Un Livre ésotérique

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image de l’auteur

Ce fut Jean le Rêveur, seigneur de Roquefeuil
Qui trouva ce bouquin chez un libraire, à Douvres
Et me le revendit, quand j’étais rue du Louvre ;
Il le fit à bas prix, cet homme sans orgueil.

Ce grimoire en latin me fit franchir le seuil
D’un monde qui à l’homme assez rarement s’ouvre
Et qui est déroutant pour ceux qui le découvrent,
Un peu comme le sont les Puces de Montreuil.

En un sombre inframonde il me sembla descendre,
Territoire où régnait le spectre de Cassandre ;
Mes yeux ne pouvaient plus quitter ce parchemin.

Maintenant je suis vieux, je n’en sais plus l’histoire,
Il me semble pourtant qu’elle était dérisoire,
Comme sont bien souvent les oeuvres des humains.

Cochonfucius

Les licornes

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Tapisserie du moyen-âge

Quand la licorne blanche a fait un camembert,
Ce fut pour en offrir à un vieux roi barbare ;
La reine, apprenant ça, sévèrement déclare
L’exil de la licorne en un lointain désert.

Puis la licorne rouge a composé des vers
Qu’elle chante en grattant sa petite guitare.
Et la reine a conduit la licorne à la gare,
Lui faisant prendre un train pour le diable vauvert.

Mais la licorne bleue s’en alla dans les dunes,
La licorne arc-en-ciel s’envola vers la lune,
De licorne au royaume il ne va plus rester.

Regardons de plus près le portrait de la reine :
Ce n’est pas une vouivre, et pas une sirène,
C’est la licorne rose en grande majesté .

Cochonfucius

Psychanalyse de la licorne

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image de l’auteur

La licorne se dit : «Je suis mal dans ma peau,
Seule, je ne pourrai pas y faire grand-chose,
Je vais donc, pour un temps, m’éloigner du troupeau,
Et voir le dinosaure aux jolies pattes roses.»

(C’est un vieux thérapeute, il est loin d’être sot,
Il peut analyser presque tout ce qui bouge,
Qu’on soit près de la tombe ou sortant du berceau,
Qu’on soit vieille licorne ou jeune poisson rouge).

La licorne éveilla tous ses souvenirs morts,
Retraçant le malheur, la honte, le remords,
La vie insignifiante et la soudaine gloire.

Le dinosaure a dit : « Rien de mal dans ce deuil,
Puisque les instants morts n’ont jamais de cercueil,
Crois donc en la lumière au fond de la nuit noire».

Cochonfucius

L’ondin et les instruments

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Image d’Herald Dick

Il est monté vers nous, il surgit de l’abîme,
C’est un ondin pensif ;
Il porte des humains les dépouilles ultimes,
Les outils primitifs.

Car il a demandé, ce jour, qu’on les lui prête,
Pour s’amuser aussi ;
Mais, qu’il le veuille ou non, son âme n’est point faite
Pour s’occuper ainsi.

Enfoncez-vous dans l’eau, vieux instruments du doute,
De vous, je ne fais rien ;
Je suis un vieil ondin, je danse sur ma route
Et ça me suffit bien.

Cochonfucius

Paon pythagorique

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image de l’auteur

Mon plumage et mon cri ne sont point mensongers,
Car tous deux sont témoins de ma gloire immuable ;
À nul être emplumé je ne suis comparable,
Et je ne plane point dans les vents passagers.

Mon regard est profond, mon pas n’est pas léger,
Je suis un dieu vivant, un personnage stable ;
Il faut aller fort loin pour trouver mon semblable,
Moi qui fus le gardien des tout premiers vergers.

Vous pouvez admirer ma démarche assurée
Aux jardins du Palais, car j’y ai mes entrées ;
Si j’élève ma voix ce n’est point vainement.

Puis, je sais lire aussi l’écriture secrète
Inventée par Adam, qui servit aux prophètes
Pour maîtriser l’Orgueil et son déchaînement.

