Lièvre du Yin et lièvre du Yang

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C’est le lièvre du Yin, le plus timide au monde,
Qui sous les projecteurs ne veut point figurer ;
Et de lui, l’on entend des propos mesurés,
Qui rigoureusement sur le bon sens se fondent.

C’est le lièvre du Yang à la verte faconde
Qui d’être le meilleur est toujours assuré ;
Il marche, triomphant, sous le ciel azuré,
Auprès de la montagne ou de la mer profonde.

Aucun de ces deux-là ne veut qu’on le dorlote ;
Mais chacun volontiers avec l’autre complote,
Prenant conseil, parfois, d’un vénérable porc.

Préférer l’un des deux, ce serait arbitraire,
De n’en aimer aucun, certes, l’on aurait tort ;
L’univers s’enrichit des deux lièvres contraires.

Cochonfucius

Sagesse d’un oiseau de passage

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image de l’auteur

Petits oiseaux du ciel, vos leçons apprenez :
Celui qui de la sorte à Nature se plie
Mérite qu’aussitôt sa vertu l’on publie
Et que d’heureux mortel le nom lui soit donné.

Car je le fis jadis, et je fus étonné
De voir facilement mes tâches accomplies ;
D’excellents souvenirs ma mémoire est emplie,
Que mon faible cerveau ne sait pas ordonner.

Surtout, petits oiseaux, n’ouvrez pas trop le bec,
Évitez le chacal, le goupil, le fennec
Désirant s’emparer de votre humble pitance.

N’écoutez pas souvent le barde fredonnant
Qui montre en ses chansons des monstres surprenants :
Trop chante une cigale, et par force, elle danse.

Cochonfucius

Corbière voit une rose

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Toile de Mindy Goldman

Il n’est pas oublié, le parfum d’une rose
Que j’ai cru respirer, m’endormant, l’autre soir.
La suite du sonnet, l’écrire ici je n’ose
Où tous les habitants du monde iront la voir.

De soi-même on n’a deuil, pitié, ni désespoir.
Pour profiter du jour, un vieillard se repose
Sitôt que c’est possible, ou, tel un vieux miroir,
Fait surgir des reflets dans ses vers et sa prose.

L’hiver de notre vie ne va pas vers l’été.
D’avoir été heureux (et nous l’avons été),
C’est de quoi mitiger ce crépuscule sombre.

Lisons donc de beaux vers dans ce restant de jour,
Ils ne sont point gravés au marbre pour toujours,
Ils sont comme la neige amoncelée dans l’ombre.

Cochonfucius

Sagesse du paléographe

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Composition de l’auteur

Des mythes d’autrefois, jamais il ne s’abuse :
Ce déchiffreur patient parcourt les parchemins
Et ne craint d’accomplir un travail de Romain.
Sur le coin de sa table, un très long cierge s’use.

Le texte mystérieux présente une méduse
Éprise d’un sureau ; le sens est incertain.
Sont-ce des avatars de petits dieux latins
Ou de celtes démons dont la malice fuse ?

Le récit se poursuit, hors de nécessité,
Semblant n’avoir été que peu prémédité,
Entraînant ses lecteurs dans des confins extrêmes.

De traduction précise, il ne peut s’acquitter :
Mais il s’en sortira par un texte imité
Des fables d’autrefois, de celles que l’on aime.

Cochonfucius

 

Oiseau-Ferrant

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Le maréchal-ferrant le plus habile au monde
Est ce petit oiseau que des auteurs divers
Nous ont jadis décrit, qui parcourt l’univers
Pour parer les sabots des juments vagabondes.

Traversant le village et la forêt profonde,
N’interrompant ses pas que pour battre le fer,
Il ne craignit jamais de traverser la mer
Pour gagner les terroirs où les chevaux abondent.

Or, c’est d’oiseaux normaux, cependant, qu’il est né ;
Jamais de forgeron dans sa vaste famille
Dont il fut le premier artisan forcené.

La pie est attirée par le métal qui brille
Et d’autres emplumés sont de grands voyageurs ;
Il fut seul à choisir cet étrange labeur.

Cochonfucius

Le château de Piaf-Tonnerre

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Gravure de Escher

Piaf-Tonnerre a construit un château en Espagne,
Suspendu dans les airs comme un nuage gris.
Il n’a pas précisé comment il s’y est pris ;
Est-il allé quérir en Grande Garabagne

De la pierre volante, ou peut-être, en Bretagne ?
De l’ombre du château, le sol est assombri.
Les seigneurs espagnols, modérément surpris,
Disent qu’il ne faut point en faire une montagne.

Or, quand le roi l’apprend, ça devient autre chose,
L’auguste souverain voudrait savoir qui ose
Arborer dans les cieux un pavillon vantard.

Sa majesté s’apprête à tancer Piaf-Tonnerre,
Mais le château, poussé par un vent débonnaire,
Est allé s’amarrer au roc de Gibraltar.

Cochonfucius

Royale nostalgie

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Les regrets du roi barbare
Ont rempli la vaste mer ;
Où est son épée de fer,
Où sont ses trésors si rares ?

Où est sa charmante reine
Vêtue de drap suranné,
Où est le cheval orné
D’un manteau de pure laine ?

Ne cherchez l’or ni les pierres
(D’ailleurs vous ne sauriez où ;
Le palais n’est plus debout,
Les jardins ne sont que lierre).

Croit-il encore à sa gloire,
Le monarque au bois dormant ?
Croirais-tu à ton roman,
Pauvre seigneur sans mémoire ?

Tout cela ne fut qu’un rêve,
Un moment de confusion ;
Marche, avec ton illusion,
Vieux fantôme sur la grève !

Cochonfucius

Diablecerf

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image de l’auteur

D’être animal-démon, il en donne des signes ;
Brûlant est son regard. Diablecerf est son nom.
Verse-lui de la bière, il ne dira pas non,
Il peut en boire un peu, tout en restant très digne.

Certes, son coeur n’est pas plus blanc que n’est un cygne,
Il a bien mérité son terrible renom ;
Car tous les chroniqueurs écrivant sur lui n’ont
Jamais pu rédiger une indulgente ligne.

S’il rencontre le Sphinx, ils s’amusent ensemble,
Et ces deux entités se valent, ce me semble ;
Chacun à l’autre sert de Muse et de Mentor.

Monstre que l’on ne voit jamais sur les peintures,
Dont l’emblème parfois orne une sépulture ;
C’est un être maudit, ce n’est pas un butor.

Cochonfucius

Fréchette voit des sonnets

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Toile de Eoghan de Leastar

Un sonnet, c’est plus grand qu’un insecte ou qu’un ver ;
Il peut enthousiasmer une foule joyeuse,
Faire rire la femme en sa robe soyeuse,
Et parfois, au plaisir, il donne le feu vert.

Si la vie du poète a parfois des revers,
Si sa plume a des jours d’inspiration railleuse,
Il demeure au pouvoir des muses merveilleuses
Qui changent en printemps les plus sombres hivers.

Aujourd’hui, ton coeur est au pouvoir d’une femme :
Il ne t’est plus donné de disperser ta flamme,
Vous êtes l’un pour l’autre un monde, désormais.

Aussi, que dirais-tu, homme à l’esprit véloce,
Si tous tes invités, rimeurs comme jamais,
Lui offraient leurs sonnets comme présents de noce ?

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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