La culture vivante

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Cette intervention parle de la culture acquise par la fréquentation du gyrovague et des autres versificateurs.

Nous allâmes visiter le gyrovague dans son atelier au sous-sol, qui s’appelait alors le grenier, ou le garage, avant que les escargots ne le rebaptisent à la berlue septième du tremblement huitième sous le règne du roi des cloportes. (Ce monarque était un cloporte immonde des temps préhistoriques, qui était parfaitement antipathique à tout le monde). Le gyrovague entamait alors ce qui devait être connu plus tard comme sa “période flamboyante”, mais mon chameau et moi prîmes des photographies de son antre, ce qui fait qu’il ne commença cette période fameuse que dix minutes plus tard. Comme elle devait durer deux cents ans, ces dix minutes n’eurent pas une importance excessive.

Le gyrovague était un petit rhinocéros qui avait une drôle de façon de galoper en plaçant un pied devant l’autre et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il exécute ce qu’il appelait des “grands bonds en avant”. Nous rîmes beaucoup de ces pitreries inoffensives, mais sur ce site, il y a très peu de ces occasions de rire.

— Laissez-moi tranquille, dit le gyrovague. J’étais en train de méditer. J’éprouvais quant à moi le sentiment que le gyrovague avait raison : il était en train de méditer.

Si je me souviens aussi parfaitement de tous ces événements, c’est parce qu’ils se déroulèrent juste avant la longue nuit que nous passâmes tous dans un petit placard vert, là où la confiture de flammes surgissait par intervalles, et où elle disparaissait aussi soudainement.

Le gyrovague venait de la province emplumologique, et le chameau se plaisait à dire que seul un emplumologue véritable pouvait se comporter comme il le faisait ; c’est-à-dire qu’il rendait parfois visite à ses disciples en Emplumologie. Tout ce bazar était réellement crapuleux à voir et à entendre.

Je me rappelle un après-midi, où nous étions de nouveau dans le placard vert, avec nos pieds dans la confiture, quand le chameau se mit à dire :

— Le créateur du monde rugit du haut du ciel nocturne, du fond de sa demeure sainte, il fait retentir sa voix ; il pousse des rugissements contre le lieu de sa résidence. Il lance des clameurs, comme les fouleurs du raisin, vers tous les habitants de la terre.

Le gyrovague trouva la réflexion très drôle. Que ne suis-je doué de son sens de la blague !

Cochonfucius

Pays banal

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Pays du monstre d’or, pays comme les autres,
Quelques champs de sinople et des cours d’eau d’azur,
Vieux arbres, vieux buissons, vieux chemins et vieux murs ;
Le monstre est fatigué, dans l’herbage il se vautre.

Dans l’inframonde rouge, on voit le Maître Cygne ;
Il se montre, entouré de créatures d’or
Qui boivent du bon vin et chantent un peu fort,
Aucun voisin ne râle, entends-tu, c’est bon signe.

Encore un jour qui passe, un jour de canicule,
Je l’orne du blason de ce pays banal ;
Je ne compose pas son hymne national,
De peur de composer un hymne ridicule.

Cochonfucius

Serpent exoplanétaire

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Un soleil triple, et pas d’humains,
Quel curieux genre de planète,
Quarante pommes de rainette
Et pas une paire de mains.

L’arbre est présent, avec son fruit,
L’humanité en est absente ;
Qui faudra-t-il donc que je tente,
À qui ferai-je des ennuis ?

Ainsi songeait un vieux serpent
De sinople parmi les branches,
Se désolant dans l’aube blanche
De son astre sans habitants.

Cochonfucius

Nouvelle exoplanète

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Astre de marbre et d’or qu’un calcul dévoila,
Quelle vie sur ton sol est-elle déjà née ?
Et combien dure un jour ? combien dure une année ?
Voyez l’exopanète, amis, admirez-la.

Quelle faune fossile, enfants, gît-elle là ?
Vit-on, dans un jardin, une Eve infortunée ?
Les villages ont-ils des maisons surannées ?
Trouve-t-on un Hugo qui en mer s’exila ?

J’irai te visiter, ô planète charmante,
Je saurai si ton ciel est chargé de tourmentes,
Si l’automne naissant change la feuille en or.

Je verrai si tes rois choisissent des amantes,
Si ton peuple connaît des histoires démentes,
Si ton vin est servi, pas plus haut que le bord !

