les cinq éléments

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Toile de Monet

— Si j’avais du métal, je ferais une cage
Et le démon aurait du mal à s’en tirer.
— Le bois serait pointu pour mieux le déchirer,
Et l’eau peut le noyer de son torrent sauvage.

— Le feu fait détaler au loin ses attelages,
Dans ses émanations, il ne peut respirer.
— La terre pour nos yeux se couvre d’un bocage
Où chante un bel oiseau qui se laisse admirer.

— Terre qui portes l’herbe à la douceur de laine,
De tes dons, chaque jour, nos assiettes sont pleines,
Douce est ta compagnie dans la lueur du soir.

— Aux autres éléments soyons pourtant fidèles ;
Sur nos meubles de bois, le feu d’une chandelle,
Un peu d’eau pour la soif, et le fil du rasoir.

Cochonfucius

les treize penseurs

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Photographie de Jacques-André Boiffard

Jules Renard me dit : « Tu mets les mots en cage,
De ton oisiveté veux-tu gloire tirer ? »
Caton : « Tu dois découdre, et non point déchirer ».
Blake : « Vois-tu le ciel dans une fleur sauvage ? »

Sylvain Tesson me prend pour l’idiot du bocage,
Perrault est satisfait, qui me voit l’admirer ;
Vigny est honoré de pouvoir m’inspirer,
Lincoln m’offrirait bien son plus bel attelage.

Le Clézio m’a offert un joli brin de laine ;
Marcel Pagnol me donne une bouteille pleine,
Paul Déroulède joue du clairon dans le soir.

Sacha Guitry m’apprend comment être fidèle ;
Natsume Sôseki me montre une hirondelle,
Cioran m’aide à fleurir les murs de l’abattoir.

Cochonfucius

les douze animaux

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Peinture Yang Shanshen

Le rat me garantit qu’il rongera la cage
Où je suis prisonnier ; le boeuf veut bien tirer
La charrue dans mon champ, le tigre déchirer
Pour mon profit la peau d’un ruminant sauvage.

Le lièvre me rapporte une fleur du bocage,
Le dragon, des trésors qu’on ne peut qu’admirer.
Le serpent vient danser afin de m’inspirer,
Le cheval me conduit dans un bel attelage.

Le mouton me procure un vêtement de laine,
Le singe a dégotté une bouteille pleine
Le coq fait retentir son clairon dans le soir ;

Le chien pose sur moi son doux regard fidèle,
Le cochon me fait rire en draguant l’hirondelle,
Puis les douze animaux s’en vont à l’abattoir.

Cochonfucius

Sans rien escompter == 無所得

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image de l’auteur

Il plane au firmament sans livrer de batailles,
Car de très peu d’ardeurs son coeur est allumé ;
Il est inoffensif, ce monarque emplumé,
Lui qui de nul dragon ne brise les écailles.

Aucun désir pervers, dit-on, ne le tenaille,
Son fier esprit n’est pas de rage envenimé ;
Ce grand aigle d’azur, par sagesse animé,
N’a jamais d’amertume au fond de ses entrailles.

Ce paisible sujet sourit à son destin,
Puisqu’il sait que le sort, même s’il est mutin,
Ne saurait apporter de misère éternelle.

Il a peu de fortune et peu de jugement,
Il aime être bercé par les voix fraternelles
De quelques vieux amis lui parlant sagement.

Cochonfucius

Un terrain vague

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Toile de Manet

Parfois, un terrain vague est beau comme un jardin,
C’est ce que veut penser mon âme nonchalante
Qui n’a jamais rien su de terre ni de plantes,
Et ne sait progresser que par des bonds soudains.

Plaisir de ne rien faire au soleil du matin,
Quand l’astre dans le ciel poursuit sa course lente
Jusqu’à rendre à midi l’atmosphère brûlante,
Et moi je suis à l’ombre, avec un verre en main.

Laissez-moi végéter au coeur de cette friche,
Je n’aime jamais rien de ce qu’aiment les riches.
Je bois du vin, j’écris, je médite et je dors.

Un soir je m’éteindrai, c’est la suprême ivresse.
Nul ne m’accusera d’avoir trop de sagesse,
J’en avais juste assez pour accueillir la mort.

Cochonfucius

Corvus Pontifex

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image de l’auteur

Cet oiseau fit un pont, il le fit en un jour ;
Et c’était un corbeau d’une espèce nouvelle
Qui fut d’un magicien le disciple fidèle
Arborant, qui plus est, des plumes de velours.

