Sagesse de l’apôtre Paul

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Il s’attendait à son sort,
Il s’attendait au supplice ;
Choisissant la brusque mort
Et le peu profond calice,
Il a péri sous la main
D’un qu’il appela complice,
Paul, un citoyen romain.

Il fut un apôtre fort,
Non dépourvu de malice ;
Son vaisseau tira des bords
En dépit des maléfices ;
Il a combattu le vice
Toujours, au long des chemins,
Ainsi que les artifices :
Paul, un citoyen romain.

Dans Rome, à présent, tu dors,
Bien après ton sacrifice.
Paix à l’âme et paix au corps
De Paul, citoyen romain !

Cochonfucius

Antipapegault

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Dans un jardin perdu qu’ombrage un noisetier
Vit l’antipapegault, monarque de la plaine ;
Il ne se risque point dans des courses lointaines,
À peine connaît-il les sylvestres sentiers.

Il n’est pas à l’honneur, il n’est pas à la peine,
Et jamais sur sa branche on ne l’entend prier ;
Mais nul à cet égard ne l’ira décrier,
Pourquoi n’aurait-il pas l’âme républicaine ?

Pour lui faire plaisir, offrez-lui des crevettes
Ou un godet de bière à l’antique buvette ;
Ou même, à la rigueur, un peu de poisson cru.

Cet antipapegault ne fait point de vacarme,
Il sait de vieux dictons dont je goûte le charme,
Et même la chanson du père Lustucru.

Cochonfucius

Ours dignitaire

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Ce grand ours est connétable
Et duc des Marais du Nord ;
Le roi l’invite à sa table
Pour manger du foie de porc.

Il surveille les érables
Dont la sève est un trésor ;
Même par les nuits de sable
Il est toujours le plus fort.

Il voudrait offrir la lune
À la reine aux grands yeux noirs
Que jamais il n’importune ;

Car il frémit à la voir,
Il en perd tous ses pouvoirs,
Nous plaignons son infortune.

Cochonfucius

Quelques buveurs

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Vois le pastis, vers le soir, jaunissant
Qui bientôt doit en nos gosiers descendre ;
Tu peux m’en croire, il n’a point goût de cendre,
Quand nous trinquons, dans le jour finissant ;

Tous ces buveurs au crâne blanchissant,
Tu les verras d’oisiveté s’éprendre ;
Soigne-les bien, serveuse au regard tendre,
N’épargne point ton rire ravissant.

Car ils sont là pour des instants sans peine,
Tels des marcheurs auprès d’une fontaine ;
Ce bar leur est un bienheureux séjour.

Tu les entends parler, ce soir encore,
Sans redouter l’approche de l’Aurore :
Qu’est-ce, demain ? Ce n’est qu’un autre jour.

Cochonfucius

Ambireptile

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— Nous te voyons glisser sur les chemins
Nous te voyons errer dans la nature ;
Ambireptile en quête d’aventures,
Que penses-tu de tes frères humains ?

Et voudrais-tu, toi-même, avoir des mains
Pour façonner un ouvrage qui dure ?
Et trouves-tu que la terre est trop dure,
Regrettes-tu tes jours sans lendemains ?

— Je n’envie point cette forme commune,
Puisque sans mains vivent Soleil et Lune ;
Sous cet aspect je veux vivre et mourir.

— Nous n’avons point parlé pour te déplaire,
Ambireptile, animal populaire,
Toi qui sans pieds sembles parfois courir.

Cochonfucius

Vigne autonome

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Cette vigne grandit selon sa fantaisie
Dans un taillis obscur, près d’un arbre tombé ;
Elle prend pour tuteur un branchage courbé
Qui lui est favorable, et qui provient d’Asie.

Elle pousse en tous sens, comme une poésie,
Comme des mots farceurs qu’on ne peut rattraper ;
Son plaisir en ce monde est toujours d’échapper
Aux règles du maintien, par les humains choisies.

Je veux te ressembler, végétal inspiré ;
Les paroles sans loi que j’ose murmurer
S’envolent au hasard, sitôt qu’elles sont dites ;

Mon papier, c’est de l’eau, ma plume est un roseau ;
Car j’écris seulement pour répondre aux oiseaux
Qui dans mon vert jardin leurs légendes récitent.

Cochonfucius

Chemin de montagnes

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Toile de Richard Schmidt

Suivre les chemins de montagnes
Avec les enfants de Mandrin,
Quand le désir d’être seul gagne
Le passant des bords méandrins.
À la bergère offre un poème
Pour qu’elle sache que tu l’aimes.
Si tu la prends pour souveraine,
Elle versera du vin frais;
Tu n’auras plus d’autre intérêt
Que boire dans la nuit sereine.

Cochonfucius

Vestiges

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Dans quel oubli, ce jour, mes lectures anciennes !
Tant de beauté qui vint, et tant qui s’en alla,
Il est bien démuni, le vieillard que voilà ;
Sa finesse d’antan, faut-il qu’il s’en souvienne ?

Tant de pages, le soir, soigneusement coupées,
Le désir de savoir me brûlant de ses feux,
Mais je suis devenu ce reptile frileux
Qui peine à maintenir ses forces regroupées.

Allons, ça ne fait rien. Le ciel est toujours beau,
La muse infatigable arbore un long flambeau,
Je sens danser en moi mon coeur couleur de brique.

Il est temps de chanter la joie des écureuils,
L’ardeur des sangliers, le bonheur des chevreuils
Et le contentement des êtres chimériques !

Cochonfucius

Druillesque

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Sur ta planète aux longs hivers,
Bercé de nostalgies naissantes,
Robot à l’âme évanescente,
S’engourdit ton cerveau de fer.

Pourras-tu naviguer encore ?
Tous tes câbles sont emmêlés,
Ton regard est un peu voilé ;
Adieu, vaisseaux couleur d’aurore.

Or, pour abriter ta torpeur,
Nous t’offrons une nef de marbre ;
Notre nécropole et ses arbres
Te nomment invité d’honneur.

Cochonfucius

Lent véhicule

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image de l’auteur

La charrette de foin passe au long des maisons,
Suivant sans se presser la route bien connue ;
C’est un chemin de terre, et pas une avenue,
Mais à chaque tournant sont de beaux horizons.

Voici le charretier, plein d’usage et raison,
Un auguste vieillard à la barbe chenue ;
Car très bientôt sera pour lui l’heure venue
D’aller pour bien longtemps dormir sous le gazon.

Il fut un brave bougre, ignorant tout mensonge,
Rarement tourmenté par de pénibles songes,
Assidu au labeur et content de son sort.

Sa table à la taverne est sans mélancolie,
Où lui sont rappelés ses moments de folie ;
Tranquille, il boit sa bière, et tranquille il s’endort.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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