Licorne à bicorne

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La licorne d’argent, comme elle est sympathique !
Et puis son chapelier, ce n’est pas un idiot,
Il fit un couvre-chef d’un joli matériau,
Je ferais bien un tour dans sa vieille boutique.

Observez cet objet, que maint seigneur aima :
Ce bel équipement, cette coiffure qu’orne
Une ronde cocarde : on l’appelle un bicorne,
Un polytechnicien en traça le schéma.

On peut y ranger l’or, comme dans une bourse ;
Ou des mouchoirs de poche, ou des marrons glacés,
Y porter un amour comme un oiseau blessé,
Ou le plan de Paris, ou la liste des courses.

Cochonfucius

Ange improvisateur

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Ange trop tendre, on te dit polygame,
Car on t’a vu draguer en divers lieux ;
Serais-tu donc un esprit malicieux
De qui nous vient la perdition de l’âme ?

Saintes ou non, toujours tu les enflammes,
Tu fais briller et s’agrandir leurs yeux ;
Dans les bas-fonds, dans les nobles milieux,
Tu te choisis les plus charmantes dames.

En leur honneur, souvent, tu as bien bu,
Car ton désir, qui n’est jamais repu,
Savoure aussi la bonne bière blonde.

Or, si tu peux aimer, sans te lasser
Ces corps charmants, que tu sais embrasser,
Tu es porteur de sagesse profonde.

Cochonfucius

Nelligan

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Toile de Roland Rafael Repczuk

L’amour immaculé n’étant pas de ce monde,
Dans une aubade rouge il mit sa joie profonde.
L’automne était pour lui solitaire saison,

Béatrice ayant fui la commune maison,
Bergère trop volage, aux décisions bien lestes
Inspirées par Dieu sait quel doux billet céleste.

C’était l’automne… et les feuilles tombaient toujours.
Caprice blanc, la neige advint dans les trois jours.

Chapelle dans les bois devenue tombe blanche,
Chapelle de la morte, un arbre dessus penche,
Chapelle ruinée dont l’allure aurait séduit
Charles Baudelaire ou des rêveurs comme lui.

Dans son château rural, le fier poète écoute
Chopin en descendant un whisky pour la route.
Un Christ en croix le voit d’un air sage et profond,
Il fait un clair de lune intellectuel à fond.

Sur son clavier d’antan il compose des rimes
Chantant les coeurs blasés que leurs amours dépriment,
La communion pascale et le gigot d’agneau ;
Dans l’allée travaille un jardinier solognot.

Or, devant deux portraits de ma mère en enfance,
Et devant mon berceau chargé de souvenances,
Un diptyque envahit mon imagination.

Ah, ce frisson d’hiver refroidit mes passions,
Gretchen la pâle amie de mes jours bucoliques
D’hiver continental, presque mélancolique,
M’invite-t-elle en son sentimental jardin?

Une vierge, une rose y languit ce matin,
Chantée par l’organiste, au paradis éclose,
Où la Bénédictine un air nouveau compose.

* * * * * * * *

Cochonfucius

Je prie avec mes pieds

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Toile de Carl Gustav Carus

Je prie avec mes pieds, du matin jusqu’au soir.
Sans escale et sans but est mon pèlerinage,
Tel un vaillant saumon qui contre le flux nage
Et vit ses derniers jours, animé par l’espoir,

J’avance lentement vers cet horizon noir
Où le repos m’attend, merveilleux apanage
De celui qui parvient à la fin de son âge.
Ce qu’on trouve là-bas, je ne peux pas le voir,

Un jardin sûrement, un comptoir et des verres,
Un barman connaissant des blagues fort vulgaires,
Un soleil adouci par de roses brouillards.

Je prie avec mes pieds, car je n’ai pas de tête,
A prier je m’efforce, à prier je m’entête,
Car prier fait de nous de bien dignes vieillards.

Cochonfucius

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Dixit Aurelius Augustinus Hipponensis :

Cum oramus cum Deo loquimur, sed cum legimus, Deus loquitur nobiscum.

En priant nous parlons à Dieu, mais quand nous lisons, Dieu nous parle.

Montagnes hantées

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Vers le sommet des monts, quelqu’un parfois soupire
Et ce soupir descend jusqu’au creux du vallon ;
C’est peut-être la voix d’un faune, ou d’un satyre
Galopant dans la nuit sans même un pantalon.