Cochonfucius

Cieux de pourpre et d’argent

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Dans le grand ciel d’argent est un oiseau fantôme
De sable qui, le soir, jongle avec des atomes ;
Et le beau ciel de pourpre a des renards d’argent
Transmettant des récits qui font rire les gens.

Il est un autre ciel où les soleils s’égarent,
Passant de l’est à l’ouest, ainsi, sans crier gare,
Passons-leur, cependant, ces quelques libertés :
C’est peut-être à ce prix qu’on obtient leur clarté.

Cochonfucius

Planète Mille Plateaux

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Sur les vastes plateaux sont de blanches coupoles,
Elles sont l’ornement d’antiques nécropoles ;
Un prophète y repose en un tombeau banal
Près d’une source d’eau, sous un arbre automnal.

Pas de scribe, jamais, pour noter ses paroles,
Lui dont la voix plaisait aux passereaux qui volent ;
Or, quand il s’endormit de son sommeil fatal,
Il lui sembla revivre en son azur natal.

Son corps n’est plus astreint aux stériles efforts ;
Il fait à ses amis l’éloge de la mort
Qui vient à point nommé, quand elle est naturelle.

Mots d’encouragement, paroles fraternelles,
Car il ne prenait point de poses solennelles ;
Avec chaque disciple il était en accord.

Cochonfucius

Poète, qui t’a dit que j’étais si fragile ?

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Toile de William Adolph Bouguereau

Poète, qui t’a dit que j’étais si fragile ?
Tu penses que mes doigts sont faits de fine argile ?
Avoir peur d’une vache, avoue que c’est ringard.
Et devrais-je, aussi bien, lui montrer des égards ?
« Madame la génisse, offrez votre mamelle
À votre humble servante, innocente pucelle… »
Je veux bien avoir peur du taureau, du bélier
Ou du bouc, ou de toi, l’habile parolier.

Cochonfucius

Tailler une plume

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Huile sur bois de Gilles Peyrache

Au passage du chat, tu perdis une plume,
Mais tu es parvenu à reprendre ton vol
Vers le ciel traversé de nuages d’écume.
Je ne laisserai point ta plume sur le sol,

Que les autres oiseaux n’en aient point d’amertume.
Le chat, bien innocent, boit le fond de son bol
Et s’en va contempler l’aurore qui s’allume
Ou peut-être jouer avec les campagnols.

Si je taille la plume, elle dira mes rêves,
La douceur de mes jours, la noirceur de mes nuits,
La suite des travaux qui jamais ne s’achève ;

Les chansons que dehors chante une voix de femme,
Qui font que l’on oublie la fatigue et l’ennui,
Petite plume, habile interprète des âmes.

Cochonfucius

Vélo qui plane

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Image du blog Herald Dick Magazine

L’extra-terrestre vole aux monts de Slovénie ;
Il va vers la planète où l’attend son amour,
Quelques étoiles d’or s’allument à l’entour,
Sa longue trajectoire en est moins alourdie.

Trop rester sur la Terre eût été maladie,
Donc, il était bien temps d’écourter ce séjour
D’un voyageur qui vint chez nous pour quelques jours ;
Et qu’il voyage en paix, lui qui nous étudie.

Tu trouves ce récit tiré par les cheveux ?
Bon, c’est une fiction, oublie-le, si tu veux,
Choisis, pour t’amuser, d’autres conteurs habiles.

Le vélo, à nos yeux, sera bientôt caché,
Alors, bien sagement, nous irons nous coucher,
Bercés par la rumeur de la terrienne ville.

Cochonfucius

Armes de la muse

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image de l’auteur

La muse a pour blason la très simple peinture
D’une femme qui tient la Lune (un croissant fin)
Sous le regard d’un monstre (ou serait-ce un dauphin ?)
Et qu’accompagne aussi un centaure immature.

Nulle écharpe d’argent ne tient lieu de ceinture
À sa robe flottant dans la brise, sans fin,
Nul archange n’est là, nul troll, nul séraphin,
Ils s’en sont tous allés vers d’autres aventures,

Le troll veut acheter du camembert normand,
L’archange doit sauver la Belle au bois dormant,
Le séraphin flâner sur les bords de la Seine.

Parle-nous maintenant de tes enchantements :
Es-tu la fée des vers ou celle du roman ?
— Moi ? Je suis, chers buveurs, la muse clunisienne.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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