Cadran lunaire

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Composition de l’auteur

D’azur est le cadran de l’horloge des muses,
D’or y sont dessinés de beaux chiffres romains.
Pas de meilleur gardien pour le temps des humains,
De meilleur surveillant pour voir comme ils en usent.

Quand à rimer ces vers un rhapsode s’amuse,
L’exemple des anciens n’est pas suivi en vain ;
De sable les écrits que prodigue sa main
Font chanter le sureau et danser la méduse.

C’est pour lui le moyen d’échapper à l’ennui,
D’orner la Vérité au sortir de son puits
Et d’offrir au public sa voix jamais lassée.

Du cadran, cependant, il doit suivre la loi ;
De la sorte, il vivra sa vie de bon aloi,
Qui la route suivra par les muses tracée.

Cochonfucius

Amphisbène édénique

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image de l’auteur

L’amphisbène au printemps, joyau de la nature,
Se prélasse dans l’arbre et chante sous les cieux,
Célébrant la grandeur et la gloire de Dieu,
Et puis il se repose au sein de la verdure.

Son corps est bariolé comme une enluminure,
C’est un vivant trésor, un plaisir pour les yeux ;
Il se sait le Phénix des hôtes de ces lieux,
Et du fruit de cet arbre il fait sa nourriture.

La Dame du Jardin le salue en passant,
Il prend, à l’observer, un plaisir innocent.
Il ne sait d’ailleurs pas s’il est jaloux de l’Homme.

Si la femme voulait partager son repas,
Elle pourrait aimer la saveur de la pomme ;
Qu’importe si ce fruit procure le trépas ?

Cochonfucius

Jeune prêtresse

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Composition Cochonfucius d’après Leighton

En rêve je vois la Vestale
Portant de sobres ornements ;
Au coeur du temple elle s’installe
Et je la suis dévotement.

Le firmament est de turquoise
Ou de sinople ou bien d’azur ;
Le vin aux odeurs de framboise
Est du plus clair, et du plus pur.

Écarte donc ce drap, vestale,
Pour dévoiler tes cheveux blonds ;
Je t’offre, en cette nuit fatale,
Un chant modeste, et pas trop long.

Le sais-tu, vestale pensive,
L’amour, en ce monde flottant,
Est fugitif, comme l’eau vive ;
Nous te le disons en chantant.

Cochonfucius

Le monde est un collage

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Collage de Jean-Baptiste Berthelin

L’éléphant te visite en ces lieux où tu bois ;
Sa couleur est pareille à celle des framboises.
Pour ton envie de lire un vallon se déboise,
Le monde est un collage, et la colle se voit.

Contemple ces fragments aux lueurs de bougies :
De ce vaisseau perdu, veux-tu être vigie ?
Sur ce que tu verras, n’établis nul rapport ;
Surtout, ne t’attends pas à finir à bon port.

Cochonfucius

La dame de Gondal

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image de l’auteur

La Dame de Gondal me parle en mon sommeil,
Je peux la contempler sans ouvrir mes paupières ;
Car j’ai toujours aimé l’onirique lumière
Qui baigne cet état supérieur à l’éveil.

En rêve je visite un jardin nonpareil
Où je peux admirer la flore printanière ;
Et je m’y vois danser d’une étrange manière
Pour savourer l’éclat du nocturne Soleil.

Cet univers du songe, il semble un autre monde,
Un cosmos poétique où les démons abondent,
Et les anges aussi, qu’on voit avec le coeur.

La dame de Gondal, d’une douceur extrême,
Connaît mes sentiments presque mieux que moi-même,
Mais parfois je lui trouve un petit air moqueur.

Cochonfucius

Dolmen du troll des cerises

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image de l’auteur

Quand le troll biscornu quitte la vague fière,
Il tire de la mer de grands blocs minéraux ;
C’est alors, rassemblant ses forces de héros,
Qu’il assemble un dolmen, presque un palais de pierre.

Pour la nef des humains, c’est un point de repère :
Ils visent le dolmen par beau temps, par temps gros,
Et se trouvent au port aussitôt, sans accroc ;
Et tous disent au troll : Merci à toi, compère !

Cochonfucius

Cheval de garnison

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Certes, son régiment n’a jamais combattu,
Ni pour le sol natal, ni pour quelques idées ;
Mais en rêve, souvent, son âme débridée
Affronte un ennemi, mais lequel? le sais-tu?

Je peux imaginer qu’il est de fer vêtu,
Que son âme perverse est vers le mal guidée,
Dont celle du coursier n’est pas intimidée,
C’est un vaillant cheval, c’est un héros têtu.

Ces couplets ne sont pas de vaine moquerie ;
De ce fier animal, personne ne s’en rie,
Qui sur un champ d’honneur, peut-être, périra,

Ou pour les grands yeux noirs de la charmante reine
Qui près de l’écurie chante à voix de sirène ;
Ou encore, autrement : l’avenir le dira.

Cochonfucius

Trollville

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image de l’auteur

Ici vivent des trolls blêmes ;
Leur moral est toujours bas.
Ils s’en vont à petits pas,
Comme pour se fuir eux-mêmes.

C’est de mépris pour leur chef
Que s’anime leur poitrine,
C’est en amateurs de ruines
Qu’ils consument leurs jours brefs.

Dès qu’ils sont hors de ma vue,
Le jour, à nouveau, me plaît,
Et la ville, et la forêt,
Et les sylphes, dans les nues.

Cochonfucius

 

Chanson du Comité National de la Recherche Scientifique (1984)

Lorsque les technocrates
Tant fiers et tant polis
De nos écrits débattent,
Ils font « C’est du joli… »

Qu’ils restent dans leurs antres,
Assez nous ont bectés !
Allons-nous dans leurs centres
Pour les y inspecter ?

Mais, pourquoi ce discours ?
Ils sont gueulards, mais sourds.

Ambidragon bûcheron

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image de l’auteur

Cet ambidragon habite en Essonne,
Il n’a, semble-t-il, jamais vu la mer ;
Au bois de sapins et de chênes verts,
Sitôt qu’il surgit, les arbres frissonnent.

Ce bûcheron fou, ça les désarçonne,
Et ses ailerons qui brassent de l’air
Sans se reposer, l’été ni l’hiver,
Et ne respectant ni rien ni personne.

Ce temps de tourments, quand finira-t-il ?
Nous le diras-tu, monstre peu subtil ?
Quand deviendras-tu un écologiste ?

Ainsi se plaignaient les arbres d’ici ;
De l’ambidragon, le coeur endurci
Resta sans pitié, je trouve ça triste.

Cochonfucius

 

Planète des danseurs bicéphales

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image de l’auteur

Tantôt posant leurs mains sur leur large poitrine
Et tantôt fléchissant leurs robustes mollets,
Je les vois tournoyer dans l’aube au teint de lait ;
Ils ont figure humaine et démarche caprine.

Baignant leurs pieds fourchus dans les eaux méandrines,
Ils offrent aux regards un antique ballet,
Tel que Poséidon en eut en son palais
Bâti dans les grands fonds de l’étendue marine.

Or, la vie est pour eux ce plaisir et ce jeu
Que leur bel enthousiasme anime de ses feux,
Faisant valser leurs corps qui semblent faits d’ivoire.

Tant qu’ils seront heureux et tant qu’ils seront forts,
Ils prendront leur plaisir sans penser à la mort,
Chargeant leur double chef du fardeau de leur gloire.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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