Planète Kettenheim

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Des habitants, peut-être on les devine,
Et parlez-leur si vous les comprenez ;
Qui autrement vous peuvent malmener,
Ce nonobstant, leur âme est cristalline.

Or, de la nôtre elle n’est point voisine,
Ce qui n’a point de quoi nous étonner ;
Car dans les cieux clairement ordonnés
Sont plus de points que tu n’en imagines.

Donc, avec eux nous n’aurons pas la guerre,
Sauf si le veut un voyageur du temps,
Un de Vénus, de Mars ou de la Terre.

D’être inconnus, ces gens fiers et contents
Boivent leur thé sous de belles tentures,
Peu désireux de la moindre aventure.

Cochonfucius

Ornithophone

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Cet oiseau fut instruit par son cousin germain
En un lieu consacré, dont sa foi fut accrue ;
Ensemble ils ont prêché au long de quelques rues,
Leur prière chantait comme un beau lendemain.

Un oiseau n’écrit point, car il n’a pas de mains,
De ses chants la mémoire est bientôt disparue ;
De même se perdra la danse de la grue
Que nul scribe ne trace au long d’un parchemin.

Foin d’enregistrements, foin de littérature,
L’oubli du jour présent, c’est la loi de nature,
Et la mort à la fin nous ouvrira ses bras.

Aux oiseaux nous prenons quelques plumes, sans doute,
Et puis leur mélodie dont le printemps vibra ;
Cela peut rassurer notre coeur en déroute.

Cochonfucius

Les sept nations

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composition de l’auteur

En Terre d’Argent sont personnes fort civiles
Qui toujours du bon sens adoptent le parti ;
En Terre d’Azur sont des esprits amortis
Qui devant le labeur chaque jour se défilent.

De Gueules la Terre a des messieurs bien fragiles
Et, qui plus est, ce sont de parfaits abrutis.
En Terre d’Or ils sont du vice repentis :
Cette démarche, en soi, me semble fort utile.

En Terre de Sinople on charrie des fardeaux
Même pendant la nuit, quand brûlent les flambeaux ;
Gens de Terre d’Hermine, on ne peut faire pire,

Traitent tous les débats à coups de calembours.
S’il est un endroit qui convient à mes vieux jours,
C’est la Terre de Sable, un agréable empire.

Cochonfucius

Au labeur

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Passez la charrue sur vos terres,
Elles vous nourriront ;
De terre d’or on a la bière,
Le sol n’est point larron.

Terre de sinople est l’empire
Des bestiaux pâturant ;
Puis les jardins où l’on respire
Des parfums enivrants.

De gueules terre est pour la vigne
D’où l’on tire un nectar ;
Le charpentier le jugea digne
D’être son avatar.

Terre de sable est aux légumes,
C’est pour le pot-au-feu,
Ou pour cultiver des agrumes
Sous le soleil en feu.

Terre d’argent est pour les vases
Et pour les jolis plats ;
Que l’on pétrit, que l’on écrase,
On ne s’en lasse pas.

Terre d’azur, pour mes poèmes,
Et c’est le vaste ciel,
Puis toutes les choses que j’aime
Et dont je fais mon miel.

Cochonfucius

Arbre à vent

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Cet arbre à son devoir jamais ne se soustrait ;
Son souffle merveilleux produit le vent qui vole
Et fait aux alentours danser les herbes folles,
Sublime inspiration pour des peintres abstraits.

On l’entend, certains soirs, prononcer des paroles
Comme pourrait le faire un promeneur distrait ;
De la brise invisible il brosse le portrait,
Ou chante les exploits du grand roi Picrochole.

Branches de ce bel arbre où les vents font leur nid,
Je sais que vos rameaux croissent à l’infini ;
Encore vous avez de longs siècles à vivre.

Végétal ou zéphyr, lequel plus longtemps vit ?
La mort, c’est bien possible, ensemble les ravit,
Quand la friche, autour d’eux, disparaît sous le givre.