Du prénom de Corax il voulait qu’on l’appelle,
Aussi nous prenions soin de l’employer toujours ;
Dieu sait quelle hirondelle inspirait ses amours,
Lui qui priait souvent dans la vieille chapelle.

Les autres bâtisseurs lui firent bon accueil ;
Un barde en son honneur écrivit un recueil,
Ce qui, jusqu’à nos jours, la gloire lui assure.

Les dames de la Cour achètent son portrait ;
Il se moque du Roi sans craindre la censure
Et rime des sonnets non dépourvus d’attraits.

Cochonfucius

Ange de combat

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image de l’auteur

Ni le regard de Lilith enragée,
Ni des Enfers le redoutable dieu,
Ni le cloporte en son humide lieu
(Petit seigneur des forêts ombragées),

Ni la sirène en princesse changée,
Ni la Gorgone aux dommageables yeux,
Ni le Titan qui menaçait les cieux,
Ni, par Achille, une amitié vengée,

Ni, de Calvin, les bûchers vertueux,
Ni, du vizir, les complots tortueux,
Ni le requin chassant au fond des ondes,

Ne sont sujets que je veux délaisser ;
Ensemble j’ai leurs jolis noms tressés
En un sonnet, pour amuser le monde.

Cochonfucius

Alcool de fruits

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image de l’auteur

Tant de fruits ont mûri sur des arbres sauvages
Qu’ils furent entassés dans un baquet rugueux,
Qu’ils furent piétinés par nos grands pieds fougueux,
Et qu’on les a changés en un friand breuvage.

Il est un temps pour tout, d’abord pour vendanger,
Pour laisser le nectar mûrir, vaille que vaille,
Pour en accompagner la modeste ripaille ;
Qu’on vous en laisse un peu, ça non, pas de danger.

Quand il est bien rempli, le ventre se déplisse,
Le coeur est satisfait, on dirait qu’il s’endort,
Enfin nous comprenons que la vie et la mort
Sont, en cet univers, d’éternelles complices.

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Photographie de Hossein Zare

Chanson-fable
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Vert-Paresseux Groventre
Et Démon Grandegueule
Voulaient montrer leur science
À Dame Jambefine.

Sous les feuilles d’un arbre
Ils se sont abrités,
Sur la plus haute branche
Brillait la Connaissance.

Groventre et Grandegueule
Ils se sont élevés,
La frêle Jambefine
Sur le sol est restée.

La douce Jambefine
Disait en suppliant :
« Vous qui êtes mes frères,
Lancez-moi quelques fruits. »

Groventre sarcastique
Disait à Jambefine :
« Voici des épluchures
De métaconnaissance. »

Groventre a pas fait gaffe,
La branche le traverse ;
Son lourd bedon explose,
Son frère en meurt de rire.

Jambefine en courant
Va le dire aux parents,
Mais son pied reste pris
Dans un trou de souris.

Cochonfucius

Plumes de sable

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image de l’auteur

Mille sombres oiseaux portent le deuil des choses.
Tous ces plumages noirs sur le blanc des tombeaux,
De la splendeur du jour ternissant le flambeau,
Cela semble illustrer une obscure psychose.

Par moments, l’un d’entre eux fait sa métamorphose :
Il perd totalement son aspect de corbeau
Pour devenir un autre, un oiseau pas très beau,
Aigle-Taureau de sable, avec des pattes roses.

Il devient Homme-Lion, juste après, sans effort,
Reprenant sa faction dans le jardin des morts,
Son oeil noir animé d’une rieuse flamme.

Noir corbeau, pourquoi pas ? Tu fais ce qu’il te plaît ;
Avec ou sans tes jeux, le monde est ce qu’il est,
Il ne nous convient pas de tourmenter nos âmes.

Cochonfucius

Piaf-Tonnerre à Bordeaux

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image de l’auteur

Voici que Piaf-Tonnerre, un joyeux personnage,
Va prendre du bon temps avec ses compagnons ;
Ira-t-il, pour cela, au pays bourguignon
Où de bons cuisiniers préparent des rognons ?
Son destin l’a pourvu d’un tout autre apanage.

La poésie et lui font un heureux ménage,
Et l’omelette aussi, avec des champignons ;
Il n’est de grand lignage, il n’a pas de pognon,
Mais que vaut un trésor, que vaut un baronnage,

Que vaut ce qu’on acquiert par un maquignonnage ?
Mieux vaut un tavernier qui ne soit pas grognon,
Une maison de ville au modeste pignon,
Une accorte voisine aimant les badinages.

rue-poissonnier

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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