Connus comme deux loups blancs

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Je vous ai vus ! Je vous ai vus !
Votre fourrure est toute blanche,
Vous marchez sans casser les branches,
Loups blancs ! Je vous ai reconnus.

Souvent, vous dressez les oreilles,
Vous êtes deux, et non pas trois,
La faim vous fait saillir du bois,
Mais vous ne mangez pas d’oseille.

Un grand corbeau est survenu,
Combien blanche était sa défroque !
Ses cris aux vôtres s’entrechoquent,
L’écho les rend par le menu.

Cochonfucius

Fringant dragon

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Il chante une chanson dans sa petite tête,
Il a trouvé, dit-on, le bonheur qu’il cherchait
Et l’on n’a jamais vu de si joyeuse bête,
Sauf s’il songe, le soir, à des gens qu’il aimait.

Cupidon ne peut rien sur son cœur en tempête
Depuis qu’il a compris que trop d’amour l’usait.
Trop paresseux, aussi, pour être un grand poète,
Il n’a pu travailler que quand ça l’amusait.

Il s’amusa ; c’était, du reste, un dragon drôle,
N’ayant jamais trop pris au sérieux son rôle,
Dramatiser, vraiment, il n’y a pas de quoi.

Ce paisible animal, qui vit de poésie,
Y rajoute parfois un peu de fantaisie,
Il pourrait devenir un exemple pour moi.

Cochonfucius

Trois vénérables penseurs

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Le premier instruisait ses compagnons hellènes;
Le pavé de sa ville, il l’a bien parcouru.
Puis, ils l’ont mis à mort, mais il fut secouru
Par sa grandeur d’esprit, sagesse plus qu’humaine.

L’autre a pris des chemins qui nulle part ne mènent,
En récitant du grec dont il était féru ;
Il ne sut quoi penser quand un peuple mourut,
Il ne s’exprimait pas sur une telle peine.

Le troisième a souvent soulagé ma douleur,
Son humour eut pour moi la plus grande valeur ;
En ses grimoires sont des merveilles encloses.

Pour juger un penseur, vois ce qu’il te propose,
Comment il s’interroge, aussi, sur quelles choses,
Quels bouquets il compose, et avec quelles fleurs.

Cochonfucius

Deux vieux aigles

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Fatigués, ces oiseaux, et bien lasse leur âme !
Or ce n’est pas qu’ils soient mécontents de leur sort ;
Ils ont ce que leur coeur apprécie et réclame,
Ne craignant point la vie, pourquoi craindre la mort ?

Leurs deux linceuls sont prêts, et leurs fosses jumelles
En feront, très bientôt, des cercueils sans passé.
Quand se dégradera leur dépouille mortelle,
Leurs os reposeront dans le sous-sol glacé.

Ils n’ont jamais aimé les demeures superbes,
Ils ne demandent point vos regrets, ni vos pleurs,
Car vous ne pleurez pas le blé qu’on met en gerbe.
lls aimaient les blasons, les chants, les vers, les fleurs.

Cochonfucius

 

Le soleil préfère la lune

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Toile de Dorina Costras

Lune et soleil glissant au long du firmament
Ont l’air de deux oiseaux qui jouent à se poursuivre.
De leur trajet forcé, nul jour ne se délivrent
Ces deux corps qui jamais ne furent des amants.

La vie de tous les jours a son lot de tourments ;
C’est ce que le folklore appelle « apprendre à vivre »,
Et ce n’est qu’en marchant qu’on voit la marche à suivre.
On ne la voit jamais longtemps ni clairement.

Lune et soleil du fait ne semblent point conscients,
C’est pourquoi on les voit toujours rester patients,
Exécutant leur danse absurde et innocente.

Quant à nous, il nous faut des doses de fiction
Pour échapper à nos fatales conditions,
Et à ce long parcours qui n’est qu’une descente.