Cochonfucius

Passants contemplatifs

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Image d’Herald Dick

L’affaire se termine, et la foule est présente ;
Un journaliste parle aux gardiens de la loi,
Un enquêteur saisit quelques débris de bois,
Qui sait si les fautifs, désormais, se repentent ?

Le vent d’automne agite une fragile plante,
Dorment, dans le lointain, les prêcheurs de la foi ;
Des chocs, des explosions ont ébranlé les toits,
La foule se disperse en une marche lente.

Village, d’ordinaire actif et chaleureux,
Avec ses travailleurs, ses vieux, ses amoureux,
Un poète, parfois, pensif et solitaire…

Une paix qui devient panique, cette fois,
Je vois dans les regards des nuances d’effroi,
Ou même, des soupçons d’un frère envers son frère.

Cochonfucius

Ministre imaginaire

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Composition de l’auteur

L’empereur a nommé un ministre fictif
Et même inexistant, ce qui est bien commode :
Car jamais ses décrets ne passeront de mode,
Jamais ne faiblira son effort inactif.

Pour porter assistance à cet illustre absent,
Vous serez quatre cents, valets imaginaires ;
Jamais ne fut si riche un vaillant ministère,
Non-existant, d’accord, mais diablement puissant.

Autant l’opposition que la majorité
Admirent, de ce fait, la sagesse impériale :
Au trône même, un jour, par une loi spéciale,
Ce rien pour successeur sera plébiscité.

Cochonfucius

Le roi des arbres est un buisson

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Toile de Chagall

Abimélek a fait exterminer ses frères,
Sauf Yotam qui raconte une histoire de rois.
Les arbres ont voulu un monarque (à bon droit).
L’olivier se récuse, offrir l’huile, il préfère ;

Et le figuier poser des figues sur la terre,
Et la vigne fournir du vin de bon aloi.
Le buisson alors crie : « En moi, ayez donc foi,
Si vous m’obéissez, je serai débonnaire.

Si vous me méprisez, je répandrai les flammes
Pour brûler des vivants le corps et même l’âme
De Méditerranée aux sommets du Liban. »

Yotam a raconté cette fable stupide
Pour porter désaveu, de manière intrépide,
Aux affabulations d’un vieux buisson ardent.

Cochonfucius

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Livre des Juges, chapitre 9

Le Seigneur d’Alpha Rhinocerotis

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image de l’auteur

Les planètes d’Alpha Rhinocerotis dansent,
Emportant dans l’éther leurs vivants et leurs morts ;
Par trop simple est la loi qui dirige ces corps,
Le Seigneur de l’étoile est toujours en vacances.

Traité de sybarite, il n’en prend point offense,
Car il sait, dans son coeur, qu’il est un homme fort ;
Il trouve son godet, le remplit jusqu’au bord
Et goûte les bienfaits d’une bonne intendance.

Chaque étoile d’une autre est un peu le portrait,
Avec des matériaux des mêmes lieux extraits,
Avec la nostalgie des premières secondes.

Son trône à ce Seigneur ne sera point ravi,
Chaque matin seront ses désirs assouvis
Sur l’anodine étoile au coeur du vaste monde.

Cochonfucius

Au lendemain de Cana

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image de l’auteur

Avoir le meilleur vin, ce n’est pas chose vaine,
Lui qui réconforta les rois et les bergers ;
Même, il peut consoler un captif qu’on enchaîne,
Et le temps de grisaille en joli temps changer.

De toute soumission il nous peut dégager
Et de mille notions rendre l’âme certaine ;
Car noyer une offense, au lieu de la venger,
En maintes occasions apporte moins de peine.

La louange du vin nous devrons réciter
Et les vieux vignerons fréquemment consulter ;
Puis vider les godets, au gré de nos envies.

Le fils du charpentier voulut, avant sa mort,
Qu’un calice pour lui fût rempli jusqu’au bord
De ce vin fraternel qu’il aima dans sa vie.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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