Lamartine au crépuscule

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Extrait de Shaman dance

Le soleil déclinant a rougi les nuages,
Il les a caressés de ses derniers rayons.
Je revois de ce jour les plus claires images,
Je les vois défiler au long de l’horizon.

Déjà le feu de camp montre une belle flamme,
Il grandit, cependant que décline le jour.
Sa lueur apaisante illumine mon âme,
Les villageois heureux s’y chauffent tour à tour.

L’homme prend ses plaisirs quand s’endort la nature ;
Avec l’âge, il apprend à garder la mesure,
Pour l’avoir, il est vrai, dépassée autrefois.

Les filles vont danser parmi les étincelles,
La nuit, on ne sait plus laquelle est la plus belle,
On entend seulement la douceur de leur voix.

Cochonfucius

Quand l’été ressemble à l’automne

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Toile de Ken Day

Quand l’été ressemble à l’automne
Et qu’il fait sombre au fond des bois,
Que ton espoir ne t’abandonne,
Ni ta bonne humeur, ni ta foi ;
Cette vie n’est pas une course,
Mais la quête de quelques sources
Que tu découvres tous les jours.
Sois donc sans crainte, et cherche encore,
Sache que reviendra l’aurore,
Le temps du rire et des amours.

Même dans les jours de tristesse,
Je reste roi de mes douleurs ;
Même n’ayant plus ma jeunesse,
J’ai conservé le don des pleurs.
Je fais mon chemin vers la tombe,
Et sur le peuple des colombes
Je pose un regard fraternel.
De quelques rimes je m’éclaire
Que j’inscris dans ce sanctuaire,
Même s’il n’est pas éternel.

Cochonfucius

Saint Frusquin

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image de l’auteur

Le diable à Saint Frusquin proposa la richesse.
L’ermite a répondu : «Je veux rester pieds nus,
Si j’avais de l’argent, je serais en détresse,
Et mon âme craindrait mille maux inconnus.»

Le démon dit alors: «Veux-tu qu’une maîtresse
Te fasse découvrir des plaisirs ingénus ?»
Le saint n’avait besoin de nulle enchanteresse,
N’abritant nul désir sous son crâne chenu.

Avec le tentateur il partage un breuvage
Dont il venait d’avoir un nouvel arrivage,
Puis un peu de pain dur en guise de repas.

De cet homme de Dieu la voix n’est pas hautaine,
Le démon l’a tenté, ça ne le gêne pas,
Tous deux lavent leurs mains dans l’eau de la fontaine.

Cochonfucius

Homme de cent mille ans

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Représentation d’un des nephilim

On n’est pas sérieux quand on a cent mille ans.
Un Néanderthalien sans quartiers de noblesse
Dans un glacier alpin a dormi tout ce temps,
Grâce au réchauffement, il sort, il se redresse

Et vient déambuler par les bois et les champs.
Aux passants qu’il rencontre, il demande sans cesse
S’il reste de son groupe un peu de survivants.
Quand on lui dit que non, il n’est pas en détresse :

« Mon peuple a disparu, mais ce n’est pas un drame ;
Je vais chez les nouveaux me choisir une dame
Avec qui ce sera à la vie, à la mort. »

Jetant son dévolu sur quelqu’un de timide,
Le Néanderthalien ne fera pas d’hybrides :
Un juge Cro-­Magnon a tranché sur son sort.

Cochonfucius

Neuf rois minuscules

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Image du blog Herald Dick Magazine

J’ai vu neuf petits rois avec leurs connétables,
Leurs fous, leurs chambellans et leurs vieux maréchaux,
Trônant dans un jardin, sous le ciel déjà chaud,
Jugeant de durs procès, d’une voix irritable.

C’était un temps d’automne, à peu près supportable ;
Le repas, ordonné par les grands sénéchaux,
Commençait par un plat de petits artichauts,
Les verres étaient pleins d’un petit vin de table.

Les valets dégustaient des pâtes dans des auges,
Dont la sauce, bien verte, avait un goût de sauge,
On les voyait perdus dans leurs mâchonnements.

Leur vin était versé par de roses servantes
Auxquelles ils disaient des choses captivantes ;
Elles s’embellissaient de leur étonnement.

