Symposium des canards

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Les canards ont élu les plus nobles d’entre eux
Dont toujours les débats sont de haute volée ;
Ils savent clarifier les choses emmêlées,
Tout en ne produisant nul argument foireux.

Leurs esprits abreuvés d’un bon vin liquoreux
Peuvent voir la couleur des vérités voilées ;
De beaucoup de tourments leur âme est consolée,
Sans user pour cela de moyens onéreux.

Un pluvian leur transmet quelques nouvelles fraîches,
Ils s’instruisent aussi dans un journal du soir ;
Ils consultent parfois le noble dindon noir.

Le cormoran partage avec eux ce qu’il pêche,
La faisane leur lance un regard amoureux ;
Vous l’avez bien compris, ces canards sont heureux.

 

Chapelle sans dieu

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Près du confessionnal est un cierge de cire
Qui jadis entendit de belles oraisons ;
C’est maintenant la voix d’un incube en délire
Qui souvent fait frémir cette sainte maison.

Lui qui aime invoquer la Déesse Raison
Ou bien pondre un blasphème avec un grand sourire,
Dont il produit parfois de grandes floraisons,
Nous pouvons affirmer que c’est un triste sire.

Il dit qu’il fut jadis le conseiller d’un roi,
Qu’il sauva la nation, qu’il fit de grandes choses,
Mais il est peu de gens pour y ajouter foi.

Il rêve certains jours à son apothéose,
À son voyage au ciel sur un nuage d’or,
Il le raconte aux murs, il y songe, il s’endort.

Cochonfucius

Tétramorphe

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image de l’auteur

Je ne sais d’où lui vient la forme qu’il a prise,
Ce tétramorphe vert, un antique veilleur ;
Serait-ce par bonheur ? Serait-ce par malheur?
Sur de telles questions je n’ai nulle expertise.

Ce pourrait être aussi l’effet d’une méprise,
Un habit de hasard, faute d’un sort meilleur ;
Il est orné, pourtant, de bien vives couleurs,
De nuances aussi, qui l’arc-en-ciel courtisent.

Lui qui sut autrefois le déluge braver,
Les prophètes divins n’ont pu que l’approuver,
Que n’atteignit alors jamais nulle épouvante.

D’aucun de ses rameaux ne tirant vanité,
Il est le Quadriforme, une chose vivante
Qui peut dire à chacun ses quatre vérités.

Cochonfucius

Grenouille de gueules

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image de l’auteur

Grenouille qui connaît les choses ignorées,
Elle arrive à s’instruire, on ne sait pas comment ;
En elle les idées surgissent brusquement,
De là vient son surnom de «grenouille inspirée».

Elle aime le papier, remède à ses tourments,
Gardant plusieurs bouquins sans en être encombrée;
Elle écoute la voix de sa muse adorée
Qui des mots très anciens récite lentement.

La prose de jadis qui n’est pas effacée
En son coeur fait germer de subtiles pensées ;
Elle se met en phase avec notre univers.

Ainsi passe son temps, sans douleur et sans fièvre,
Jamais un mot brutal ne franchira ses lèvres ;
Elle sait qu’elle doit s’endormir pour l’hiver.

Cochonfucius

Quelques promenades

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Toile de Ma Yuan

C’est un doux passe-temps, marcher dans la nature,
Contempler les aspects de ce bel Univers,
Apercevoir des lieux maintes fois découverts,
En deviner parfois la fine architecture.

Lieux dont je ne saurais produire la peinture,
À peine si je sais les dire dans mes vers
Où j’aime vous parler de cent sujets divers,
Ou dire de mes jours la modeste aventure.

J’écris de mes plaisirs, et non de mes regrets,
De phrases sur les murs, et non de mes secrets ;
De moi-même je suis l’imparfait secrétaire.

J’écris sans réfléchir, et sans analyser :
J’ai de plaisants sujets, pourquoi les déguiser ?
Mais ce qui est plus beau, ce sont vos commentaires !