Cochonfucius

La plume sans encrier

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Par je ne sais quels sorts ma plume est animée,
Car il lui faut toujours chanter je ne sais quoi ;
Et mon vocabulaire est plus savant que moi,
Par qui sont la sagesse et l’audace mimées.

Or, je veux être ainsi, rimeur sans renommée,
Qui dans cette espérance ai mis toute ma foi ;
Ainsi, jour après jour, faible et forte à la fois,
En ce jeu d’écriture est ma vie consommée.

Tu penses qu’il vaut mieux des plaisirs vendanger,
Bâtir une maison, courir, boire et manger ;
Mais j’aime cent fois plus ma muse décadente.

Or, que peut faire ici la muse avec le porc?
Comment interpréter cet étrange rapport ?
J’en sais une raison, qui n’est pas évidente.

Cochonfucius

Encore la faune de Norge

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Et toi, qui chantes-tu, animal sulfureux ?
— J’adule un freluquet qui aime une gourmande
Qu’adore un aspirant qui drague une limande.
Et toi, qui chantes-tu, dinosaure scabreux ?

Je blasonne un râleur qui vante un orgueilleux
Qui louange un oisif qui flatte Mélisande.
— Et toi, qui chantes-tu, écolier sur la lande ?
Je fais la promotion d’un imbécile heureux

Qui admire un héros qui meurt pour une reine.
— Et toi, qui chantes-tu, ma petite sirène ?
J’exalte un grand roi dont j’espère le baiser.

— Et toi, qui chantes-tu, barde hallucinatoire ?
J’admire les écrits d’un mandarin notoire
(Mais leur déchiffrement est plutôt malaisé).

Cochonfucius

Bénédictions multiples

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Il faut bénir le songe, il faut bénir l’espoir,
Et Blaise Pascal dit qu’il faut bénir la peine ;
Au travers des hasards de l’existence humaine,
Prier n’est pas honteux, souffrir n’est pas déchoir.

Bénir ce qu’en ce monde on est content d’avoir,
Et que ce ne soit pas pour des raisons mondaines;
Bénir le gain furtif et la perte soudaine,
Y compris, pourquoi pas, la perte du savoir.

Sache qu’un inconfort n’est pas une souffrance,
Que la contrainte aussi peut nourrir l’espérance,
Qu’aucun petit bonheur ne fut payé trop cher.

Tant que je suis vivant, je m’efforce de vivre,
Je ne me plaindrai point que la mort me délivre,
Dormir d’un long sommeil, c’est l’espoir de la chair.

Cochonfucius

Ambiquark d’azur

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Un ambiquark d’azur intercepte le vent
De photons traversant sa ténébreuse écorce ;
Je ne puis mesurer cette quantique force,
En faire le calcul serait bien éprouvant.

L’ardeur des neutrinos s’accroît au fil des ans,
Captant de mieux en mieux les gluons qui s’amorcent ;
Avec l’antiproton, certains jours, ça se corse,
Sans parler des torrents d’électrons valaisans.

Si l’ambiquark d’azur était pris en photo,
Cela nous permettrait d’en compter les pétales
Et l’image pourrait servir comme ex-voto.

Lorsque les verts leptons retrouveront leur sève,
Nous les replanterons dans leur terre natale ;
Ce sera très joli, j’ai pu le voir en rêve.

Cochonfucius

Le coeur et le papier

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Le coeur boit son sang tout le jour ;
Il le boit, ensuite il le pleure.
Buvant et pleurant tour à tour,
C’est ainsi qu’il passe les heures.

Le papier goûte l’encre noire ;
Il en reste imprégné longtemps,
Ne pouvant tout à fait la boire :
La plume est comme un coeur battant.

L’encre et le sang, quel goût ont-ils,
Sinon celui des chaudes larmes ?
Ce n’est pas un goût volatil,
C’est celui du tranchant des armes.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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