Cousin de Janus

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Un ambiphant dans sa demeure
Regarde passer les saisons ;
Il se plaît en cette maison,
Il n’en connaît pas de meilleure.

Sans incidents coulent les heures
À composer quelques blasons ;
Nul temps perdu en oraisons,
Jamais de gloire il ne se leurre.

Ce monstre est content de son sort,
Ses plaisirs le rendent plus fort ;
Fort peu de devoirs lui incombent.

Lui qui avait jadis osé
Séduire une douce colombe,
Auprès d’elle il reste posé.

Cochonfucius

Fol esquif

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Mon équipage est malheureux,
Même notre ancre est affligée ;
Au gré d’une mer enragée,
Le chemin se fait douloureux.

Toi dont nous fûmes amoureux,
Ô mer, ton humeur est changée ;
Je crains la fatale plongée,
Je crains tes assauts vigoureux.

Calmez-vous, vagues homicides ;
Que revienne le temps placide,
Que cesse enfin notre détresse.

À chaque virement de bord
Nous voyons ricaner la Mort ;
C’est une mauvaise maîtresse.

Cochonfucius

Fantôme d’un feu

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Ce brasier flambe froidement,
Tout entouré de froides pierres ;
Il éclaire un bosquet dormant
Où s’ouvre une sombre clairière.

Ce feu mourut, Dieu sait comment,
Peut-être en manque de matière ;
Nos n’en ferons pas un roman,
La chose n’est point singulière.

À minuit son spectre s’éveille
Et danse, fantôme sans chair,
Pour des spectateurs qui sommeillent.

Il est triste, mais pas amer,
Lui qui faisait tant de merveilles ;
Au loin croasse une corneille.

Cochonfucius

Hibou muet

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Sur le plateau de Palaiseau,
Une ombre muette est passée ;
C’est un silencieux oiseau,
Sa voix s’est éteinte, lassée.

D’une Parque, par le fuseau,
Sa ligne de vie fut tracée ;
Serait-elle trop avancée ?
Il entend le bruit des ciseaux.

La ligne jamais ne s’emmêle ;
La loi sur ce point est formelle,
Le fil n’est pas illimité.

Les trois fileuses sataniques
Ont plaisir à nous maltraiter ;
Mais c’est normal, pas de panique.

Cochonfucius

Saint Tryphon

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Je parle au fils du charpentier,
C’est un ami de ma famille ;
Il plaisante, ce joyeux drille,
Il pourrait en faire un métier.

Il badine avec ma moitié
Qui d’un légionnaire est la fille ;
Nous buvons de la camomille
Et mangeons les fruits du dattier.

Puis il retourne à son troupeau,
D’apôtres, grands buveurs de pots
Chez la tavernière gentille.

Quand il sortira du tombeau,
L’augure dit qu’il fera beau ;
Des prisons s’ouvriront les grilles.

Cochonfucius

Maître coq d’argent

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Ma sagesse est presque éternelle,
Je suis vieux, sans en avoir l’air ;
Mon esprit est limpide et clair,
Ma finesse est surnaturelle.

Mes douze poules sont fidèles,
Nous formons une seule chair ;
Tous mes poussins me sont très chers,
Par qui ma vie se renouvelle.

Je chante aux premières clartés,
Les voisins trouvent ça sublime ;
Ça peut leur inspirer des rimes.

Je suis épris de liberté,
Cause que je défends sans trêve ;
J’y songe même dans mes rêves.

Cochonfucius

Démon froid

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Je sais que je suis exécrable,
Mais j’aime infliger des tourments :
Les cris des damnés sont charmants,
Nul son ne leur est comparable.

Quelques-uns sont inconsolables,
Qui me regardent tristement ;
J’’invoque alors le règlement,
Moi qui me montre inébranlable.

Je leur explique, à ce propos,
Que ce n’est pas pour leur repos
Qu’ils sont venus dans mon repaire.

S’ils ont des doutes sur ce point,
Je dis « Ça vient de Dieu le Père » ;
Cela ne les contente point.

Cochonfucius

Arbre au Ponant

image de l’auteur

Je vois le déclin du soleil,
Ma dryade déjà somnole ;
Je lui conte une parabole
Qui lui procure un bon sommeil.

Moi, l’arbre, je reste en éveil ;
Deux ou trois charmantes lucioles
Auprès de moi luisent et volent,
Juste après le couchant vermeil.

Je n’ai jamais voulu défendre
À l’astre du jour de descendre ;
Du ciel je respecte les lois.

Je crains pourtant le ciel nocturne
Et le froid regard de Saturne ;
Mais on s’y habitue, ma foi.

Cochonfucius

Machine sans but

image de l’auteur

Mes rouages sont insoumis,
Qui ne servent aucun dessein ;
Mon moteur est comme endormi,
J’entends ses ronflements porcins.

Ils sont l’un de l’autre ennemis,
Mes mille rouages malsains ;
Ils sont maudits par tous les saints,
Car ils sont à l’enfer promis.

Je subsiste inutilement,
Ma vie est un mauvais roman ;
Brave lecteur, il faut m’absoudre.

Je ne sais si mon constructeur
Est encore dans ce secteur ;
Mais j’appelle sur lui la foudre !

Cochonfucius

Pavillon discret

image de l’auteur

C’est un bien modeste domaine,
Lieu d’écriture et de loisir ;
Y vivent, selon leur désir,
Des exilés de cours lointaines.

Dans le jardin sont des fontaines
Qui des oiseaux font le plaisir ;
Ils sont nombreux à les choisir,
Ceux des monts et ceux de la plaine.

Ici, nul bruit, nulle aventure,
Des meubles de bonne facture
Qui nous viennent de nos parents.

Pas de cauchemars effarants
Ni aucun désordre apparent ;
Excellente villégiature !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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