Peut-être le dieu Pan, devenu solitaire,
Regrette le vieux temps qu’il évoque à grand bruit ;
Nous ne trouverons point la clé d’un tel mystère,
Elle est tombée très loin, tout là-bas, dans la nuit !

Cochonfucius

Temple de la source

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Ce saint lieu reste ouvert pour les gens de passage,
Ceux qui ne vont pas bien, ceux qui se sont perdus ;
Les oiseaux d’alentour chantent dans les feuillages,
Auxquels, fidèlement, la source a répondu.

Si nos humbles appels sont des dieux entendus,
Nous ne le savons point, ni quel est leur langage ;
Sur ce temple qui fut bâti en d’autres âges,
Sans doute un sortilège est un jour descendu.

La source est douce et fraîche, et puis elle est jolie,
Elle est le vrai remède à la mélancolie,
Elle peut consoler même un oiseau blessé.

Toi, source de sagesse et source de folie,
N’aurais-tu point sauvé la princesse Ophélie
Dont sans raison le coeur se trouva délaissé ?

Cochonfucius

Pont du Corbeau

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De ce vieux pont, nous aimons l’apparence,
Qui vit passer d’innombrables hivers ;
Glissant dessous en bateau découvert,
Un vieux pêcheur est plein de nonchalance.

Or les poissons se taisent, mais ils pensent
À ce chemin qui franchit l’univers,
À cette voie suspendue dans les airs
Et qui traverse une vaste distance.

Sur ce vieux pont s’effacent les tourments,
Où je marchais, jadis, paisiblement ;
De la rivière avançaient les flots amples.

Quand mon séjour dans la ville prit fin,
Un tavernier m’offrit un peu de vin
Dans son jardin, d’où ce pont je contemple.

Cochonfucius

Poules indulgentes

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Nous aimons les trésors que Maître Coq nous donne,
Le lierre prélevé sur les murs d’alentour,
Le thym qu’on voit fleurir à l’ombre de la tour,
Les plantes inconnues dont elle s’environne.

Car le gallinacé que sa crête couronne
Est notre compagnon des bons ou mauvais jours ;
Il sait des cris de guerre, il sait des mots d’amour,
Il sait le chien qui grogne et le chat qui ronronne.

Or, celle qui se voit décerner le rameau,
Elle va l’estimer plus que toute autre chose,
Elle l’adorera dans son âme d’oiseau.

Ainsi rêve une poule en basse-cour enclose,
D’où l’on entend la voix du porc et du taureau ;
Le fermier, cependant, taille un buisson de roses.

Cochonfucius

 

Vicomtesse de sinople

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La dame lit des poèmes sans nombre
Composés par un scribe de son clan ;
Il est timide, il les trace en tremblant,
Lui dont la vie n’est bientôt que décombres.

Or, ces sonnets ne sont nullement sombres,
Un peu d’humour est dans leur rythme lent ;
N’ayez donc point regret du papier blanc,
Mais savourez ces petits morceaux d’ombre.

La dame sait les plaisirs de son rang,
Et qu’un plaisir, souvent, n’est qu’apparent,
Comme souvent le lui dit sa concierge.

Ces beaux écrits lui servent de décor
Et d’aliment pour son âme et son corps,
Pour son grand coeur et pour son esprit vierge.

Cochonfucius

 

Le rêve du mulet bleu

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Toile d’Edvard Munch

Dès l’aube un mulet bleu s’est figé comme un porc
Dans le bar de Cluny où Daniel fait la plonge.
On le dirait surpris par le philtre d’un songe,
Évadé du réel, béat sur ses pieds forts.

Oh ! bien loin de rêver, ce mulet bien retors
Fait dans notre taverne un geste de mensonge.
Dans l’immobilité que sa ruse prolonge,
Rien de nos mouvements n’échappe à son oeil d’or.

Qu’une mouche imprudente approche, l’air tranquille
Et prompt à la saisir avec un geste agile,
Il fera de sa vie errante, son festin.

Qu’importe à ce guetteur ce noble paysage ?
Seul un désir brutal remplit son coeur sauvage,
Et, svelte dans l’aurore, il incarne la Faim.

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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