Danse des mots

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Rimeur suis, fier de rimer,
Ma plume ne sait chômer ;
Chaque jour, je la convie
À vous raconter ma vie.

Dionysos plus qu’Apollon
Me fournit en sanglots longs ;
J’ai les plus sages des muses
(Qui de mythes ne s’abusent)
Et j’abreuve mon cheval
De nectar, violent régal :
C’est pourquoi la brave bête
Danse comme aux jours de fête.

Dieu du pampre, je t’invoque
De ces mots sans équivoque :
Par le langage des pierres,
Par le seau qui sert de verre,
Par les pluvians enchantés,
Par le pelgrane envoûté,

Par Saint Denis et sa tête,
Par les lendemains de fête,
Par les noirs corbeaux tordus,
Par l’alligator fondu,
Par le malheureux qui glisse
Quand il offre des saucisses,
Par les oncles des crapauds
Retirés dans leur tripot,
Par l’ivresse d’un archer,
Par un bonhomme éméché,

Par les troquets de Paris
(Plusieurs sont mes favoris),
Par les fiers buveurs en troupe,
Par la bienheureuse coupe
Et le charpentier divin
Qui prend l’eau et fait du vin.

Cochonfucius

Piaf-Songeur

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image de l’auteur

Vivre est embarrassant, ce n’est pas effroyable,
L’inconscient est farceur, mais il n’est pas cruel ;
Répéter mille fois un geste habituel,
C’est plutôt rassurant, ça n’a rien d’incroyable.

Adam sans son jardin ne fut pas misérable,
Qui bien vite accepta d’être un simple mortel ;
Car il continua de bâtir des autels
Et d’accomplir aussi des actions honorables.

Ainsi sur son chemin méditait Piaf-Songeur,
Tranquille vagabond, paisible promeneur,
Écoutant calmement les propos de son âme.

Ce qu’il sait de tout ça, c’est ce qui lui fut dit,
Quand il était marmot, par de vieux érudits ;
Ou même, quelquefois, par une noble dame.

Cochonfucius

Bouddha stylite

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image de l’auteur

De gueules, ce Bouddha médite sans effort,
Il est sur sa colonne, il n’en veut pas descendre ;
Au-dessus des jardins de poussière et de cendre,
En un petit espace, il a son réconfort.

Dans un profond silence, il entend les accords
Du cosmos qui partout en lui semble s’étendre ;
Il ne se croit pas seul à pouvoir les entendre,
Ni seul à profiter du céleste décor.

De son ancienne vie, qui sait ce qu’il en reste,
Le murmure d’un mot, le souvenir d’un geste,
Peut-être aucune chose, ou peut-être un peu tout.

Les bouddhas ne sont point bâtisseurs de royaumes,
Ni là pour gouverner des peuples de fantômes ;
L’esprit qui les anime est très sage et très fou.

Cochonfucius

Grillade

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Composition de l’auteur

Vers le temps de Pentecôte,
L’apéro c’est du vin blanc ;
Puis on grille l’entrecôte
Sous un arbre, il fait beau temps.

Le jardin s’orne de belles
Fleurs nouvelles ;
Ils se montrent, presque beaux,
Les corbeaux.

Vers le temps de Pentecôte,
Les noirs corbeaux sont gourmands ;
Ils n’auront point d’entrecôte,
Ni de brie, assurément.

Au jardin, gare aux épines
D’églantine ;
Gare aussi à l’aiguillon
Du frelon.

Au soir, la lune est notre hôte,
Elle ne boit rien, pourtant ;
Au pré, la grenouille saute
Et va dormir dans l’étang.

Cochonfucius

 

Une soirée parisienne

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Art conceptuel Berdnaut Smilde

On s’est pris l’apéro, bien contents de se voir,
Parlant de poésie et de vie quotidienne.
Puis on s’est déplacés, avant que la nuit vienne,
Traversant le jardin du Luxembourg, le soir.

Dans une brasserie, on est allés s’asseoir
Pour savourer des plats de cuisine à l’ancienne,
Buvant de petits vins faits pour qu’on s’en souvienne.
On en est repartis avant qu’il ne fît noir.

Au retour, on longea le jardin endormi,
Déjà le boulevard ne vivait qu’à demi ;
On atteignit la gare à vingt-deux heures trente.

J’ai voulu raconter ces modestes plaisirs :
Je sais qu’en cette vie, nos meilleurs souvenirs
Sont ainsi, fugitifs, telle une brume errante.

L’amour et rien d’autre

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Toile de Gustav Klimt

Un apéro dans un décor champêtre
Au jardin qui ne subit nul hiver,
En écoutant des chants d’oiseaux divers
Sous le soleil en train de disparaître ;

Au coin du feu, les paroles d’un maître
Narrant la vie, ses bonheurs, ses revers,
Prenant souvent la forme d’un beau vers
Dont la sagesse aussitôt me pénètre ;

Ces deux plaisirs, qui sont de bon aloi,
Ne valent pas le chaleureux émoi
Que je ressens en ta douce présence.

Seul, notre amour peut agrandir mon coeur,
Sur toute chose il se montre vainqueur :
Heureux le jour où il a pris naissance.

Cochonfucius

Deux fiers hippocampes

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image de l’auteur

Les hippocampes de Marseille
Aux jeux de cartes sont très forts ;
Dès que le matin s’ensoleille,
Ils s’affrontent, non loin du port,

Et prennent l’apéro, sans honte,
Autour de l’heure de midi ;
Jamais aucun d’entre eux ne compte
Les godets qu’ils ont engloutis.

Bien souvent, je me dis : que n’ai-je
La paresse dont ils sont fiers,
Car du mal, elle les protège,
Ces hippocampes, sous la mer.

Cochonfucius

Royal Crapaud

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image de l’auteur

C’est un roi qui prend soin de sa progéniture,
Préparant au matin des bols de chocolat ;
Entourés de penseurs et de sages prélats,
Il protège les arts et la littérature.

La reine à ses fourneaux fait de la confiture,
Près d’elle un cuisinier mijote un fameux plat ;
L’alchimiste en la tour invente un postulat,
La bergère chantonne au milieu des pâtures.

D’azur et d’argent sont les couleurs de ce roi,
Et c’est, sur le blason, son portrait que l’on voit ;
Or, la nation se dit qu’elle en est bien servie.

Le monarque est serein devant sa destinée,
Ne craignant nul démon, ni la Parque obstinée,
La vie de ce crapaud, c’est une belle vie.

Cochonfucius

Vigie lente

vigie

image de l’auteur

Un arbre dans le vent frémit ;
Et, sur sa cime désolée,
Un être à coquille enroulée
Fait le guet pour ses deux amis.

Tout au sommet de l’arbre, il veille,
Et les préviendra comme il peut ;
Il n’est pas vif comme une abeille,
Il leur faudra l’attendre un peu.

Il sait bien que nul ne l’écoute ;
S’il faut signaler un danger,
C’est pour lui trois heures de route,
Avec des pauses pour manger.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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