Cochonfucius

Barde et moniale

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Composition de Cochonfucius

Une nonne a séduit Papillon de Lasphrise ;
Or le voilà rimant au nom de ses beaux yeux.
— « Rhapsode, oses-tu être ici jaloux de Dieu ?
Il est vrai que la dame a des formes exquises;

Eusses-tu entendu, pourtant, comme Moïse,
Un buisson te parlant au nom des lois des cieux,
Tu n’aurais point formé d’aussi profanes voeux !
Prends donc garde à l’échec d’une telle entreprise. »

— « Mais le ciel sans ses yeux ne me serait plus rien ;
Le beau se ternirait, nul goût n’aurait le bien,
Indifférent serait de trouver honte ou gloire.

C’est donc là tout le sens de ma supplication ;
Et si la belle entend ma douce invocation,
Je prie le charpentier qu’elle veuille m’en croire. »

Cochonfucius

Oiseau préhistorique

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image de l’auteur

C’est un oiseau parlant qui vient du fond des âges,
Se plongeant chaque jour dans la littérature ;
Je lui donne des toasts et de la confiture,
Je le vois grignoter, tout en tournant les pages.

Il est plein du désir d’en savoir davantage,
Cette accumulation nourrit son écriture ;
Mais je ne sais s’il prend des notes de lecture,
S’il ne le faisait point, ce serait bien dommage.

Il aime déformer les poèmes d’autrui :
Croit-il que certains d’eux furent écrits pour lui ?
Ce rimeur prend Ronsard et Du Bellay pour maîtres.

Il consulte parfois des auteurs étrangers,
Puisque de nourriture il aime bien changer,
C’est un drôle d’oiseau, lui, c’est un drôle d’être.

Cochonfucius

La vigne de Monseigneur Lapinot

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image de l’auteur

Sans jamais s’adonner aux vaines beuveries,
L’évêque aime la vigne, et c’est avec raison ;
Quand sur sa table il pose un plat d’argenterie,
Le bon vin l’accompagne en toutes les saisons.

Bacchus est dans son coeur et sur ses armoiries
Où le pampre est montré, auprès d’un vert gazon,
Ainsi qu’un long chemin traversant la prairie
Pour aller doucement rejoindre la maison.

Le sang du charpentier, c’est une noble essence,
Même les réprouvés admirent sa puissance ;
Il charme nos esprits dans le Ponant vermeil.

Un jour n’est point perdu, pour autant qu’on l’arrose,
Trinquant avec un ange au coucher du soleil
Auprès du grand jardin où s’endorment les roses.

Cochonfucius

 

Apportez du bon vin à la table du Maître

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Toile de Renoir

Apportez du bon vin à la table du Maître,
Il faut boire aujourd’hui, chers compagnons errants,
En l’honneur de ce bel avril exubérant,
En l’honneur du printemps qui se décide à naître.

Le vent léger fait battre au port les grandes voiles,
Et danser les rideaux aux chambres du palais.
Buvez, mes compagnons, tout autant qu’il vous plaît :
Le vent léger vous charme en vos abris de toile.

Les danseuses viendront vous prendre en leurs bras souples,
Du satyre on entend la flûte de roseau
À laquelle répond la phrase d’un oiseau ;
Au soleil nous irons nous allonger par couples.

Aujourd’hui, n’allez pas noircir des pages blanches,
Scribes dont le visage a la même pâleur :
Aujourd’hui, c’est le temps d’errer parmi les fleurs,
D’écouter des chansons, de caresser des hanches.

Hors du moment présent, votre coeur ne possède
Presque rien en ce monde, aussi, cueillez le fruit
Qui s’offre devant vous, cueillez l’instant qui fuit,
Le regard qui se mouille et la lèvre qui cède.

* * * * *

Cochonfucius

Le jardin sans la croix

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image de l’auteur

La dame et le seigneur en leur prime jeunesse
Ont vu les fleurs s’ouvrir et les anges voler ;
Bercés par les chansons des oiseaux bariolés,
Ils aimaient ce jardin qu’ils admiraient sans cesse.

Mais au bout de sept jours, le prince et la princesse,
Ces deux enfants de Dieu, de gloire auréolés,
Parlèrent au serpent qui les sut enjôler ;
Or, bien cher fut payé ce moment de faiblesse.

Ce ne fut plus le temps d’entendre des chansons,
Mais ce fut le début des pleurs et des frissons :
Ils me l’ont raconté, le prêtre et la vestale.

Comment se délivrer de ce mauvais penchant
Qui nous fit déraper sur la pente fatale ?
C’est ce que je ne peux vous dire dans ce chant.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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