Cochonfucius

Terre du roi de sable

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Au bord du monde, il est une terre inconnue,
Au point où l’horizon part rejoindre les nues ;
Les tourments, dans ce lieu, s’étant évanouis,
On sent planer dans l’air des parfums inouïs.

Les druides, quelquefois, y vont par la pensée,
Se protégeant, sitôt la route commencée,
Par la grâce d’un sort jamais interrompu :
Les monstres du chemin ne sont jamais repus.

Roi de sable, tu es seigneur de fantaisie,
Monarque des rimeurs, maître de poésie,
Au très noble discours, au bien plaisant abord,
Ta coupe de sagesse est remplie jusqu’au bord.

roi-de-sable

Cochonfucius

Regardant vers Saturne

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Gravure de Gustave Doré

Si l’enfer me cuisait d’une ardente chaleur,
J’aurais la nostalgie de ma natale sphère,
Des sentiers forestiers, d’arbres dont la couleur
D’un arbre à l’autre, même, en automne diffère.

J’aurais regret d’avoit été fol, sans valeur,
De n’avoir jamais su conduire mes affaires,
Et même de l’enfer la cuisante douleur
Ne pourrait égaler ce regret mortifère .

Ou si, au paradis, j’entendais le message
Des anges chaque jour, faisant de moi un sage,
Par ce même regret j’en serais détourné.

Mais je n’ai pas regret que mes pensées nocturnes
Fussent pour un amour plus lointain que Saturne,
Telles pensées qu’en vers je ne sais pas tourner

Cochonfucius

Le regard de Saturne

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Toile de Dali

N’attends pas de la lune une douce chaleur ;
Tu la crois lumineuse, or grisâtre est la sphère
Dont te semble, de loin, voir la blanche couleur,
Qui de sa vraie nature absolument diffère.

Ne crois pas ce poète un homme de valeur ;
Tu le crois inspiré, mon dieu, la belle affaire :
C’est une convulsion qu’inspire une douleur
Qui n’est pas éternelle et n’est pas mortifère.

Un sonnet ne contient aucun sérieux message ;
Un poète n’est pas un savant ni un sage,
Il n’a de sens en lui qu’il ne l’ait détourné.

La lune et la douleur parmi le ciel nocturne
Dansent sous le regard verdâtre de Saturne
Et sans atteindre un but ne cessent de tourner.

Cochonfucius

Hibou plumitif

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Cet oiseau rédacteur accumule les phrases
En l’honneur de la lune, à la gloire des fleurs ;
Aimant du parchemin la subtile pâleur
Et de l’astre des nuits les changements de phase.

Il écrit sans recherche, il écrit sans emphase,
Lui dont la noire plume est de rire et de pleurs ;
Il peut même trouver du charme à ses douleurs
Ou revivre en pensée d’improbables extases.

Il chante en travaillant, car il n’est pas muet,
Écouté bien souvent par quelques trolls fluets
Que contemple, la nuit, le regard de Saturne.

Au cours de son sommeil, dans un rêve enchanté,
Il voit vers lui venir la muse taciturne
Qui visite avec lui des lieux peu fréquentés.

Cochonfucius

Ambiveau d’azur

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Il a deux opinions sur la plupart des choses,
Que ce soit un trésor, que ce soit un tombeau ;
Car son intelligence est un double flambeau,
Mais nous ne savons pas si c’est une psychose.

Même, en ambicanard il se métamorphose,
Puis en ambirenard, puis en ambicorbeau ;
Sous ces aspects divers, il est toujours très beau,
Surtout l’ambicochon, avec ses pattes roses.

Or, c’est un sybarite, ennemi de l’effort,
Un animal paisible et content de son sort,
Même si ses deux coeurs n’ont qu’une tiède flamme.

Tel que je l’ai décrit, cet ambiveau me plaît,
D’ailleurs tout un chacun l’aime pour ce qu’il est ;
Le curé du village a béni ses deux âmes.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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