Sagesse de la libellule

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image de l’auteur

La libellule chasse à la fin du printemps,
Je suis émerveillé par sa noble apparence ;
Je la vois survolant ce ruisselet de France,
Qui frôle la surface et s’y va reflétant.

Au bord de ce cours d’eau longuement méditant,
Le héron au long bec se nourrit d’espérance ;
Comme la libellule, il est plein d’assurance,
Il se tient sur la rive, il observe, il attend.

De ces deux prédateurs la quête n’est pas vaine,
Ils prendront du gibier bientôt, sans trop de peine ;
Il se rassasieront, et puis, ils s’en iront.

J’entends un peu plus loin le cri d’une corneille,
Un oiseau ténébreux qui dans l’ombrage veille ;
Quant à moi, j’aime aussi ce troisième larron.

Cochonfucius

 

Improductif

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Toile de Norman Rockwell

Avril a déployé sa force lumineuse,
L’aile du noir corbeau se transforme en miroir
Et les verts marronniers vibreront jusqu’au soir
Du doux frémissement d’abeilles butineuses.

Loin du travail pesant, loin des fêtes ruineuses,
Je sors un papier blanc du fond de mes tiroirs
Et trace quelques vers, ou brèves de comptoir,
Evitant les notions par trop vertigineuses.

Le chat dans mon jardin se recueille, immobile :
Je sais qu’il a pour ça un bien vilain mobile,
Que plus d’un vieil oiseau également connaît.

Aux murs de mon bureau somnolent mes vieux livres,
Et pas un seul d’entre eux sa science ne délivre :
Dimanche à ne rien faire, ou tout juste un sonnet.

Cochonfucius

Fraîcheur estivale

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Illustration Edredon

L’air, qui était trop chaud, est redevenu doux.
Les livres du bureau recueillent la poussière,
De temps en temps j’absorbe une gorgée de bière ;
En haut du marronnier danse un écureuil roux.

Les fourmis, dans le jour, s’aventurent partout,
Transportant leur fardeau, noires dans la lumière,
Sans aucun clignement de leur oeil sans paupière,
Heureuses d’accomplir leur corvée jusqu’au bout.

Je suis reconnaissant au plafond de nuages
Et à son compagnon, le vent frais et joyeux
Qui les fait progresser au ciel, devant mes yeux ;

Quoi de plus verdoyant que cette herbe sauvage,
Quoi de plus gazouillant que les oiseaux des cieux ?
La brise fait danser, dans les airs, le feuillage.

Cochonfucius

Méditation estivale

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Composition de l’auteur

La rosée du matin commande d’être heureux ;
Le soleil qui n’a point repris toute sa force
Anime la terrasse en caressant l’écorce
Des marronniers au tronc antique et vigoureux.

Aucun souci au coeur, aucun nuage aux cieux :
Il est tôt, ce n’est point le temps où l’on s’efforce,
Tout juste on parlera du travail qui s’amorce
Et qui, bien entendu, sera fait pour le mieux.

Puis la journée défile et le jardin se dore ;
Le vin coule, bien frais, d’une petite amphore
Et tout va, doucement : rien ne sert de courir.

Au soir, le barde entend les cris des hirondelles
Qui semblent affirmer que la journée fut belle,
Quand, au ponant du ciel, le soleil va mourir.

Cochonfucius

Pyramide des jardiniers

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image de l’auteur

Pyramide occupant le terre-plein central,
Le reste du jardin évoque un terrain vague.
Près d’un vieux marronnier que jamais l’on n’élague,
Elle offre à nos regards ses reflets de métal.

Les moines jardiniers y montent en bon ordre,
Avec de beaux rameaux fraîchement baptisés
Qui servent pour bénir, et pour exorciser,
Tendre feuillage auquel un démon ne peut mordre.

Les plants les plus nouveaux grandissent dans un bac,
Chéris des cénobites et de Dame Nature ;
Faire naître un jardin, c’est toute une aventure,
Ça mérite, le soir, un verre d’armagnac.

Cochonfucius

Au point du jour

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Illustration de Franck Bohbot

La terrasse de l’Est, avec ses marronniers,
Baigne dans les lueurs de l’aurore hivernale ;
Les herbages de l’Ouest, aux ombres sépulcrales,
De rosée du matin, bientôt, vont communier.

On entend galoper les rongeurs au grenier ;
Au lointain retentit la cloche monacale
Ouvrant cette journée aux autres bien égale,
Un jour comme les jours, sans rien de buissonnier.

Millions de voyageurs partant vers les bureaux
Dans des wagons chargés comme des tombereaux
Qui roulent posément sous les façades grises.

Des rêves par millions volent au gré du vent,
Invisible troupeau lentement dérivant ;
Ce vent n’est pas bien fort, c’est à peine une brise.

Cochonfucius

Lectrice du manuscrit

inko

image de l’auteur

N’habitant point en logis de paresse,
N’écoutant point les sires beaux parleurs,
Ne goûtant point les jeux des bateleurs,
Je me délecte en prose enchanteresse.

D’un combattant je ne serai maîtresse,
Encore moins d’un rhapsode enjôleur ;
Mais d’un vrai scribe, un homme de valeur
Dont la main dextre écrit avec adresse.

Sans nul désir pour quelques pièces d’or,
Tranquille il veille, et tranquille il s’endort,
Tel qu’en lui-même un fier talent le change.

Je l’aime bien, quand il veut délirer,
Par on ne sait quelle muse inspiré :
En inframonde il rencontre des anges.

Cochonfucius

Noirceur et blancheur

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image de l’auteur

Le papier blanc, le noir poème,
Blanche la nuit et noir le jour,
Noirceur et blancheur sont les mêmes ;
Tantôt blanc, tantôt noir, l’amour.

Quelle nuance est la première ?
Quel ton béni ? Quel ton maudit ?
Blancheur sombre, obscure lumière,
Clair enfer et gris paradis.

Aucun des deux n’aura ma haine,
À vivre ils savent m’inciter ;
Le noir Pâris, la blanche Hélène,
Leurs deux destins sont enchantés.

Cochonfucius

 

Dame estivale

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image de l’auteur

Cette dame cultive un jardin sans pareil
Où nous voyons fleurir des plantes inconnues ;
Car il est lumineux, traversé d’avenues
Et de petits sentiers que baigne le soleil.

Une aragne bâtit sa construction ténue,
Un arbre plein de sève offre ses fruits vermeils ;
Un vieux chat se prélasse et se livre au sommeil,
Un corbeau dit un mot sur une branche nue.

Saison après saison, le jour succède au jour,
Le temps à toute chose inflige sa morsure ;
Une fleur s’abandonne à son paisible amour.

Or, de ses lendemains la dame n’est pas sûre ;
Que dit le noir corbeau de son étrange voix,
Lui qui de l’univers a deviné la loi ?

Cochonfucius

Une stèle

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Code d’Hammurabi

Une pierre qui parle enseigne un monde, en vers ;
Explique-t-elle aussi nos coeurs inconsolables,
Nos minutes formant chacune un grain de sable
Dont plusieurs contenaient, peut-être, un univers…

La pierre ni les mots n’ont de penchant pervers.
Le scribe qui orna de ces signes la table
Suivait, à tous égards, des codes respectables
(Sauf à ce qu’il traça, peut-être, à son revers).

Or, ce scribe n’a pas un immense mérite
Pour avoir simplement observé les bons rites ;
D’une antique sagesse il était le vecteur.

Puissions-nous imiter ce propos salutaire,
Même si ce forum n’est pas un sanctuaire :
Et si nous y manquons, indignez-vous, lecteurs.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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