Tour ésotérique

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image de l’auteur

En la tour se produit un mystère subtil
Sur lequel, cependant, je ne peux rien écrire ;
Et prenez garde à ceux qui vous l’offrent à lire,
Dont le coeur et l’esprit sont pervers, semble-t-il.

Ils disent qu’un miracle est un poisson d’avril,
Ils goûtent le sacré, mais ils ne font qu’en rire,
Mêlant dans leurs propos le meilleur et le pire ;
Eux qui de la magie font un commerce vil.

Laissez-les s’égarer dans leur vaine risée
Qui en grande sagesse est bien mal déguisée ;
Car d’un projet stupide, ils sont les techniciens.

Lisez donc des anciens les discours véritables,
Sans oublier d’avoir bouteille sur la table ;
Ainsi vous monterez au ciel platonicien.

Cochonfucius

Danse avec Mallarmé

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Toile de Guido Borelli

Mallarmé, plein de mystère,
Ta plume fait louvoyer
La sémantique arbitraire
Des mots que tu sais ployer.

Le lecteur un sens y guette ;
L’isotopie a des trous.
Il faudrait, d’une baguette
Désenchanter ces garous.

Mais un traducteur tenace
Trace des vers en béton
Et de comprendre menace
(Mais seulement, le peut-on ?)

La version qu’il a sortie
Est lumineuse, en partie.

Cochonfucius

 

Plaisirs

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Photographie de JBB (droits réservés)

De tant de doux plaisirs ma vie fut étoilée !
Des chemins de hasard, des livres à foison,
Nourriture et boisson franchement avalées,
Je n’ai point trop souffert de la rude saison.

Des rayons de soleil entre les giboulées,
Un jardin ramenant de belles floraisons,
Mille pages d’album, de sonnets constellées,
Des compagnons venant de tous les horizons.

Au milieu du gazon, la tendre pâquerette
Illumine le jour, tout en restant discrète,
Et nous fait oublier la façade en béton.

Partageant le café, la libraire voisine
Sourit en découvrant l’album de Mélusine
Qu’elle vient de sortir d’un énorme carton.

Cochonfucius

Aulnois en Perthois

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image de l’auteur

Je songe à ton village, ainsi qu’à toi, Pascal,
À l’inframonde obscur où j’irai te rejoindre,
Deux polytechniciens dont l’importance est moindre
Que celle d’un Nobel, médaillé de cristal.

Tu as été pour moi ce grand frère amical
Dont plus rien, aujourd’hui, ne saurait me disjoindre
En ces jours que le deuil vient ravager et poindre ;
Mais ces vers ne sont point un sonnet sépulcral,

Car tu as cinq enfants, par qui tes regards vivent,
Cinq enfants qui sont sûrs de la route qu’ils suivent,
Et pleurer avec eux soulage mon vieux coeur.

En souvenir du temps de nos errances fières,
J’irai boire à l’auberge un grand verre de bière ;
J’en offrirai un autre au tavernier songeur.

Cochonfucius

Je suis une chimère déjà bien âgée.

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Toile de Gertrude Abercrombie

Je suis une chimère déjà bien âgée.

Jadis, il m’en souvient, nous autres chimères, nous sautions comme des grenouilles, d’un coin de plaine aride à un autre, et comme nous sommes plus lourdes que des grenouilles, ça nous foutait de l’arthrose, en fin de compte.

Puis la plus rusée d’entre nous, la grande chimère Roswitha, persuada un primate parlant de la prendre un instant sur ses fortes épaules. Le pauvre vieillard est toujours son porteur, et nous avons chacune adopté le nôtre, c’est très confortable, même si bien sûr les malheureux bipèdes ne sautent point comme des batraciens. On ne peut pas tout avoir.

Ils se plaignent qu’ils ne savent point où nous les faisons aller.

La terre est ronde !

Puis, comme l’a dit récemment l’un d’entre eux, mieux vaut le poids d’une douce Chimère, que celui de la froide Indifférence (qui, quant à elle, serait bien incapable de sauter comme une grenouille).

Cochonfucius

Encore un château en Espagne

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image de l’auteur

Hautes en sont les tours, légère en est la pierre,
Imposante l’entrée que gardent des griffons ;
C’est un château volant, mais qui s’orne de lierre
Et d’autres végétaux issus du ciel profond.

Aux tuiles de couleur qui captent la lumière,
De surprenants reflets se font et se défont ;
Mais aussi, par les temps de brume et de poussière,
Le tout prend la couleur de la neige qui fond.

Le seigneur se consume en douces rêveries,
En songe il croit revoir ses copains de tripot.
Le château, cependant, survole une prairie ;

Un berger le contemple, ainsi que son troupeau,
Intrigué de le voir qui dérive sans cesse
Avec ce vieux baron, sans la moindre princesse.

Cochonfucius

Exercice d’infernologie

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Fresque de Jose Clemente Orozco

Supposons qu’un enfer abrite des vivants…
Ils s’y habitueront, puisque la vie est telle
Qu’on s’habitue à tout. Donc, la peine éternelle,
Même si des censeurs trouvent ça décevant,

Se banaliserait. D’accord, c’est énervant.
On peut la rendre aussi chaque jour plus cruelle.
Mais un simple calcul sur les différentielles
Nous montre les damnés, même en ce cas, trouvant

Comme du réconfort à cette augmentation,
Sachant que chaque jour est leur lamentation
Moindre qu’au lendemain. Cette vie infernale,

Où donc la trouve-t-on ? En un astre lointain,
En un espace-temps au statut incertain ?
Ou, tout simplement, sur notre terre natale ?

Cochonfucius

Sagesse de trois roseaux

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image de l’auteur

Très sage fut le roseau de naguére,
Nombreux les faits dont son coeur se souvient ;
Il sait le mal et préfère le bien,
Il aime l’eau et respecte la terre.

Auprès de lui, pensif et solitaire,
De l’avenir le noir roseau se tient ;
Il voit ce dont nul homme ne sait rien,
En son esprit n’existe aucun mystère.

Et le troisième est le plus effacé,
Qui ne connaît ni futur, ni passé,
Mais du présent la saveur sans égale.

Il est paisible, il a son pied dans l’eau,
C’est un rêveur, un maître du solo,
Un sans-souci, comme fut la cigale.

Cochonfucius

Soir de printemps

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Marchant près du canal, quand le soleil se couche
Et qu’il ne daigne plus aux cieux se soutenir,
Je pense aux faits du jour que je veux retenir
Selon qu’ils ont du sens, et selon qu’ils me touchent.

Si cette promenade en taverne débouche,
C’est que j’ai dans ces lieux d’excellents souvenirs
Qui naturellement me font là revenir ;
Et puis, on y entend parfois du jazz manouche.

En ce soir de printemps, buveurs jeunes et vieux
Croient être dans un monde où tout va pour le mieux,
Comme s’ils retrouvaient leur âme estudiantine.

Après boire, ils prendront un vrai temps de repos,
Pour être, demain soir, des buveurs bien dispos ;
Il est un âge où l’on ne craint plus la routine.

Cochonfucius

Loin des muses

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Forêt dont toute muse est aujourd’hui absente,
J’aime tes chers oiseaux et leurs aimables mots ;
On croirait éprouver l’émotion qu’ils ressentent,
Même si l’on ne sait la source de leurs maux.

Merci de me parler, oiseaux pareils aux anges,
Avec tant de candeur et de civilité :
Merci de m’écouter, forêt où rien ne change,
Forêt aux noirs chemins, merci de m’abriter.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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