Temple barbare

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image de l’auteur

Segalen vérifie la colonne et la dalle.
C’est de la bonne pierre, il en est satisfait.
Il félicite alors le scrupuleux préfet
Qui a fait émerger la nef monumentale.

Segalen évalue la solide charpente :
Il en remarque alors les éperons cornus
Qui semblent menacer quelques trolls inconnus ;
Il interroge alors l’instance compétente.

On lui répond : — Ce sont les ancres bénéfiques
Qui fixent au Réel ce nouveau bâtiment,
Comme dans votre corps le font les ligaments,
Ou sur un vêtement les noeuds honorifiques.

Segalen est heureux, l’enthousiasme le gagne
Face à l’achèvement de cette construction ;
Aussi lui offre-t-il une bénédiction,
Brisant sur la façade un flacon de champagne.

Cochonfucius

Sable, or, azur

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Image d’Herald Dick

Le troll danse au milieu des saules,
Je le prends pour un petit dieu ;
Le mouvement de ses épaules
Est, dans l’azur, si gracieux !

Environné de l’or des feuilles,
Son rire est proche du sanglot ;
Est-ce du sable, est-ce de l’eau
Qu’au clair ruisseau, ses pieds recueillent ?

Sable, or et azur inconnus,
Qu’en aurai-je ici retenu ?
Je ne connais pas leur nature.

Ici ne vient nul rossignol,
Ici ne viennent que des trolls :
Et bien malin qui les capture.

Cochonfucius

Le troll des lyres

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image de l’auteur

Troll des lyres, tu fais ici le bel esprit,
Cela, c’est un talent que j’aimerais apprendre ;
Tant de subtilités que j’aimerais comprendre,
Tant d’aspects du réel que je n’ai pas compris !

Au moins, ne traite pas mon cas par le mépris,
J’aime dire des vers à qui veut les entendre,
Et j’aime surtout ceux, comme on peut s’y attendre,
Des rimeurs du passé, dont je suis fort épris.

Et sans cet aliment, comment pourrais-je vivre,
Sans ce nectar divin que je trouve en mes livres,
Sans l’immortel Ronsard, pour ne nommer que lui ?

Donne-moi des leçons, si tu veux, troll des lyres,
Conte des fabliaux qui me feront bien rire ;
Ensuite, on ne rit plus, dans l’éternelle nuit.

Cochonfucius

Chien sans collier

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image de l’auteur

Ce chien ne reconnaît ni maître ni maîtresse,
Il pourrait obéir mais ça ne lui dit rien ;
Cependant il veut bien accepter les caresses
Et se promène, sauf s’il fait un temps de chien.

Or, c’est ainsi qu’il mène une vie d’allégresse,
Accompagné d’humains qui le comprennent bien ;
Et puis, il ne commet jamais de maladresse,
Quand il n’est pas d’accord, sa colère il retient.

Il s’assoit au jardin pour admirer les roses,
Il reste sans rien faire, il songe à mille choses,
Si j’ouvre le portail, il ne dira pas non.

Sans qu’il ne soit soumis, l’animal est fidèle,
À certains points de vue, c’est un clébard modèle,
Ce poème aurait pu rendre honneur à son nom.

Cochonfucius

 

Les soupirants

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Paul-Albert Laurens

Le pape en son jardin veut recevoir la reine,
Qui devenir papesse oncques ne souhaiterait.
Plutôt avec l’ermite errer dans la forêt,
Même au coeur de la nuit, puisque la lune est pleine.

L’ermite reste froid devant sa souveraine,
Pour ce qui vient du monde il n’a plus d’intérêt.
Une cruche de vin capiteux et bien frais
Suffit pour lui garder sa bonne humeur sereine.

Mais moi, dit le héros, cette reine, je l’aime,
Et je l’ai affirmé souvent dans mes poèmes.
La reine a peu de goût pour les alexandrins.

Alors notre héros s’enfuit dans la montagne,
Une envie de rester seul pour un temps le gagne.
La reine fait sa vie avec le fier Mandrin.

Cochonfucius

La papesse Jeanne

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image de l’auteur

D’où venait cette nonne ? Était-ce de Cythère,
Ainsi qu’un cardinal en un temps le pensa ?
L’Histoire, à ce sujet, point ne se prononça,
Il se peut qu’à jamais cela reste un mystère.

Pour le trône sacré, la charge fut légère ;
Même, en la grande salle, un jour, elle dansa,
Mais ses pesants devoirs jamais ne délaissa
Auxquels, nous apprend-on, bien d’autres dérogèrent.

En rêve je revois sa grâce et sa beauté,
Son humour, ses regards, sa candeur, sa piété :
Ronsard, viens à mon aide, et prête-moi ta plume !

L’homme ne peut faillir, quand Ronsard le conduit,
Et chaque rimailleur qui son oeuvre poursuit
Produira des écrits meilleurs que de coutume.

Cochonfucius

Semeur de rimes

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image de l’auteur

Ne possédant point l’art de gravir une cime,
Il suit tout simplement le chemin qui descend ;
Il écoute parfois ce que dit un passant,
Sans s’attendre jamais à des propos sublimes.

Est-ce un antique barde, est-ce un semeur de rimes,
Ou ne serait-ce rien qu’un flâneur innocent ?
Posant son regard sur les mots qu’il va chassant,
Il sourit de plaisir et son esprit s’anime.

Face au grand univers dont la sagesse éclate,
Nul ne se satisfait d’une prose trop plate ;
Chacun veut s’enquérir de la règle du jeu.

Le chemin passe aussi devant des sépultures ;
En elles nous voyons nos demeures futures,
Nous y ferons graver un beau sonnet d’adieu.

Cochonfucius

Encre de ma plume

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Je trace, laborieux, de petits caractères
Avec une encre folle, à la noirceur d’enfer ;
Elle rouille déjà, cette plume de fer,
La longueur de son trait fait le tour de la Terre.

Le papier me sourit dans sa blancheur neigeuse ;
J’y divague à loisir et n’importe comment,
C’est du papier patient, c’est du papier clément
Qui n’affecte jamais une humeur ombrageuse.

Demain, j’achèterai un carnet télépathe
Qui me conseillera, qui tout devinera,
Qui me chantera les chansons de Barbara
Et qui saura marcher, sur de petites pattes.

Cochonfucius

Armure exoplanétaire

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Image d’Herald Dick

Ce chevalier est étranger,
Le démontrer est inutile ;
Mais, pourquoi s’est-il dérangé
Pour parler aux humains futiles ?

Aux cocktails, il fait son effet,
Lui qui jamais ne se dégrafe ;
Et c’est un modèle parfait
Pour inspirer Saint Hippographe.

Les chroniqueurs, tels des gerfauts,
L’ont célébré d’une fanfare :
C’est le chevalier qu’il nous faut,
La sagesse luit en son phare.

Cochonfucius

Lune et Bouddha

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image de l’auteur

Un pur éclat baignant le grand fleuve et ses rives,
Le Bouddha, séparé de tous ses êtres chers,
Reste assis dans la nuit, oublieux de sa chair,
Sans que Saint Hippographe à ce propos n’écrive.

Nul parchemin jauni, nulle image d’archives,
Juste un arbre chantant dans le courant de l’air,
Juste la vieille lune et son visage clair ;
Juste, auprès de cette onde, une image pensive.

Puis, quelques fleurs offrant leur parfum, par bouffées,
Puis des sombres crapauds la clameur étouffée,
Et de plus, des odeurs et des bruits inconnus.

Le Bouddha donne alors cette leçon exquise :
— Âme que la routine a peut-être conquise,
Profite de l’instant pour te remettre à nu.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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