Cochonfucius

Godet transcendantal

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Ce godet provenant de l’île de Molène,
Il est sans prétention, mais son style me plaît ;
Même, il est remarquable, avec son air simplet,
Il semble être cousin des récipients hellènes.

Mon âme est recueillie quand cette coupe est pleine,
Mon modeste logis devient comme un palais ;
Je trinque au souvenir du bon René Fallet
Qui sur le Beaujolais fit une cantilène.

Godet miraculeux, godet transcendantal,
Toi qui fus célébré par Jeanne de Chantal,
Tu rafraîchis Adam méditant sous son arbre ;

Aimé par les truands et par les hommes pieux,
Ton vin ferait sourire une statue de marbre,
Celle d’un philosophe ou bien celle d’un dieu.

Cochonfucius

Arbre diurne

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Cet arbre aime surtout la lumière du jour,
Il remercie le ciel à chaque aube nouvelle ;
À ses yeux, semble-t-il, la lune est sans amour,
Même s’il reconnaît qu’elle est aimable et belle.

Il aime s’adresser aux arbres d’alentour
Pour parler avec eux de sagesse immortelle ;
Il dit des vérités, car il se les rappelle,
Y compris la saga de l’éternel retour.

Il feuilleta la Bible au temps de sa jeunesse
Et fit de la forêt sa muse et sa maîtresse ;
C’est ainsi qu’il apprit quel était son devoir.

En hiver, quelquefois, quand le sol est de glace,
En silence il revoit ses étranges savoirs,
Se disant volontiers que tout ça le dépasse.

Cochonfucius

Navigateur solitaire

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Sa nef est minuscule et faite en mauvais bois,
Que je vois s’avancer sur la mer printanière ;
Or, ce n’est nullement une nef poissonnière,
C’est un vaisseau chargé d’espérance et de foi.

Elle suivra sa route encore quelques mois,
Progressant sur les eaux d’assez belle manière ;
N’ayant ni pavillon ni la moindre bannière,
Elle a pour capitaine un pirate sans loi.

Sur les grands océans, surplombant les abîmes,
L’homme à Poséidon ne verse aucune dîme ;
Car c’est un anarchiste, un héros de roman.

La nef sur son chemin rencontre une sirène :
Crois-tu que ce forban deviendra son amant ?
Loin de lui le désir de prendre cette peine.

Cochonfucius

Le roi Nemrod

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image de l’auteur

Nemrod, un grand chasseur, un seigneur sur la terre,
Prenait, en premier lieu, du gibier pour autrui,
Puis, s’il y en avait, le reste était pour lui ;
Il allumait son feu entre trois lourdes pierres.

Il était comme l’aigle aux généreuses serres
Quand il capture un lièvre et qu’il s’en va, sans bruit,
L’offrir à ses enfants ; car cet aigle est conduit
Au cours de ses actions, par son coeur débonnaire..

Nemrod jamais ne fit résonner les canons
Et jamais n’arbora d’orgueilleux gonfanon,
Ce roi se contentait de ses modestes proies.

Le soir, il s’asseyait tout en haut d’une tour,
Composant des sonnets sur le monde alentour,
Un barde nous l’enseigne, il convient qu’on le croie.

Cochonfucius

L’anneau du lion

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Ténébreux lion servi par trois chevaliers tristes,
Regrettant à loisir ses premières amours ;
Il fut un amant fou, amant aveugle et sourd,
La Fontaine l’a dit, les lions sont égoïstes.

Il n’a jamais voulu d’un anneau d’améthyste,
Mais d’une bague d’or, car ce métal est lourd ;
L’artisan dut le faire en un délai bien court,
Quand un lion veut cela, nul besoin qu’il insiste.

Ainsi, ce bel anneau, qui jamais ne ternit,
De la douceur passée rappelle un peu les charmes ;
L’amour lui donne une âme et le regret, des larmes.

Car le cercle est symbole, aussi, de l’infini,
Et, quand vous entendrez qu’un lion jamais ne tremble,
Vous pourrez objecter : «Quelquefois, il me semble».

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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