Janus aquatique

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Au Janus des sept mers, je veux lever mon verre,
À ce dieu tutélaire, à ce roi des lointains ;
Qu’il accepte le chant de ce pauvre trouvère
Qui dira sa grandeur, sur un rythme incertain.

Car on le voit régner sur les eaux les plus vastes
Qui semblent au marin s’étendre à l’infini !
Sur le triton paillard, sur la sirène chaste,
Sur les plongeurs noyés, aux grands fonds réunis.

Janus, maître du sort, Janus, maître des rêves !
Empereur méconnu du monde clair-obscur
Où passe la sardine en apparences brèves,
Comme une ombre d’oiseau sur la blancheur d’un mur.

Cochonfucius

Arbre de Rémus

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Arbre témoin de la dignité feinte
D’un noir destin en grandeur déguisé,
J’ai vu la haine un despote embraser ;
J’ai vu la vie au pied des murs éteinte.

Rémus tomba sans former nulle plainte :
De sacrilège il était accusé,
De se soumettre il avait refusé
En profanant le tracé de l’enceinte.

Or, mon feuillage est porteur de sa voix
Que sur la plaine on entend quelquefois ;
Je suis chargé d’une éternelle peine.

Je l’aimais bien, cet homme qui chantait,
Lui que nul dieu jamais ne démentait ;
Roi Romulus, ton ire fut bien vaine.

Cochonfucius

Pater Noster

 

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Fresque de Michel-Ange

Tu nous as demandé de sanctifier un nom
Qui pour nous, cependant, n’est qu’un obscur mystère.
Nous devons te prier de régner sur la terre,
Ne sachant si aux cieux tu gouvernes ou non.

Sur terre comme au ciel, nous te le demandons,
Ta volonté soit faite. Or, tu es notre père,
Et cette volonté s’accomplit, je l’espère,
Même quand, par malheur, nous nous en défendons.

Tu es aussi chargé de procurer du pain
A qui n’a pas encore un costume en sapin ;
A ceux qui font du mal, il faut que tu pardonnes,

Comme nous pardonnons aussi aux malfaiteurs.
Et s’il vient près de nous, le démon tentateur,
Point ne faut qu’en ses mains tu ne nous abandonnes.

Cochonfucius

Tigre bipède

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Le grand tigre bipède avance sur les bords
D’un cours d’eau, pour aller la tigresse rejoindre ;
De n’avoir que deux pieds, sa force n’est pas moindre,
Son âme avec le monde est en parfait accord.

Il observe la Lune, elle lui parle, alors
Il sait que l’aube, ici, ne va tarder à poindre
Pour le bord de cette eau de blanche douceur oindre.
L’aurore la suivra, tendre et rougeoyant corps.

L’onde, dans le torrent, avance, tourne et vire ;
Joyeux sont les poissons, plus qu’on ne peut le dire,
Tigre, que je voudrais voyager comme toi !

Mais je traîne en ce lieu ma démarche inégale,
Comme au fond du jardin fait la vieille cigale ;
Tigre, je t’offre un coup, si tu viens par chez moi.

Cochonfucius

La princesse et le paysan

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Toile anonyme

Un paysan de Chine hors de toute noblesse
Qui ne connaissait rien et n’avait rien appris
Fut monstrueusement et violemment épris
De la fleur du palais la plus belle princesse

Il l’avait entrevue au bord de la grand’route
Il avait entendu un de ses mots charmants
Il rêva plusieurs nuits qu’il était son amant
Ce qui dans son esprit amena la déroute

La belle était comme un bel astre dans l’azur
Il lui a dédié quatre-vingts paraboles
Et il n’a reculé devant nulle hyperbole ;
La belle lui a dit : Ton langage est obscur.

Du sentiment entre eux ils étaient incertains.
Un jour c’était joli comme en ce beau poème,
Le lendemain trop triste et désespérant même,
Cela pouvait changer entre soir et matin.

Ils ont eu des adieux et des retours tragiques,
Des réconciliations qui font que l’air est doux,
Des accès de chagrin venant on ne sait d’où.
L’amour vraiment c’est tout sauf la potion magique.

Et puis au dernier jour ils se sont dit les choses
Qu’ils avaient à se dire avant de mettre fin
A un étrange amour les laissant sur leur faim.
Un chemin pour le prince, un autre pour sa rose.

* * * * *

Cochonfucius

Corne d’abondance

opda

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Sur la table du mage est un trésor qui luit ;
De la corne, en effet, la force n’est pas feinte,
Qui semble provenir d’une licorne sainte
Et qui dans ce manoir l’abondance a produit.

On peut même en tirer de remarquables fruits,
Qui sans cette magie seraient tous hors d’atteinte ;
De longtemps ne sera cette puissance éteinte,
Qui embellit le jour et adoucit la nuit.

Plus de blé qu’il n’en pousse en une vaste plaine,
Le sorcier le récolte, une grange en est pleine,
Et d’autres provisions occupent le cellier.

Sur son mode d’emploi, je suis dans l’ignorance,
Et le sont, paraît-il, tous les chercheurs en France ;
Sauf un obscur vieillard, un moine cordelier.

Cochonfucius

Gabriel dubitatif

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D’une telle mission, comment venir à bout ?
Et comment aborder une telle auditrice ?
Certes, du genre humain c’est la consolatrice,
Mais qui, jusqu’à présent, ne le sait pas du tout.

J’aimerais cent fois mieux voler par vent debout
Et croiser de Satan les troupes destructrices,
Ou chasser les démons d’une blasphématrice,
Ou d’une croix maudite enlever tous les clous.

Mon corps tremble devant ce visage admirable,
Je ne saurais parler, je me sens misérable,
La peur me paralyse et fait pâlir mon front.

Or, le Maître le veut : je ne vais pas me taire,
Car c’est lui qui décide et c’est nous qui souffrons,
Mais c’est un noble effort, un tourment salutaire.

Cochonfucius

Crosse magique

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L’évêque sait d’étranges artifices,
Lui qui reçut de magiques pouvoirs ;
Et cette crosse est son plus bel avoir,
Qui lui rendit de merveilleux services.

Or, n’en craignez jamais de maléfice :
Un noble usage il fait de son savoir,
Soit pour guérir, ainsi qu’on peut le voir,
Ou pour bénir l’agneau du sacrifice.

Ce bon prélat s’amuse quelquefois
À contourner de l’Univers les lois,
Mais sans jamais provoquer de malaise.

Il peut gagner d’inaccessibles lieux,
Voir l’inframonde, à la grâce de Dieu,
Ou voleter au-dessus des falaises.

Cochonfucius

Ambilion

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J’ai pris un ambilion pour garder ma maison,
Mais il est trop craintif, ça me fait de la peine,
Il tremble au bruit de l’eau tombant dans la fontaine,
Il voudrait que les chats fussent tous en prison.

Qu’un escargot s’avance, il n’y voit rien de bon,
L’araignée, face à lui, passe pour souveraine,
Puis, son coeur est épris d’une croyance vaine
En un Esprit, duquel il doit taire le nom.

Il n’est point compétent pour faire des métiers,
Il n’est pas actionnaire, il n’est pas héritier,
Il aime : un canapé, le vin, la poésie.

Alors, cet ambilion mérite-t-il son pain ?
Si je lui en apporte, il me lèche la main
Comme s’il recevait sa bouchée d’ambroisie.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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