Moine astronome

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Le moine voit au ciel, à l’heure des matines,
Une lune d’argent, resplendissant émail ;
Elle semble approuver et bénir son travail,
Récitant avec lui des formules latines.

Un estival soleil éclaire la cantine
Et l’humble potager orné d’épouvantails ;
Passant par chaque vitre et par chaque vitrail,
Il manifeste ainsi sa grâce adamantine.

Par Lune et par Soleil sont les astres charmés,
Qui aux sphères du ciel se trouvent enfermés,
Retenus par l’éther qui ne fait point de vagues.

Mieux vaut ce vieux couvent qu’un auguste palais,
C’est un endroit paisible, on n’y fait rien de laid,
Et puis le Père Abbé sait d’amusantes blagues.

Cochonfucius

Acrobate du temps jadis

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image de l’auteur

Il séduit même les gendarmes
(C’est surprenant, me direz-vous),
Cet acrobate est plein de charme,
Il s’élève au-dessus de tout.

Je vois des griffons, je vois même
Des anges aux grands yeux d’enfants
Admirant ce sauteur suprême,
Ce saltimbanque triomphant.

J’ai vu la licorne à bicorne,
Ancrer son céleste radeau
Venu des espaces sans bornes
Pour se mêler à ces badauds !

Cochonfucius

Ange égaré

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Image de l’auteur

Un pauvre ange s’est égaré,
Il vole au-dessus de la porte.
Aucun archange ne l’escorte,
Que cet ange est désemparé !

Il devait aller à la suite
D’un compagnon, dans le printemps;
Mais, trop léger et trop distant,
Ce compagnon volait trop vite.

Notre ange porte, sans sourire,
Le pain du fournil enchanté ;
Il ne peut rire ni chanter,
Plus triste qu’on ne peut le dire.

Cochonfucius

Grondements

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Encre de Alfred Kubin

Tout autour de mon lit j’entends bruire à présent
Le peuple des démons s’ébattant dans la nue
Clarté de leur phosphore ou d’un corps plus luisant
La balance du monde à leurs griffes tenue

Au jardin caillouteux ne vient aucun printemps
Pas un oiseau chanteur n’offre sa voix charmante
Nulle touche de vert depuis assez longtemps
Que des petits démons folle troupe dansante

Au son des grondements menaçants guère n’a
De repos le dormeur contemplant cette image
Le soleil n’est pas rouge il est plutôt grenat
Il semble se montrer du fond d’un marécage

Des cent démons hurlants il entend les appels
Ainsi que les rondeaux que ce soir ils chantèrent
Et le psaume effrayant où leur maître immortel
Prononce le déclin et la fin de la Terre

* * * * *

Cochonfucius

Ouroboros solipsiste

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image de l’auteur

Voici l’ouroboros qui rarement s’endort,
Immuable gardien d’un univers de pierre
Et de sables mouvants, c’est un buveur de bière
Mais en circuit fermé, c’est un recycleur d’or.

Il fut jadis instruit par la branche d’un lierre
Dont il obtint, dit-on, sa souplesse de corps ;
Ses yeux sont recouverts d’invisibles paupières,
Il ne s’alourdit point, comme ferait un porc.

L’enivrante sagesse allume sa prunelle,
À sa muse toujours il se montre fidèle ;
Les siècles vont leur train, mais il ne change pas.

Ce serpent casanier jamais ne se promène,
Jamais n’ira séduire une douce Chimène,
Occupé seulement d’un éternel repas.

Cochonfucius

 

Cavalière

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Image du blog Herald Dick Magazine

L’Amazone avançant sur les herbages verts
Entre dans la lumière un peu décomposée ;
Sur la selle, légère, artistement posée,
Elle galope, vive, en terrain découvert.

Déjà le chaud soleil a repris la rosée
Et le grand cheval d’or, filant comme un éclair,
Emporte l’héroïne en ce monde trop clair,
Au monde révélée, au péril exposée.

Ne sachant qu’en penser, ils ont, les braves gens,
L’air perplexe devant ce parcours dérangeant,
Soupçonnant la révolte, ou même, l’insolence.

Mes chers concitoyens, vous n’êtes pas méchants,
Si vous ne comprenez la danse ni le chant,
Donnez-leur cependant l’hommage du silence.

Cochonfucius

Ascension du bouddha de gueules

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image de l’auteur

Le bouddha, loin des sanctuaires,
Sans aucun discours superflu,
Monte soudain vers la lumière ;
Je crois qu’il ne reviendra plus.

Il n’a convoqué nulle vierge,
Nulle assemblée, ni procession ;
Personne ne lui brûle un cierge,
Adieu donc, monde d’illusions.

Loin de la plaine et des collines,
Loin des villages incertains,
Il gagne le ciel qu’illumine
L’éclat de cent soleils lointains.

Cochonfucius

Une nuit de juillet

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Toile de Edvard Munch

Partager l’insomnie, partager un sourire,
Même si ce n’est pas bien longtemps ni souvent,
C’est comme naviguer, poussés d’un même vent,
Trouver d’un même coeur le meilleur et le pire.

C’est un accord qui semble impossible à construire ;
Qui dira comme on tremble, un jour, en le trouvant ?
Mais dans un univers chaotique et mouvant,
On craint de ne pouvoir nulle part le conduire.

Qu’il nous suffise alors d’un seul instant nocturne
Chaque fois qu’au zénith on voit briller Saturne !
Pour ce fatal instant, ce monde est advenu.

J’entends sonner le glas, au clocher d’une église,
De ce timide amour qui n’était pas de mise,
Mais je n’ai nul regret de m’y être perdu.

Cochonfucius

Un souvenir

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Toile de Magritte

La poésie jamais ne peut servir de loi,
Les mots que j’ai tressés pour toi, nouvelle amante,
Ne pouvaient pas éteindre au plus profond de moi
La passion de trente ans toujours vive et présente.

Si tu lis mes aveux, d’abord écrits pour toi,
Si tu lis mes aveux de faiblesse navrante,
J’avoue que dans mon coeur je n’avais pas de quoi
Transformer nos amours en des amours vivantes.

J’ai vibré à ta voix et à tes écritures,
J’ai souri de t’entendre et pleuré aux ruptures,
Ma première passion, je ne peux la quitter.

Oui, l’amour était là, pauvre amour impossible,
Et sa douceur nous fut à tous les deux sensible,
Tu m’as donné bien plus que je n’ai mérité.

Cochonfucius

Au temps pour les crosses

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image de l’auteur

La crosse verte est matinale,
Au réveil je la vois soudain
Bénir une aube virginale ;
Puis elle médite au jardin.

La crosse rouge est machinale,
Tous ses propos sont anodins :
Nulle parole originale,
Et pas non plus de mots badins.

La crosse d’azur, dépouillée
De tout croyance rouillée,
Sanctifie mon âme et mon corps.

Souvent, ensemble elles reposent
En rêvant de la crosse rose
Partie avec la crosse d’or.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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