chien du troupeau prend bien soin de son corps.

L’aigle vole un peu bas, le sphinx a des caprices
Et parfois l’on entend le son lointain du cor ;
L’alpage ne connaît nul agent de police,
Une sage brebis règle les désaccords.

C’est au printemps, surtout, que la montagne est belle,
Austère par endroits mais jamais trop cruelle ;
Le berger se comporte en humble serviteur.

Veuillez prier pour nous, saint bélier plein de grâce,
Aussi pur que la neige où vous laissez vos traces
Ou qu’un agneau dont vous êtes le géniteur.

Cochonfucius

Le Seigneur d’Alpha Pavonis

e2gi.png

image de l’auteur

Sur Alpha Pavonis la vie est lumineuse,
On y observe un Troll qui s’y connaît en fruits ;
C’est un monde paisible où rien ne se produit,
Où ne se posent point de questions épineuses.

Aucun archéologue ici ne vient et creuse,
Aucun trésor caché nos âmes ne séduit ;
Le Cosmos tout autour se forme et se détruit,
Le ciel est indulgent, la vie est savoureuse.

Le Seigneur, quelquefois, du trône descendant,
Parcourt à petits pas cet univers ardent
Dont il sait admirer la subtile ordonnance.

Ce bon maître avec nous se montre paternel ;
Il ne fait pas semblant d’être un prince éternel,
Il trouve la sagesse en son impermanence.

Cochonfucius

De gueules aux remparts d’argent

meerane-d.png

Image d’Herald Dick

Des remparts, mais aussi des grillages, des trappes,
Il est bien défendu, ce redoutable lieu !
En fortifications, Vauban ne fit pas mieux,
Cet endroit n’est pourtant qu’un palais de satrape.

Le maître de ce bourg se prend-il pour un pape ?
Il ne prie pourtant pas, il traîne dans son pieu,
Content de s’en remettre à la grâce de Dieu,
Lequel lui garantit de plaisantes agapes.

Quelques vins capiteux arrosent les bons plats
Dans la salle à manger qu’illumine l’éclat
Des lustres de cristal, véritables merveilles ;

C’est dimanche, aujourd’hui, je reçois mes voisins,
Ceux qui ont récolté des tonnes de raisin
Dont nous boirons, ce jour, le nectar en bouteilles.

Cochonfucius

Marot, verre en main

clement-marot.jpg

Clément de la vigne eut l’amour,
Aussi de la bouteille ;
Aux bons raisins il eut recours,
C’est douceur nonpareille :
Le cépage il a toujours su
Dont est breuvage issu.

Héphaïstos, aimable dieu,
Sait boire sous sa tente ;
Quand elle a goûté du vin vieux,
Son épouse est vaillante :
Au grand Arès, en sa saison,
Elle a rendu raison.

Dionysos même le savait,
Il faut bénir la vigne ;
Et plus d’un buveur le suivait,
Témoin en sont ces lignes :
Et si vous êtes ainsi nés,
Vous êtes fortunés.

Cochonfucius

Fable sans vraie morale

raven-sm.jpg

Image 3D John Beder

Corbeau qui perdit son fromage
D’en trouver d’autre avait souci ;
Il allait, honteux et transi,
De la désolation l’image.

Manger des raisins le soulage,
Voir souffrir le renard, aussi ;
Un calendo, même durci,
Le satisferait davantage.

C’est du corbac l’infirmité :
Plus rien ne peut-il méditer
Que son infortune passée.

Oiseau noir, médite à loisir !
Ça peut corrompre ton plaisir,
Mais ça renforce ta pensée.

Cochonfucius

Monde polychrome

la-chapelle-des-marais.png

image de l’auteur

Une vigne d’antan mûrit en ma mémoire,
Ployant sous son feuillage et ses raisins de moire ;
Et l’aube en un jardin, quand le ciel devient blanc
Et que l’ondine parle au loup d’azur tremblant,

L’herbage combinant sinople et rutilance
Où se promène un monstre empli de nonchalance,
Et le dolmen d’un troll, échafaudage ancien
(On a souvent voulu savoir comment il tient) ;

Combien j’aime revoir ces formes familières,
Quand le ressouvenir leur offre sa lumière !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.